« Prométhée et la boîte de Pandore » de Luc Ferry, Clotilde Bruneau, Giuseppe Baiguera, Simon Champelovier & Fred Vignaux

9782344001646-L.jpgGlénat a sorti l’an passé une série consacrée aux grandes histoires de la mythologie grecque, chapeautée par Luc Ferry. Je vous présente aujourd’hui l’album consacré à Prométhée.

L’histoire débute avec les Dieux, qui s’ennuient. Pour se divertir, Zeus a une idée : créer la vie. Peupler la Terre qu’ils contemplent des cieux avec de nouvelles espèces, inoffensives. Il confie cette tâche à Prométhée, qui va se faire aider de son frère Epiméthée. Epiméthée se lance à corps perdu dans le modelage d’animaux, en créant un équilibre entre prédateurs et proies, pour que chacun ait une corde à son arc. Lorsque Prométhée sort de ses réflexions pour aller voir ce qu’a fait Prométhée, c’est surpris qu’il admire l’oeuvre de son frère (à l’intelligence limitée généralement) et furieux qu’il se rend compte qu’il n’a rien laissé pour les humains, qui se retrouvent nus, sans défense, sans talent particulier. Et c’est là que Prométhée va commettre l’irréparable, ce qui lui vaudra un châtiment terrible.

Voilà en gros (très gros) l’histoire, pour vous rappeler qui était Prométhée sans tout vous dire non plus. Le mythe est connu mais personnellement, je ne me souvenais pas du tout de son rôle dans la création de l’homme. Seulement de la punition. C’était donc très plaisant de redécouvrir ce pan de la mythologie grecque, qui est lié à la boîte de Pandore et à Hercule, comme vous le (re)découvrirez dans cet album.

Les dessins sont très beaux, soignés, avec une palette de couleurs très large et tout en nuances.

C’est une série que je recommande pour petits et grands, pour apprendre ou se rappeler. Un court dossier pédagogique vient apporter davantage de précisions en fin d’ouvrage.

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Glénat, 2016, ISBN 978-2344001646, 56 pages, 14,50€

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Et cette semaine, ça se passe chez Stephie !

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« Ni terre ni mer T1 » d’Olivier Megaton, Sylvain Ricard, Nicola Gianzanella & Sébastien Gérard

81Ev+sLEmYL.jpgCela fait deux ans que cinq amis ne se sont pas vus lorsqu’ils embarquent ensemble sur un voilier. C’est une sorte de pélerinage, qui a pour but de les libérer du secret qu’ils gardent en eux. L’objet du secret est Jan, qui faisait partie de leur cercle mais serait mort par leur faute. Mort… ou pas ? Apparemment, la question n’est pas tranchée. Il s’est passé quelque chose, mais même les cinq amis (dont la soeur de Jan) ont des doutes sur la vérité.

L’album s’ouvre sur une tempête terrible qui fait s’échouer le bateau contre les rochers, au pied d’un phare. C’est là qu’ils trouvent refuge auprès des deux gardiens qui y cohabitent jour et nuit. Mais l’ambiance est vite pesante. Leur bateau est détruit, les communications radios coupées. L’ombre de Jan ne les quitte pas, comme si de là où il est il voulait les faire payer pour ce qu’ils ont fait. Le phare est grand, on s’y perd facilement et c’est ce qui arrive. On ne sait plus où est passé l’un ou l’autre.

L’ambiance est aussi inquiétante en raison d’Alex, le personnage à l’origine de cette escapade. C’est lui qui est aux commandes. Cet éphèbe se démarque par son caractère présomptueux, méprisant, égoïste et pourtant séducteur. Son intention n’est pas claire, il semble voir ce qui se passe comme un jeu, ce qui laisse à penser que la mort de Jan serait survenue justement à cause d’un jeu. Nous en saurons plus dans la deuxième partie de ce diptyque.

En parallèle des scènes sombres dans le phare, alors que la tempête fait rage en pleine nuit, des planches bien plus colorées et lumineuses nous montrent ce qu’il s’est passé les heures précédentes, quant les amis se retrouvaient et que chacun profitait du soleil et de la mer. Même si une inquiétude générale se faisait déjà sentir.

