« Une famille trop parfaite » de Rachel Abbott

une-famille-trop-parfaite-984786-264-432Alors qu’il rentre de voyage d’affaires, Robert n’y comprend rien. Sa femme et leurs trois enfants on disparu, comme volatilisés. Le sac d’Olivia est encore là, son téléphone aussi. Qu’a-t-il bien pu leur arriver ?

La police est sur l’affaire, et se rend vite compte qu’il y a un souci. Deux ans auparavant, c’est Olivia qui appelait la police pour les alerter que son mari et les trois enfants avaient disparu. Il y a quelque chose qui cloche dans cette famille… D’autant qu’aux dires de la directrice d’école, les enfants sont déscolarisés depuis un moment. Olivia aurait des choses à cacher.

Mais ce n’est pas la seule. Robert tient son bureau fermé à clef et on comprend vite qu’il sait des choses qui pourraient aider la police, mais qu’il se garde bien de partager ses infos.

On n’a pas franchement le temps de s’ennuyer avec ce roman. Le rythme est très rapide, on va de rebondissement en rebondissement, et ce que nous apprenons est surprenant. Cependant, je pense que pour moi c’est le polar du genre de trop. J’entends par là les page-turners très bien construits mais sans âme. Rachel Abbott n’a pas un style, elle a juste une manière très efficace de raconter son histoire.

Cela ressemble à un exercice. « Vou inventerez une intrigue au cours de laquelle les secrets foisonnent et les rebondissements se succèdent à la chaîne. Vous intégrerez un policier obstiné avec des difficultés amoureuses et une policière aussi obstinée avec aussi des difficultés amoureuses ». Ca se lit avec plaisir et très facilement. Trop facilement. En ce moment j’ai plus envie de polars denses qui ne sont pas qu’une succession d’énigmes à résoudre.

Donc oui, c’est un thriller très bien fait et prenant. Mais c’en est un parmi tant d’autres, qui ravira les amateurs du genre, ce que je suis au fond. C’est une question de moment, je n’ai pas envie de ça ces jours-ci.

France Loisirs, 2017, ISBN 978-2-298-13337-0, 494 pages, 17,20€

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« Astérix et la Transitalique » de Jean-Yves Ferri & Didier Conrad

Asterix-et-la-TransitaliqueAstérix et Obélix n’ont pas fini de nous faire vivre des aventures, désormais entre les mains de Jean-Yves Ferri et de Didier Conrad. C’est leur troisième album d’Astérix et si je n’ai pas encore lu Astérix chez les Pictes, j’avais été convaincue par Le Papyrus de César. Cette fois encore, je trouve que c’est plutôt réussi.

Bifidus, en charge des voies romaines, a préféré s’en mettre plein les poches plutôt que les entretenir. Avant de subir les foudres de César, il trouve une parade : organiser une grande course de chars à travers l’Italie (sic). Sont conviés à participer Romains, Italiques et barbares. Pour Astérix et Obélix, à qui on vient de prédire qu’il deviendra aurige (conducteur de char de course), l’occasion est trop belle.

Nous assistons donc à la première Transitalique, qui rassemble nos deux Gaulois, des Lusitaniens, des Africaines, des barbares nordiques… et le favori, un Romain masqué nommé Coronavirus. Si c’était l’époque, on pourrait croire que son char est électrique tant il va vite, ce qui suscite les suspicions d’Astérix. Tout comme ces nombreux incidents dont sont victimes les autres concurrents…

J’ai passé un très bon moment avec cet album. C’est une histoire enfantine dans le scénario, avec des jeux de mots et des références pas toujours repérables d’emblée plutôt destinés aux adultes. Un peu lourds parfois les jeux de mots, mais comme c’est une série pour les jeunes (à mes yeux), ça passe. Les planches respectent bien la charte graphique des opus d’Uderzo. Alors pour les puristes, Didier Conrad n’est pas la réincarnation d’Uderzo donc inutile de le blâmer s’il ne dessine pas exactement de la même façon. En tout cas, même si ce ne sont pas les Astérix de la grande époque, pour moi l’esprit est bien là. S’il y a des amateurs autour de vous c’est une bonne idée à glisser sous le sapin.

Ah oui ! J’ai pu lire ici ou là que c’était un outrage que d’avoir supprimé la carte de l’Armorique avec la présentation du village. Donc oui, c’est le cas, sachez le si c’est au-dessus de vos forces. Pour ma part j’ai été surprise mais c’était oublié dès la deuxième page, il y a quand même pire dans la vie.

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Editions Albert René, 2017, ISBN 978-2-298-13515-2, 48 pages, 9,95€

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« Rien ne se perd » de Cloé Mehdi

41IL9hr0j-Ljoli-coeurPrix Etudiant du Polar 2016
Prix Dora Suarez 2017
Prix Mystère de la Critique 2017

 

Mattia n’est qu’un enfant, mais la misère et les problèmes, il a déjà eu le temps de les connaître. Il vit avec son tuteur, Zé. Un jeune homme qui travaille en tant que gardien de nuit, et qui passe ses journées auprès de Gabrielle, la femme qu’il aime. C’est à dire à l’hôpital puisque Gabrielle a tenté de mettre fin à ses jours. Il a tellement peur pour elle qu’il demande à Mattia de se glisser sous son lit en cachette la nuit pour la surveiller.

