« Place des tilleuls » de Carole Duplessy-Rousée

place-des-tilleulsStan, Gabriel et Milan sont amis depuis qu’ils se sont connus durant leurs années d’études. Ils se voient très souvent, se téléphonent, se confient les uns aux autres. Malgré leurs caractères différents, ils sont inséparables.

Stan est obstétricien et gagne très bien sa vie. Il ne connait que des aventures passagères et ne souhaite pas s’engager dans une véritable relation amoureuse. Gabriel est séparé et vit avec sa fille adolescente, qui lui pose pas mal de soucis. Quant à Milan, c’est un croate taciturne qui se rend souvent au pays voir sa mère déterminée à découvrir qui a tué son mari au cours d’une arrestation abusive. Il est très amoureux d’une femme qui ne lui rend pas cet amour.

A partir de là, on sait qu’on entre dans un roman feel good, qui met généralement en scène des personnages féminins. C’est plutôt sympa d’aller voir ce qui se passe du côté des hommes. Il se passe pas mal de choses, dans leurs vies et dans leurs têtes, et eux aussi sont soumis aux interrogations plus ou moins existentielles : est-ce que je passe à côté de ma vie ? Est-ce que je dois tenir tête à ma fille ou lui passer ses caprices ? Est-ce que cette femme a des sentiments pour moi ? Est-ce que je suis à côté de la plaque ?

Le trio est franchement attachant parce qu’au fond chacun d’eux nous ressemble, on peut s’y retrouver facilement. Et puis il y a des intrigues secondaires qui viennent fortement enrichir la trame principale. Il y a toute une affaire du côté de la mère de Milan notamment, et aussi dans la vie familiale et sentimentale de Gabriel.

Et j’ai failli oublier d’en parler alors que c’est au coeur de ce roman : la maison de campagne Place des Tilleuls qu’ils se sont décidés à acheter pour se retrouver au calme, entre gars, les week-ends. Et elle aussi réserve une surprise de taille.

Mais je n’en dirai pas plus et vous laisse découvrir ce roman, qui vous fera passer un bon moment allongé sur un transat. Une bonne lecture de vacances, en somme. Ou celui qui vous videra la tête entre deux romans plus denses.

France Loisirs, 2016, 464 pages, 17,99€

« Lignes de fuite » de Val McDermid

41KkVClijjLStephanie Harker est un écrivain. Un écrivain atypique, puisqu’elle n’écrit pas pour elle mais pour les autres. Des vedettes veulent raconter leur histoire et elle a pour mission de traduire cela en mots. C’est ainsi qu’elle se lie d’amitié avec une starlette de la télé-réalité, une femme qui va l’entraîner dans une histoire inattendue.

Une histoire qui pour le lecteur commence par la fin, alors que Stephanie se trouve dans un aéroport américain avec son fils. Alors qu’elle se fait fouiller dans le sas de sécurité, elle voit son enfant se faire enlever. Elle a beau essayer de se dégager, de crier, personne ne comprend ce qui se passe et c’est donc impuissante qu’elle voit le petit garçon suivre l’inconnu.

Ce petit garçon n’est en fait pas véritablement son fils, puisqu’elle l’a adopté après le décès de sa mère, la fameuse starlette prénommée Scarlett. Alors que Stephanie raconte son histoire à la policière sur place à l’aéroport, afin de pouvoir suivre une piste concernant le kidnappeur, nous suivons nous aussi la génèse et l’accomplissement de leur amitié.

Malgré certaines longueurs, ce roman est globalement prenant. On a au départ du mal à concevoir comment l’intelligente Stephanie a pu terminer par adopter le fils de Scarlett, mais à mesure qu’elle déroule le fil de l’histoire, tout fait sens. De plus, ces deux femmes sont particulièrement attachantes, surtout Scarlett qui sous ses allures de bimbo idiote cache en réalité une tête bien pleine. Et c’est bien là que réside en grande partie l’intérêt de l’histoire.

Bien menée, cette intrigue au dénouement inattendu vous fera passer un très bon moment de lecture.

♣ J’ai lu par ci par là des commentaires de lecteurs déçus parce que ça ne ressemblait pas à du Val McDermid. C’est vrai que ça change de ses enquêtes policières mais ce thriller est bien fichu, alors pas de quoi se plaindre à mon sens.

Chronique rédigée pour Les Chroniques de l’Imaginaire

J’ai Lu, 2016, ISBN 978-2-290-12020-0, 542 pages, 8€

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« Seeker » de Jack McDevitt

71g1xJMZm4L.sl200.jpgDjoli-coeurans un univers qui se passe des milliers d’années après notre ère, les humains ont établi des colonies sur différentes planètes de la galaxie. La Terre est encore habitée mais nombreux sont ceux qui sont nés à des centaines de milliers de kilomètres et qui n’y ont jamais posé un pied.

C’est dans ce monde qu’oeuvrent Alex Bénédict et Chase Kolpath, deux antiquaires qui recherchent des artefacts du monde ancien et les revendent au plus offrant. Leurs méthodes frôlent parfois l’illégalité, voire la malhonnêteté, mais leur passion et leur talent pour dénicher des perles rares sont bien réels.

