« Mangeterre » de Dolores Reyes

Mangeterre a un don, effroyable. Lorsqu’elle mange la terre foulée par le pied de femmes décédées, elle a accès à leurs derniers instants. Elle a vu sa mère, morte sous les coups de son père. Elle a vu son institutrice, assassinée, et a su dire où son corps pouvait être trouvé. Peu à peu, les gens ont su, alors ceux qui ont perdu un être cher disparu déposent au pied du portail des bouteilles remplies de terre, avec un mot, une photo, dans l’espoir que Mangeterre apportera une réponse à leurs interrogations.

Mais Mangeterre n’est pas qu’une jeune fille qui a un don. C’est une ado paumée, vivant seule avec son frère dans une maison où le désordre règne. Le père est parti, la tante qui devait s’occuper d’elle et de Walter aussi. Elle ne va plus à l’école et vivote sur le canapé, en écoutant les CDs qu’un ami de Walter lui ramène. Les copains de son frère viennent jouer à la console et boire des bières. L’environnement n’est pas des plus sains pour une jeune fille qui côtoie les morts au quotidien.

Et puis arrive Ezequiel, un policier dont la tante n’a plus de nouvelles de sa fille Maria. Il sait qu’il y a un espoir avec Mangeterre, qu’elle peut la retrouver. Savoir ce qu’il s’est passé. Ezequiel apprivoise Mangeterre. Elle l’aide et lui l’aide aussi. Ils finissent pas sortir ensemble, en étant peut-être amoureux.

Et puis… et puis pas grand chose. Honnêtement je ne sais pas quoi dire de ce roman. J’étais très très emballée au début de ma lecture, au sommet de la pente des montagnes russes. Et j’ai dégringolé. Je ne me suis pas du tout attachée à Mangeterre. Je n’ai pas trouvé d’intérêt à l’histoire, dont le semblant d’enquête policière avec la disparition de Maria avait pourtant ravivé ma curiosité. J’ai trouvé sa liaison avec Ezequiel ridicule.
Et ce qui ne sauve rien, c’est la traduction. Le registre est familier, certes. Mais imaginer une jeune fille argentine (c’est là que se passe l’histoire) « avoir le seum » ou « être deter » m’a semblé complètement inapproprié. Ce vocabulaire me ramenait dans mon bus à Tours, je ne me voyais pas du tout en Argentine. Et il y a d’autres exemples : bite (trop vulgaire), vénère (pareil que seum et deter), binouze (pour le coup c’est l’inverse, ce mot a au moins cinquante ans non ?). Je suppose que la traductrice ne maîtrise pas le langage familier et qu’elle a placé les mots qu’elle trouvait mais ça sonne faux. Passons les coquilles, dont celle qui me pique les yeux « Ne vas pas les tacher » page 167.

Je suis très très déçue de ne pas avoir apprécié plus que cela. J’aime cette maison d’éditions, la couverture était diablement engageante, la quatrième de couverture. Mais je suis passée loin à côté.

Editions de l’observatoire, 2020, 979-10-329-0866-2, 207 pages, 20€

Merci à Babelio qui m’a permis de ne pas m’acheter ce livre, car j’étais partie pour. Et merci aux Editions de l’Observatoire. Sans rancune 😉

2 réflexions au sujet de « « Mangeterre » de Dolores Reyes »

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