« Clémenceau au Front » de Samuel Tomei

clemenceau-au-frontClémenceau est un personnage qui m’intéresse énormément et me fascine, certainement parce que je connais peu de choses sur lui (ce n’est pas la priorité des programmes scolaires) et que je le vois auréolé d’un charisme et d’une gloire légendaire, un éléphant sage (bien que surnommé le Tigre) campé sur des pattes solides, sûr de lui et de ses compétences. J’ai eu l’occasion de visiter cette année sa maison en Vendée, un bâtiment rustique, tout simple mais avec un jardin magnifique qui donne directement sur la mer. Une maison qui collait avec l’image que je m’en faisais, celle d’un homme qui appréciait la solitude et ne comptait que peu de véritables amis. Qui devait se trouver bien humble face au spectacle de la nature.

Mais en recevant Clémenceau au front grâce à l’opération Masse Critique de Babelio, je cherchais cette fois à aborder la carrière militaire de Clémenceau. Le rôle qu’il a joué durant la Première Guerre mondiale.IMG_20170630_203304

En 1917, à 76 ans, il est appelé à former un ministère pour faire face à une situation politique catastrophique. C’est la guerre, après tout. Alors que les gouvernements successifs refusaient de se salir les mains, lui se rend sur tous les fronts, quitte à ramper dans les tranchées au côté des soldats.

img_20170630_203341.jpgC’est cet engagement qui est retranscrit dans cet ouvrage, dans l’ordre chronologique, site après site. Les textes qui donnent des explications sur chacun des « voyages » de Clémenceau sont tirés de témoignages, le plus souvent du Général Mordacq, « le bras droit du Tigre dans la conduite de la guerre ». Vous trouverez aussi des citations de Churchill, Poincaré et de Clémenceau lui-même.

De nombreuses illustrations enrichissent le livre, que ce soient des photographies, des unes de journaux ou des dessins. Cela rend la lecture d’autant plus agréable et parlante. Le parti pris de n’utiliser que des extraits de témoignages aide aussi à la lecture. Loin des documents parfois rébarbatifs, cela rend ses visites sur le front plus directes et palpables pour le néophyte. L’idée je pense n’étant pas de dresser un portrait du militaire digne d’un manuel d’histoire mais plutôt de rendre compte de comment ses proches et ses contemporains percevaient ses actions.

Je suis très contente d’avoir cet ouvrage en ma possession et encore plus d’avoir fait connaissance avec la maison d’éditions Pierre de Taillac, qui a eu la bonne idée de m’envoyer en même temps son catalogue et de me donner une idée cadeau qui a beaucoup plu. Mais cela fera l’objet d’une autre chronique 😉

Editions Pierre de Taillac, 2015, ISBN 978-2364450370, 160 pages, 14,90€

 

 

« Dodgers » de Bill Beverly

imagesDans la vie, on n’a pas forcément de vraies occasions de crâner un peu, alors quand on peut, profitons-en !
J’ai eu la chance cette année de recevoir un mail qui m’a fait très très plaisir après une journée de boulot : j’ai appris que j’étais sélectionnée pour faire partie du jury du Prix Meilleur Polar Points 2017 ❤ Et quand j’ai vu qu’on était 40 pour environ 3000 candidatures, j’étais hyper fière !
L’aventure est belle, nous recevons 9 livres (déjà cinq reçus en juillet et août) et ne reste plus qu’à voter pour note chouchou. Entre membres du jury nous discutons sur Facebook et c’est très sympa, je trouve l’ambiance très conviviale.

Alors aujourd’hui je vous présente l’un des premiers titres de la sélection : Dodgers.

IMG_20170815_141030.jpgPour commencer, je vais faire une remarque qui concerne de nombreux romans de la collection Policier chez Points : ce ne sont pas toujours des policiers. Et c’est le cas ici.

