« Les Mémoires de Zeus » de Maurice Druon

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Pour le mois de septembre (est-ce bien utile de préciser que nous sommes le 4 octobre et que je suis très en retard ?), le rendez-vous des Classiques c’est fantastique nous proposait une immersion antique.
Autant vous le dire, ce n’est pas mon truc DU TOUT. J’ai lu des auteurs classiques de l’Antiquité mais rien ne m’a subjugué, même si comme Moka j’ai beaucoup aimé lire Médée de Sénèque. J’ai aussi lu L’Odyssée d’Homère et si je suis allée jusqu’au bout, c’est plus par défi que par plaisir. Je comprends donc aisément l’abandon de Fanny.

Pour ce rendez-vous mensuel j’étais pourtant optimiste et avais prévu de lire La Guerre des Gaules de Jules César. Que j’ai commencé et contre toute attente, trouvé passionnant. Mais septembre a passé comme une flèche, il me restait peu de jours pour honorer le challenge et je n’avais pas envie de bâcler cette lecture qui demande un minimum de temps et d’investissement.

Je devais donc abandonner complètement le challenge, ce que sans exagérer, j’avais du mal à accepter. Quand lundi, jour de la publication des billets, j’ai vu qu’une copine du challenge (coucou Paolina) avait choisi un titre qui parlait de mythologie mais n’était ni un classique, ni écrit par un auteur antique. J’étais moi-même en pleine lecture des Mémoires de Zeus de Maurice Druon qui a les mêmes caractéristiques…

Je triche en somme, tout à fait. Maintenant, entrons dans le vif du sujet.

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Auteur connu et reconnu, Maurice Druon a publié de nombreux romans dont la célèbre saga Les rois maudits. Dans Les Mémoires de Zeus, d’abord publié en 1963, il prend pour personnage principal le célèbre dieu grec Zeus et le fait parler à la première personne pour livrer son histoire, procédé pertinent pour raconter la mythologie grecque.

Point de fantaisie ni de dispersion dans la trame narrative, Maurice Druon suit la chronologie des évènements en commençant par les grands-parents de Zeus, Ouranos et Gaïa. A l’instar de la Genèse, cette autobiographie donne des clefs d’explication quant à la création du monde, car pour les femmes et hommes de l’Antiquité, les dieux étaient à l’origine des phénomènes naturels : les mers, les montagnes, les vents… Et les dieux personnifiaient des caractéristiques humaines : la beauté, la jalousie, l’amour, l’esprit guerrier… 

C’est donc grâce à la méthode de l’autobiographie que l’auteur nous rappelle et nous apprend l’histoire de la mythologie grecque. Si l’on connait généralement les grandes lignes, notamment le fait que Zeus et Héra sont à la fois frère et soeur et époux, qu’il a eu de nombreux enfants de différentes femmes (Héphaïstos, Athéna, Hermès…), il est bon de reprendre les choses dans l’ordre et de comprendre tous les rouages de cette mythologie et comment les évènements s’articulent entre eux. Plusieurs noms que les profanes connaissent sans vraiment les identifier trouvent enfin leur place, tels que Thémis, Amalthée, Oedipe… 

Le tour de force de Maurice Druon est de garder l’angle des mémoires sans verser dans l’inventaire. Il parvient à donner une dimension plurielle à Zeus, qui n’apparait pas comme LE dieu tout puissant prêt à lancer la foudre à la moindre colère. Son récit permet de mettre de l’émotion dans les faits, de justifier certains actes qui semblaient arbitraires. Zeus est finalement un personnage plus complexe qu’il n’y parait.

Différence d’époque oblige (rappelons-le, ce livre a paru soixante ans plus tôt), on remarquera le traitement vieux-jeu à l’égard des femmes, dont les courbes sont amplement décrites. La mythologie grecque n’épargne de toutes façons pas le genre féminin, qui apparait au mieux comme faible, au pire comme sournois. Pandore (comme Eve d’ailleurs) n’est-elle pas à l’origine de tous les maux de la Terre ? Inutile donc de blâmer Maurice Druon pour cette vision désuète de la relation homme-femme.

Pour qui souhaite apprendre la mythologie grecque ou se rafraîchir la mémoire, Les Mémoires de Zeus est un bon compromis entre le roman et le livre document. La connaissance va de pair avec une écriture agréable et soignée et nous pouvons saluer le choix de Bragelonne de rééditer cet ouvrage et de lui offrir une nouvelle visibilité.

Bragelonne, 2020, ISBN 979-10-281-1025-3, 448 pages, 15.90€

Et maintenant je vous invite à lire le billet récapitulatif de Moka pour ce mois de septembre.

6 réflexions au sujet de « « Les Mémoires de Zeus » de Maurice Druon »

  1. La guerre des Gaules! Quelle idée farfelue 😀

    Merci d’avoir honoré le challenge de ta présence… Je ne suis toute fois pas si intéressée que ça par le livre que tu proposes, comme toi l’Antiquité et moi ça ne passe pas.

  2. Il est dans ma PAL depuis plusieurs années (dans une vieille édition, donc). L’aspect sexiste du bouquin me freine, je dois dire, pourtant j’apprécie certaines œuvres malgré cela (en remettant dans le contexte, et si l’histoire est vraiment bien) donc il y a quand même de fortes chances pour que j’aime. Je voulais m’y mettre cette année mais, à l’allure où ça passe, ce sera plutôt pour 2021 ^^’

  3. J’aime bien l’angle que tu as pris pour ce mois antique. Mais sans façon, même si cette virée a finalement été curieusement assez plaisante, l’antiquité est belle et bien derrière moi pour l’instant 😀

A vous les micros !

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