« Médée », de Sénèque et Blandine Le Callet

71DsMU7+HFL (1)Personnage célèbre et tragique de la mythologie grecque, Médée suscite des émotions contradictoires. Éperdument amoureuse de Jason, elle a accepté de trahir son père, de tuer son frère et de commettre d’autres crimes par dévotion pour son mari. Au moment où s’ouvre la pièce de théâtre, Médée reçoit le revers de sa médaille. Créon, le roi de Corinthe, parvient à convaincre Jason que s’il veut sauver sa vie face au désir de vengeance d’Acaste, il doit se désolidariser des crimes commis par Médée et lui faire porter le chapeau à elle seule.

Jason accepte de trahir Médée et d’épouser la fille de Créon. Médée, répudiée, est contrainte à l’exil. Mais sa fureur est à l’image de son amour : démesuré. Blessée, elle compte bien faire payer à Jason sa trahison. Il a trouvé une nouvelle famille auprès de Créon et de sa fille ? Les fils qu’il a eus avec Médée sont sa raison de vivre ? Qu’à cela ne tienne : ils devront périr.

Avec cette tragédie en quatre actes, Sénèque nous offre une pièce riche en émotions et en rappels mythologiques, avec des personnages d’un charisme impressionnant, surtout la fameuse Médée. Cette femme trahie émeut, de par tout ce qu’elle a dû sacrifier par amour pour Jason et en l’occurrence, ce qu’elle se voit infliger dans les différentes scènes. Sa vengeance est terrible, ses procédés maléfiques pernicieux, sa souffrance authentique. Médée ne laisse définitivement pas indifférent.

L’ouvrage est proposé en édition bilingue, avec le texte latin tel qu’il a été recomposé par Otto Zwierlein. Blandine Le Callet, qui nous en propose une nouvelle traduction, a réussi à rendre la pièce accessible par un texte fluide et intelligible, même lorsqu’on est peu habitué au théâtre antique. Son introduction est très éclairante et indispensable pour bien comprendre les enjeux de la pièce, ainsi que les messages sous-entendus qu’on ne peut comprendre sans avoir pris connaissance du contexte au préalable. Un lexique des noms propres permet de mieux appréhender l’univers mythologique dans lequel s’inscrit la pièce.

Si la lecture d’une pièce de théâtre d’un auteur antique peut rebuter, cette version contrecarre cet a priori. Blandine Le Callet nous donne accès à un texte passionnant qui sonne authentique, tout en adoptant une syntaxe et un vocabulaire tout à fait accessibles. Une édition à recommander.

Chronique rédigée pour les Chroniques de l’imaginaire

Folio théâtre, 2014, ISBN 978-2-07-044475-5, 333 pages, 5€

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5 réflexions au sujet de « « Médée », de Sénèque et Blandine Le Callet »

  1. J’aime le théatre,j’aime l’Antiquité et la mythologie, latine, egyptienne ou grecque , vestiges de mes années de latiniste /helleniste.
    Médee, grande figure tragique , reprise, entre autre par La Callas
    là, dans le film (entier)de Pasolini

    Là, un extrait

    Seneque, Euripide, ce serait interessant de voir les differences.
    Là, Blandine Le Callet, que j’aime beaucoup , s’est coltée avec une pièce de théatre pour la remettre au goût du jour.Alors merci de cette découverte, je vais me la procurer.

  2. J’aime particulièrement le mythe de Médée ! J’avais beaucoup aimé la réécriture de Christa Wolf qui ne fait plus de Médée une folle de jalousie mais un esprit libre dans une société de bien-pensance. Un nouveau regard intéressant 🙂

  3. J’ai commencé il y a 6 mois un livre de cette auteure, pas fini car ce n’était pas le moment mais j’ai hâte de le reprendre donc l’histoire de Médée (j’ai aussi le souvenir du film de Pasolini) revue par sa plume, ça pourrait me plaire…

A vous les micros !

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