Le petit garçon n’en est pas à sa première rencontre avec le suicide. C’est comme ça que son père est mort, quand il avait 5 ans. C’était un éducateur qui rêvait de changer les destins des jeunes de cité. Et quand le jeune Saïd est décédé après une bavure policière et que le policier responsable a été acquitté, il ne l’a pas supporté.

Malgré les années écoulées, l’affaire Saïd refait surface avec des tags qui réapparaissent : « Justice pour Saïd ». Mattia, pour qui ce n’était qu’un vague souvenir, repense à tout cela. La mort de son père, le fait que sa mère n’ait pas eu le courage de s’occuper de lui, son demi-frère qui ne prend pas de nouvelles, sa soeur chérie qui disparait puis revient comme si de rien n’était… Et puis il y a ces deux hommes qui suivent Mattia. Que lui veulent-ils ?

C’est là qu’on bascule du roman social au thriller. Un thriller qui se met en place tout doucement, sans qu’on le voit véritablement venir. Mais petit à petit, des informations recueillies par-ci par-là, parfois même dans les silences puisque Mattia doit être tenu à l’écart, laissent à penser que ce qui nous attend sera édifiant. Et que c’est réussi ! Cloé Mehdi livre un roman de haute volée. Avec des personnages marquants, écorchés par la vie, forts et sensibles.

Pourtant encore jeune, l’auteure fait preuve d’une maturité impressionnante. Dans son écriture, tout d’abord, belle, minutieuse, truffée de phrases qu’on a envie de retenir. Et bien entendu dans les faits qu’elle décrit, les pensées qui traversent les personnages, y compris Mattia contraint de grandir trop vite. On ne peut plus lâcher ce roman et ce dès les premières pages. On s’attache aux personnages, on comprend que sous la surface se cachent des choses, qui étaient censées rester cachées mais qui refont surface, et on n’a qu’une envie, les connaître à notre tour.

Rien ne se perd est un roman éblouissant, percutant, magistralement construit, qui donne diablement envie de découvrir le premier roman de la talentueuse Cloé Mehdi, Monstres en cavale, lauréat du prix de Beaune 2014.

Jai Lu, 2017, ISBN 978-2-290-14123-6, 350 pages, 6,70€

Chronique rédigée pour Les Chroniques de l’imaginaire

« Nitro Mountain » de Lee Clay Johnson #MRL17


nitro-mountain-939061-264-432Et voilà, j’ai lu le roman que j’avais choisi pour les matchs de la rentrée littéraire Priceminister 2017 ! Je me suis laissée tenter par un titre de la sélection d’Antigone, à savoir Nitro Mountain de Lee Clay Johnson. Je n’avais pas lu son avis sur ce roman, et l’aurais-je fait, ça n’aurait rien changé puisque pour elle c’est un coup de coeur.

Pour moi, c’est complètement raté. Pourtant, la quatrième de couverture est truffée de mots clés qui m’attirent irrémédiablement : Appalaches, vauriens et marginaux sublimes, musicien bluegrass, bars glauches, truand sociopathe, ex-flic cinglé à la gâchette facile, roman noir pénétrant, personnages tordus

Comme quoi, ce n’est pas parce qu’il y a tous les ingrédients qu’on aime qu’on se régale du plat.

Alors, que je vous explique. Il y a Leon. Leon est un peu paumé, il vient de se faire larguer par la sublime Jennifer, qui le quitte pour un autre. Il les suit en voiture, se fracasse contre un arbre et se casse un bras. Dommage pour un guitariste.
Jones, c’est un membre d’un groupe qui embauche Leon malgré son bras en vrac. Il le prend sous son aile.
Ils jouent dans un bar d’une ville complètement paumée dans la plaine, aux bords de la montagne et de la région minière. Il n’y a que deux routes principales, qui donnent sur la place. Peu de commerces. L’ennui, la pauvreté, l’alcool et la drogue.
Généralement, quand les histoires se passent dans un tel contexte, ma lecture commence plutôt bien. Mais toute généralité a ses exceptions.

Jennifer tombe dans les bras d’un mauvais gars qui porte au cou un tatouage de Daffy Duck. Il s’est fait pincer pour avoir mis une caméra dans les toilettes du bar et s’être rincé l’oeil sur les fesses des filles qui faisaient pipi. Il faut de tout pour faire un monde parait-il. Leon veut la récupérer et c’est là que ça va mal se passer. Parce que Jennifer, c’est une connasse vilaine fille.
Il y a aussi Rachel, une fille un peu nunuche mais gentille, qui disparait mystérieusement. Cette partie de l’histoire est complètement baclée.