Les illustrations de Nicola Genzianella et Sébastien Gérard servent à merveille le diabolique récit inventé par Olivier Megaton (réalisateurs des films Taken et Taken 3) et Sylvain Ricard. C’est angoissant, à la hauteur d’un très bon thriller. On a le coeur qui bat à mesure que le récit s’étoffe, qu’on apprend à connaître les personnages et qu’un premier meurtre survient. On se laisse rapidement gagner par l’atmosphère oppressante, d’autant plus que les personnalités des cinq amis et des deux gardiens se révèlent et pour certains s’opacifient. Car Alex est le personnage le plus marquant, mais il y a aussi Thomas le timide kleptomane, Julie la belle aguicheuse, Hélène la craintive et Eve la forte tête. Un groupe hétérogène dans lequel chacun a un rôle à jouer, mais lequel ? Le mystère reste entier.

Je n’ai qu’un regret, ne pas avoir le second volet sous la main pour connaître le fin mot de l’histoire. Car ce premier tome est une vraie réussite.

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Chronique rédigée pour Les Chroniques de l’Imaginaire

Dupuis, 2017, ISBN 978-2-8001-5216-5, 56 pages, 14,50€

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« L’or T4 – Etienne ou le hibou » de Stéphane Piatzszek & Frédéric Bihel

61YNfv+9DvL.jpgL’Or est une série en six tomes qui nous propulse dans la jungle amazonienne, au milieu des conflits liés à l’orpaillage. L’or est un métal très convoité, pour lequel des travailleurs triment et pour lequel certains sont prêts à tuer.

L’histoire se passe précisément à Maripasoula, un village de Guyane française, gérée par l’armée française. Chaque tome met en avant un des personnages principaux pour aborder le récit sous un angle différent. Ici, nous retrouvons Etienne. Etienne est un gars loyal, honnête et droit. Ce qui n’est pas chose aisée au milieu de militaires fatigués, lassés et qui n’ont plus de scrupules à s’en mettre plein les poches ni à fermer les yeux quand ça les arrange. Etienne n’a qu’une idée en tête : retrouver celui qui a tué Lilo, protagoniste du tome précédent.

Comme le dit l’éditeur Futuropolis, le sujet est traité à la manière d’un western moderne. Cela se passe dans les années 2000, les différents chefs s’affrontent autour d’une ressource convoitée de tous, on abreuve les travailleurs d’alcool et de prostituées pour les amadouer… On ressent fortement la tension entre les villages, la crainte d’une embuscade et la méfiance envers ceux qui descendent le fleuve Maroni qui passe devant Maripasoula.

Les conflits internes à l’armée française sont aussi très bien traités, avec d’un côté les profiteurs et soumis et ceux comme Etienne qui ont un sens plus aigü de la justice et de la droiture. La discipline n’est pas qu’une obéissance aveugle.

Même sans avoir lu les précédents tomes, on comprend très bien l’histoire. Il manque certes des éléments, telles que les circonstances de la mort de Lilo, mais cela n’empêche pas du tout d’apprécier ce volume seul tant la situation géopolitique est palpable et les personnages charismatiques, pas seulement Etienne. Sans oublier les superbes planches de Frédéric Bihel, qui restituent bien l’atmosphère chaude, humide et étouffante.

Cela donne envie de lire les premiers tomes et de continuer jusqu’au bout. Donc mission réussie pour Stéphane Piatzszek et Frédéric Bihel !

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Chronique rédigée pour Les Chroniques de l’Imaginaire

Futuropolis, 2017, ISBN 9782754817394, 48 pages, 14€

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« Musnet T4 – Les larmes du peintre » de Kickliy

91+HsT73+XL.jpgIl n’est pas toujours facile d’entrer dans une histoire en cours de route. Qui plus est quand il s’agit d’un quatrième volet. Qui plus est quand c’est le dernier. Qui plus est quand elle s’ouvre par la mort imminente d’un des personnages principaux.

