« La Prière aux Etoiles – 2e partie » d’Eric Stoffel, Marko & Iñaki Holgado

Dans le premier volet du diptyque La Prière aux Étoiles, nous faisions connaissance avec Florence, une jeune femme partie de rien qui a réussi à percer dans le cinéma. Percer est un bien grand mot à vrai dire, car l’apprentie comédienne n’a obtenu que des petits rôles sans éclats. Elle apprenait dans le premier tome que cela n’était dû qu’à Dominique, l’homme d’affaires amoureux d’elle qui l’entretenait, et qu’elle a décidé de quitter lorsque la question du mariage s’est posée. C’est à ce moment là qu’elle a compris que ce qu’elle voulait, attendait et espérait, c’était le grand amour. Sa prière aux étoiles.

Il se trouve que son chemin a croisé la route de Pierre, un compositeur qui a donné comme nom à une de ses oeuvres La Prière aux Etoiles. Coïncidence bienheureuse ; entre eux, l’évidence. Une belle et grande histoire d’amour naissait. Une histoire assombrie par le mensonge de Florence, qui n’a pas osé avouer à Pierre qu’elle avait fait du cinéma et qu’elle avait donné son corps à de nombreux hommes. Plus les jours passent, moins elle se sent capable de dire la vérité.

Ce deuxième tome est consacré à ce secret, qui engendre des scènes qui tournent parfois au vaudeville. Le bistrotier et ses comparses essaient de comprendre ce qu’il se passe, puis, connaissant les cachotteries des uns et des autres, essayent de détourner l’attention. On reconnaît bien là les situations de Marcel Pagnol, avec leurs quiproquos et sous-entendus teintés d’un accent méridional qu’on entend spontanément. Cet esprit humoristique rafraîchissant vient apporter un peu de piquant à une histoire moins colorée que celle du premier tome.

Car le caractère ambitieux, fort et déterminé de Florence s’étiole peu à peu. Sa vie se résume désormais à son amour pour Pierre et il faut parvenir à oublier la modernité apportée par le format BD pour se souvenir qu’il s’agit d’un scénario de cinéma voué à être tourné en 1942. La Prière aux Etoiles met après tout en scène des personnages marqués par leur époque, avec des hommes qui peuvent nous sembler phallocrates et une jeune femme caricaturale de la demoiselle énamourée.

Pour peu qu’on parvienne à rentrer dans l’histoire et dans l’époque, le reste suivra tout seul. On se fond dans le décor, dans l’ambiance du sud, avec des personnages qu’on aime particulièrement retrouver, tel le frère de Florence, le joyeux complice prêt à traverser le pays pour épauler sa sœur. Les dessins sont superbes et il faut souligner le travail sur les expressions des personnages, qui pour le coup font revivre les scènes telles qu’elles auraient pu exister au cinéma.

Il existe toute une série d’adaptations des œuvres de Marcel Pagnol chez Grand Angle et si les illustrateurs sont différents, les scénaristes Eric Stoffel et Serge Scotto restent les mêmes (pas pour le deuxième tome présenté ici toutefois). Ce diptyque donne grandement envie de partir à la découverte des autres ouvrages !

Grand Angle, 2022, ISBN 978-2-8189-8634-9, 72 pages, 15.90€

Chronique rédigée pour Les Chroniques de l’Imaginaire

Nous nous réunissions une dernière fois chez Moka avant la pause estivale !

8 réflexions au sujet de « « La Prière aux Etoiles – 2e partie » d’Eric Stoffel, Marko & Iñaki Holgado »

  1. J’aime toujours l’idée de découvrir les classiques adaptés mais j’avoue être ici très peu réceptive à l’esthétique de cet album.

A vous les micros !

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