Et puis il y a cet ex-flic qui comprend à un moment donné que quelque chose ne tourne pas rond dans la montagne et veut s’en mêler. Une histoire de vengeance personnelle pas totalement élucidée pour moi. Qui n’a en tout cas pas grand intérêt.

Les bons côtés du roman ? La musique, l’ambiance de l’Amérique profonde avec ses gars paumés, la petite ville où tout le monde se connait et où on tombe tout le temps sur LA personne qu’on n’a pas envie de voir. Le monde est petit, mais à ce point, vraiment ?

Les mauvais côtés ? L’écriture. Je déteste ces phrases où on se demande si même le traducteur a une idée de ce qu’il veut dire ou s’il s’est dit « bon, je vais mettre ça, on verra bien ». Il y a des dialogues tellement décousus, ça n’a ni queue ni tête.
L’histoire. Comme je le disais plus haut, il y a les bons ingrédients, mais la recette est trop imprécise. Je me suis profondément ennuyée.

Dommage…

Mais je suis contente d’avoir pu participer une nouvelle fois à ce rendez-vous ! En espérant, si j’ai la chance d’en être encore l’année prochaine, avoir plus de flair 😉

Fayard, 2017, ISBN 978-2-213-70140-0, 293 pages, 20,90€

« Le livre du hygge – Mieux vivre la méthode danoise » de Meik Wiking

2090410-gf.jpgJe n’avais jamais entendu parler du hygge jusqu’à ce que je tombe sur ce livre, visant à nous mettre à l’heure danoise. Apparemment, les Danois sont les personnes les plus heureuses du monde, et c’est là que travaille Meik Wiking, plus précisément à l’Institut de recherche sur le bonheur de Copenhague.

Au Danemark, le hygge est une institution. Si bien que c’est devenu un verbe, et que plein de mots peuvent être accolés à hygge. Un coin hygge, une couverture hygge, un café hygge. Veux-tu venir hygger à la maison ce soir ?

Mais alors, qu’est-ce que c’est que le hygge ? Je traduirais ça par douillet/douilleter. C’est tout ce qui est chaleureux, cosy, confortable. Lire un bon livre à côté d’un feu de cheminée, se lover sous un plaid pour regarder un film en famille, boire un verre de vin avec quelques amis…

le-livre-du-hyggePour les danois, ce qui symbolise le plus le hygge, c’est la boisson chaude. Viennent ensuite les bougies, les cheminées, Noël, les jeux de société…

En gros, visualisez une maison avec un coin chaleureux, une cheminée, des lumières tamisées, des coussins et plaids moelleux, des objets boisés, des bougies, de grands mugs, et vous aurez une ambiance hygge. Pour les Danois, c’est un mode de vie qui privilégie l’intérieur, ce qui explique qu’ils dépensent beaucoup en décoration.

Pour moi, c’est tout simplement l’ambiance dans laquelle j’aime me mettre à la période de Noël. Les gros lainages, le thé, les gâteaux (gâteaux et bonbons font partie du hygge), m’enfoncer dans les coussins avec un roman. C’est chaleureux, doux, avec le goût de l’enfance.

le-livre-du-hygge (1)Le hygge une quête du bien-être efficace qui prévilégie la simplicité, la convivialité, le fait maison, le plaisir et la douceur. Qui se crée des moments hygge se crée sans aucun doute des moments heureux (on trouvera toujours des gens qui seront plus stressés qu’autre chose par une balade à la campagne ou une journée sans smartphone, mais laissons-les de côté).

Concrètement, Meik Winkig donne des conseils sur comment vivre huygge chez soi, avec les autres, en matière d’habillement et d’activités. J’ai noté quelques recettes de bons plats d’hiver alléchantes.

Les illustrations choisies sont superbes. De belles photos qui dégagent de la sérénité, du bien-être, on aimerait pouvoir s’y glisser.

Pourtant, même si ce livre donne envie de s’adonner à plein temps au hygge, je trouve que ce mode de vie pose question.
Pour commencer, les bougies, question écologie, c’est pas ça. Les Danois en allument presque tous les jours. Les feux de cheminée, c’est pas l’idéal non plus.
Les éclairages tamisés un peu partout, c’est pareil. EDF sera content ceci dit.
Les bonbons, les gâteaux, les bons plats bien lourds du dimanche… et la santé, ça va bien les gars ?
Le hygge, c’est se réunir en petits comités, pour privilégier l’intimité. Résultat, les nouveaux venus au Danemark ont un mal fou à s’intégrer.

En conclusion, à la maison le hygge consiste à faire tout ce que j’aime. J’aime beaucoup les ambiances cosy, moelleuses, m’enrouler dans un plaid avec une tasse de thé et un livre, voir la neige tomber etc. Mais je trouve que c’est un mode de vie qui ne vit pas assez en harmonie avec la nature et ne va pas assez vers les autres.

France Loisirs (Editions First), 2017, 288 pages, 13,50€