Résumé de cette histoire : East est un gamin de 15 ans, qui surveille une taule, c’est-à-dire un endroit où on vend et consomme de la drogue, dans un quartier défavorisé de Los Angeles. Jusqu’au jour où une descente de police met fin à cette taule et que Fin, son employeur (et protecteur) l’envoie avec trois autres jeunes sur une mission : tuer un juge qui pourrait incriminer Fin, dans le Wisconsin.

Ce roman est donc la virée d’East, de Walter l’intello obèse, de Michael le plus vieux mais pas le plus sage, et de Ty, le frère taciturne et solitaire d’East.
Ty est le personnage le plus intrigant. Du haut de ses 13 ans, c’est un caïd qui impose le respect et pas qu’à cause du flingue qu’il garde dans sa poche.

L’histoire repose principalement sur East, que nous suivrons jusqu’au bout. C’est le seul dont le narrateur a accès aux pensées. Lui est le plus adulte au final. Il a conscience du danger et des limites à ne pas franchir. Walter est sur la même ligne de conduite, mais n’a pas le charisme des trois autres.

Il y a plusieurs choses qui m’ont beaucoup plu dans ce roman. Les personnages d’abord, comme je viens de l’évoquer. Quatre caractères différents mais complémentaires pour cette mission. Ensuite, le cours des événements pendant la virée. Le trajet de Los Angeles au Wisconsin ne sera pas de tout repos et j’ai trouvé les péripéties crédibles et intéressantes : le changement de climat, de différences ethniques (plus ça va, moins il y a de noirs (nos héros sont tous noirs)), les engueulades… J’ai aussi aimé le twist inattendu en cours du roman, où ce qui devait être un trajet simple Los Angeles – Wisconsin – Los Angeles prend une toute autre tournure, imprévisible et que j’ai particulièrement aimée. Là se révèle la vraie personnalité d’East, assez touchante.

Si ce n’est la toute toute fin qui m’a un peu déçue, j’ai vraiment passé un bon moment avec ce premier roman policier de la sélection, qui vous l’aurez compris, n’en est pas un.

Et mention spéciale au traducteur Samuel Todd qui a fait un travail remarquable.

Points, 2017, ISBN 978-2-7578-6644-3, 383 pages, 7,80€

« Fidèle au poste » d’Amélie Antoine

51lcQILdQuL._SX210_joli-coeurJe connais très bien Amélie Antoine, on était en classe ensemble ! Enfin euh… on était en cours ensemble en licence d’anglais mais à part « bonjour » je crois qu’on ne s’est jamais vraiment parlées… Cependant, j’avais vu qu’elle avait écrit un premier livre, autobiographique et auto-édité : Combien de temps. J’ai suivi (de loin, via les réseaux sociaux) que les débuts étaient difficiles. Mais voilà, toutes les galères ont une fin et voilà Amélie repérée par les éditions Michel Lafon pour son roman Fidèle au poste qui poursuit une jolie route.

Résumé :
Chloé est mariée à Gabriel. Pour lui elle a accepté de venir vivre à Saint-Malo, où le jeune couple vit des jours tranquilles. Elle a trouvé un poste de coach sportif et part nager tous les matins avant de commencer sa journée de travail. Mais un midi, alors qu’elle devait aller déjeuner avec Gabriel, Chloé ne donne pas de nouvelles. Et n’en donnera plus.

Qu’est-il arrivé à Chloé ? Elle même pourrait vous répondre puisqu’elle raconte sa partie de l’histoire dès le début, tout en cachant ce qui pour nous est l’essentiel : où est-elle ?

Et quand vous connaîtrez la réponse, ce ne sera que le début d’une suite de surprises. Je me suis complètement laissée prendre par l’histoire, remarquablement écrite et construite. Amélie a bien su divulguer des infos par touches sans qu’on parvienne à en tirer la bonne conclusion. Et j’ai trouvé le twist en cours de roman (vous saurez de quoi je parle en le lisant) bluffant !