Leur intérêt est redoublé lorsque se présente à eux une jeune femme propriétaire d’un objet unique : une coupe qui aurait appartenu aux Margoliens, un peuple qui aurait fui la Terre pour fonder l’une des premières colonies hors du système solaire. Cette coupe viendrait du Seeker, le vaisseau qui aurait transporté ces premiers aventuriers. « Aurait » car ce vaisseau n’a jamais été retrouvé, malgré les innombrables explorations spatiales, et nul ne sait ce qu’il est advenu des Margoliens. Alex et Chase pensent qu’ils tiennent enfin un début de piste et c’est avec un plaisir immense que nous les suivons dans leur aventure.

Mêlant à la fois les codes du roman de SF, du roman d’aventures et du roman policier, Seekerest un petit bijou. Le monde imaginé par Jack Mc Devitt est captivant, d’une richesse incroyable.On se projette aisément dans ce monde futuriste aux technologies avancées où les humains sont toujours animés par les mêmes intérêts qu’aujourd’hui : certains veulent préserver les artefacts pour les exposer dans des musées, d’autres y voient un moyen de se faire de l’argent, les ennemis s’entre-tuent et on aime manger les bonnes choses même si celles présentées dans ce roman nous semblent peu ragoutantes.

Ce qui est véritablement passionnant, c’est cette recherche du Seeker et des Margoliens, qui prend la forme d’une véritable enquête. Nous suivons Alex et Chase avec un intérêt croissant, d’autant plus que le duo est particulièrement attachant. Et c’est avec regret que nous les quittons au terme de ce roman au final aussi intense qu’espéré.

Et précision importante, même les non amateurs de science-fiction y trouveront leur compte. Ce roman est tout simplement génial !

Chronique rédigée pour Les Chroniques de l’Imaginaire

Folio SF, 2016, ISBN 978-2-07-078046-4, 546 pages, 9,20€

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On reprend les bonnes habitudes

Après une première moitié de l’année passée relativement loin du blog, il est temps de reprendre les rênes de mon petit jardin. Il n’y a pas eu de raison particulière à cette absence, si ce n’est l’esprit totalement tourné vers ma grossesse, l’envie de lire des livres sans anticiper ce que j’allais en dire dans une chronique, l’angoisse de transmettre des mauvaises ondes à mon bébé parce qu' »il ne faut surtout pas poser l’ordi sur ses genoux enceinte ! » alors qu’il n’y a que comme ça que j’écris mes billets…

Et puis comme je ne suis pas une star incontournable de la blogosphère on s’en fout après tout des billets sporadiques, l’essentiel étant de partager avec envie et sincérité.

A tout bientôt !

 

« L’enfant » de Maria Montessori

1507-1.jpgFaut-il encore rappeler qui est Maria Montessori ? Célèbre médecin italien, sa pédagogie, qu’on appelle « méthode Montessori » est connue dans le monde entier.

Maria Montessori fut une des premières à reconnaître l’enfant comme une personne à part entière, avec un caractère propre et des besoins. Chaque enfant est unique et même s’il existe des règles génériques applicables à tous, il faut savoir respecter cette unicité et s’adapter à l’enfant.

Le livre présenté ici a été d’abord publié dans les années 30, époque où le bien-être de l’enfant commençait à rentrer dans les habitudes des adultes mais n’était pas encore bien installé. Comme je l’ai entendu encore il y a peu, il n’est pas si loin le temps où on manipulait le nouveau-né en pensant que ses terminaisons nerveuses n’étaient pas encore formées et qu’il ne souffrait donc pas…

Ce livre est LA grande introduction à la pensée Montessori. Elle traite des thématiques précises sous forme théorique avec des exemples concrets pour appuyer ses explications. Sa grande idée, son fil conducteur dirons-nous, est que l’enfant est un « embryon spirituel » dejà doté des germes de son propre développement et que l’adulte doit agir comme un tuteur pour l’aider à se développer et à grandir en fonction de ce qu’il est, et à créer un environnement favorable pour permettre ce développement.

Pour le profane, même le parent ou futur parent, certains théories peuvent sembler opaques, jusqu’à ce qu’elles les mettent en siuation. Et grâce à ses explications, certaines attitudes sur lesquelles nous ne réfléchissons pas plus que ça prennent une importance particulière. Je pense à cette manie que certains peuvent avoir d’aider un enfant dans une tâche qu’il peine à effectuer seul. Alors qu’en réalité il faut le laisser faire sa propre expérience, se tromper, se corriger, se débrouiller et n’intervenir que s’il le demande.

Il existe de nombreux ouvrages sur la méthode Montessori, qui abordent des points précis et sont des manuels pratiques dans la vie de tous les jours. Mais pour connaître la génèse de cette pédagogie, ce livre republié aujourd’hui est indispensable. C’est la pierre fondatrice de l’édifice, qu’il faut connaître si l’on veut bien comprendre ce qui s’ensuit.

Un ouvrage à avoir dans sa bibliothèque de parents, même si on ne peut pas tout suivre au pied de la lettre.

Merci à Babelio et aux éditions Desclée de Brouwer pour m’avoir permis d’enfin comprendre ce qu’était cette fameuse pédagogie Montessori dont j’avais tant entendu parler !

Editions Desclée de Brouwer, 2016, ISBN 978-2-220-08023-9, 208 pages, 17,90€