« Les Travailleurs de la mer » de Victor Hugo

Dans un monde idéal ou si j’étais organisée, j’aurais eu le temps de lire les deux écrivains qui s’opposent à la battle Hugo VS Proust pour le rendez-vous mensuel Les Classiques c’est fantastique. Mais nous ne sommes pas dans un monde idéal et je ne suis pas organisée, j’ai donc choisi l’écrivain pour qui mon cœur penche.

Mon barbu de Noël m’avait offert un sublime ouvrage regroupant Les Travailleurs de la mer, L’archipel de la Manche et des poésies. Je me suis contentée pour cette fois de lire Les travailleurs de la mer, avec les illustrations de Victor Hugo lui-même.

L’histoire se passe sur Guernesey, l’île sur laquelle s’est réfugiée l’auteur lorsqu’il était en disgrâce en France. Il rend compte de la géographie et du mode de vie des îliens et en cela leur rend un hommage appuyé. Pour ce faire, il utilise le personnage de Gilliatt, un jeune homme taciturne qui vit isolé sur une pointe rocheuse. C’est un marin émérite, force de la nature, qui ne s’est jamais attardé sur les femmes jusqu’à ce que Déruchette écrive son nom dans la neige, signe qu’il a perçu comme une invitation ténue mais réelle.

Déruchette est la nièce de Mess Lethierry, connu dans l’île pour être en avance sur son temps grâce à l’utilisation novatrice d’un bateau à vapeur, qui lui permet d’acheminer ses poissons sur le continent bien plus vite que les bateaux traditionnels. Mais malheur, le vapeur, La Durande, est pris dans les rochers et va sombrer, avec le capitaine Clubin prêt à mourir avec le navire.

Mess Lethierry, fou de désespoir, offre la main de Déruchette à qui parviendra à arracher le moteur aux affres de l’océan pour le ramener au port. Il faut être insensé pour tenter pareil exploit ! Insensé ? Ou amoureux…

Ce roman est un texte d’amour pour la mer et les paysages maritimes, décrits en long, en large et en travers, au levant, au couchant, par temps calme ou tempétueux. La langue est précise et minutieuse, les vagues se meuvent sous nos yeux, les tons du ciel changent à différents endroits du texte. C’est un travail d’écriture réaliste impressionnant qui en toute franchise a gâté ma lecture. Je suis férue de descriptions, vraiment, j’aime quand l’auteur s’attache à dépeindre l’environnement pour que je m’y fonde facilement et que je me représente les scènes telles que lui (ou elle) les a imaginées. Mais des pages et des pages descriptives, encore plus laborieuses à lire lorsque Gilliatt s’échine à dégager le moteur pendant des semaines, c’était trop pour moi.

Victor Hugo m’a perdue en mer et repêchée dans la dernière partie du roman, lorsque le récit prend un tour inattendu et dramatique, dans un élan d’un grand romantisme. Un retournement de situation lié à Clubin au milieu du roman m’a aussi beaucoup divertie, j’ai retrouvé là l’esprit malicieux de l’auteur. Et finalement, j’ai pu refermer ce gros ouvrage avec une tendresse inespérée qui me fait dire que décidément, je ne suis pas près d’être fâchée avec Victor Hugo ❤

Omnibus, 2021, ISBN 9782258195486, 648 pages, 39€

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7 réflexions au sujet de « « Les Travailleurs de la mer » de Victor Hugo »

  1. J’ai « Les travailleurs de la mer » dans ma pile à lire, j’espère que ça va me plaire 🙂
    Merci pour cette chronique qui me donne un aperçu ce à quoi je peux m’attendre.

  2. J’ai beaucoup aimé ma lecture de ce roman pour une autre thématique du défi. Je suis très description alors, cela ne m’a pas dérangé. Chanceuse si tu as l’édition avec les dessins de Victor Hugo!

    1. Comme toi j’aime beaucoup les descriptions mais j’ai trouvé que ça frisait l’exercice d’écriture. Tant mieux si tu as su les apprécier mieux que moi. Je dois dire que les dessins de Victor Hugo ont largement contribué au plaisir de la lecture de ce texte, je ne pensais pas l’auteur si talentueux.

A vous les micros !

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