Honnêtement c’est un succès mérité, ce thriller est très original car il suit un déroulement surprenant, totalement inattendu. On s’attache vite à Gabriel qui est le personnage clef de l’histoire en fin de compte. Quant à Chloé, ma foi… vous verrez bien 😉

IMPORTANT : ne lisez pas la quatrième de couverture, elle gâche déjà une partie de l’énigme :-/

Le Livre de Poche, 2017, ISBN 978-2-253-08615-4, 313 pages, 7,60€

 

 

« (Presque) jeune (presque)jolie (de nouveau) célibataire » de Stéphanie Pélerin

presque-jeune-presque-jolie-de-nouveau-celibataire.jpgJe vais commencer ce billet par une anecdote. Je vends ce roman en librairie depuis 2 mois environ et bien qu’il soit bien spécifié Stéphanie Pélerin sur la couverture et que je participe à la BD de la semaine avec une certaine Stéphanie Pélerin régulièrement, je n’avais pas fait le lien…

Alors même si la romance n’est pas mon genre de prédilection, j’ai eu envie de lire ce que Stephie du blog Mille et une Frasques avait eu envie de nous raconter.

Ivana n’en revient pas. Alors qu’elle se réveillait comme tous les matins aux côtés de l’homme de sa vie, le voilà qui la largue là, encore au lit.

Après 8 ans de vie commune, le choc est rude. Que va devenir sa vie sans Baptiste ? De nouveau sur le marché des célibataires, Ivana va tenter de reprendre sa vie en main pour trouver la perle rare. Du sport, un régime, un site de rencontres : voilà le nouveau programme de cette jeune trentenaire (oui, trente ans c’est jeune, qu’on se le dise !) qui ne va pas être de tout repos.

De bonnes surprises, des désillusions, des copines qui remettent les idées en place. Des situations qu’on a toutes connues personnellement ou autour de nous. Et c’est agréable aussi de se retrouver dans un personnage qui nous ressemble, avec ses contrariétés, ses maladresses et ses moments de gloire.

Le tout avec ce genre de romans c’est qu’il faut que ce soit bien écrit et drôle, sinon on s’ennuie. La fille larguée, qui couche avec le premier venu histoire de se rassurer, qui pleure sur ses kilos en trop et ses premières rides, c’est une histoire vue et revue. Mais si elle est rigolote, attachante et que l’auteur a de l’esprit, là oui, on passe un vrai bon moment.

Et cela a été mon cas ici. Pas friande de ce type d’histoires habituellement, je me laisse facilement tenter à l’occasion quand j’ai envie d’une lecture pas prise de tête (à l’approche de l’été souvent, comme beaucoup). Le scénario est sans surprise mais comme je vous le disais, ce qui compte pour moi c’est la façon dont c’est raconté et si le personnage me plait. J’ai bien aimé Ivana, qui fait preuve d’auto-dérision et de détermination et qui nous fait vivre par procuration les rencontres trépidantes/désespérantes des sites de rencontre. Il y a des situations qui m’ont vraiment fait rire, comme Ivana qui voit un type la saluer en voiture alors qu’elle attend son nouveau rdv et qui se rend compte quelques minutes après qu’en fait c’est le rdv en question (euh, il est où le gars de la photo ??).

J’ai aussi aimé la réflexion qui revient régulièrement dans le roman, comme quoi quand un homme cumule les conquêtes c’est un Don Juan, alors que quand c’est une femme, ça passe beaucoup, beaucoup moins bien. Pourtant une femme aussi a le droit d’avoir envie de ne pas s’engager, de s’amuser, de ne pas avoir à rendre de comptes. Et puis Il faut bien que le corps exulte comme disait Jacques Brel.

En définitive, pour préparer votre PAL vacances/plage/métro/hamac/ce que vous voulez, n’oubliez pas « (Presque) jeune (presque) jolie (de nouveau) célibataire » !

Précision importante : quand je n’ai pas aimé le livre de quelqu’un que je connais, je ne le chronique pas 😉

France Loisirs, 2017, 168 pages, 9,99€