Musnet (une souris) est un apprenti peintre, qui a tout appris de son maître Rémi (un écureuil), à Giverny. L’allusion à Monet, qui fait d’ailleurs aussi partie de l’histoire, ne vous aura pas échappée. Mais Musnet est très triste, car Rémi est en train de mourir. De plus, son amie Mya, qui veut devenir un écrivain célèbre, est fâchée après lui et ne lui parle plus. Monet quant à lui déprime car c’est un hiver très rude et qu’il ne peut pas sortir peindre. Il pense aussi à sa femme et ses enfants qui ne sont plus de ce monde.

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Cet album ne se passe donc pas du tout dans la joie et la bonne humeur, ce qui est déroutant pour un album jeunesse. Le traitement de la mort de Rémi est cru et presque gênant. Il ne sait plus gérer ses sphincters et Musnet doit tout nettoyer, les mouches tournent autour de son cadavre si bien que Musnet doit l’enrouler dans un drap avant d’aller déposer le corps dans un cercueil… La souris n’a pas le temps de se remettre de ses émotions qu’elle se fait attaquer par un renard en allant chercher de l’eau pour laver le cadavre. En plus, Mya lui sauve la mise mais elle se montre très sèche avec lui. Pauvre Musnet, Kickliy n’y va pas de main morte !

Ce quatrième volet est vraiment l’exemple d’un album qui ne peut être lu sans connaître les précédents. Pour un néophyte, c’est déprimant, triste et cruel. Les réflexions sur la vie sont justes : il faut savoir saisir les opportunités pour ne pas avoir de regrets, les gens meurent pour laisser la place aux autres, mais semblent trop complexes pour un enfant, qui a tout le temps de se confronter à ce type de réflexions.

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Pour couronner le tout, les couleurs sont terriblement tristes, avec beaucoup de gris, de marron, de vert cadavérique. Et cette neige qui semble recouvrir toutes les planches, ne serait-ce que cette sensation de froid omniprésente, est très bien travaillée mais renforce encore cette sensation de tristesse en terminant l’album. Qui ne finit pas si mal que ça en fin de compte, on pourra sourire une ou deux fois.

Ce qu’il faudra donc retenir, c’est que pour le lecteur averti, cet album sera peut-être une grande réussite. Libre donc à lui de juger, et aux autres de lire les premiers albums pour se faire une opinion en connaissance de cause.

Chronique rédigée pour Les Chroniques de l’Imaginaire

Dargaud, 2017, ISBN 978-2-205-07587-8, 12,99€

bd_de_la_semaine_pti_black Aujourd’hui, on se retrouve chez Stephie !

« Les Alchimistes – La Flamme et l’Orage T2 » de Karim Friha

téléchargementChronique du premier tome ici.

La Flamme continue de prospérer et de semer la terreur. Nous retrouvons nos héros : Léor, qui porte en lui l’arme pour contrer la Flamme. Carmine, la grande sœur des pauvres, qui l’assiste dans sa mission. Mikel, qui n’a jamais cessé de prendre soin de Léor depuis son enfance. Et Estevan, qui veut honorer la mémoire de son grand-père alors que son propre père lèche les bottes de l’Apôtre.

Dans cet opus, Karim Friha revient en arrière pour dévoiler quelques mystères. Nous savons maintenant pourquoi Léor a un pouvoir extraordinaire, quelles étaient les motivations de personnages qui ont changé de camp et aussi le rôle des alchimistes, groupe auquel appartenaient le grande-père d’Estevan et les parents de Léor.

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Les personnages sont toujours aussi forts et attachants, c’est un réel plaisir de les suivre dans la suite de leurs aventures. Aventures qui ne seront pas de tout repos, le rythme s’accélère et le danger rôde à tous les coins de rue. D’autant que la volonté ultime de la Flamme est en passe de se réaliser !

 

Ce second tome est à la hauteur de nos espérances. Une fois plongé dedans, on ne peut plus le quitter ! Cette série portée par un seul homme, à la fois scénariste et dessinateur, est une réussite. Il ne nous reste plus qu’à nous montrer patients et attendre la suite…

Gallimard, 2016, ISBN 978-2-07-066401-6, 56 pages, 14,50€

Chronique rédigée pour Les Chroniques de l’Imaginaire

Cette semaine, retrouvons nous chez Stephiebd_de_la_semaine_pti_black