« Les Zola » de Méliane Marcaggi & Alice Chemama

Aimant énormément l’oeuvre de Zola, je ne pouvais pas passer à côté de cette BD qui s’attarde sur l’homme, que je ne connais que peu, finalement. Un album qui s’intéresse plus précisément au couple Zola.

C’est d’ailleurs une semaine Zola puisque dans le cadre du rendez-vous Les classiques c’est fantastique j’ai parlé de La fortune des Rougon il y a deux jours.

Tout commence… par le début : la rencontre. Le grand ami de Zola, Cézanne, lui présente Gabrielle dans une guinguette. Gabrielle a l’habitude des séducteurs, mais ce Zola est différent ; il a quelque chose de touchant. Ce fils d’immigré italien habite encore chez sa maman. C’est un poète qui n’a pour seule passion que la littérature, et dont le travail chez Hachette est de faire la publicité des écrivains déjà reconnus.

Gabrielle, qui en réalité s’appelle Alexandrine, tombe sous le charme d’Emile. Et c’est ainsi que nait le couple. Alexandrine va s’attacher à rendre la vie de son mari la plus confortable possible pour qu’il puisse se consacrer à ses écrits et enfin vivre de sa plume. Elle sait aussi inviter les bonnes personnes pour créer un réseau qui lui permettra de percer.
On dit que derrière chaque grand homme se cache une femme. Pas toujours, mais chez les Zola, c’est assurément le cas. Alexandrine n’a pas pu fonder une famille avec Emile car dans un premier temps il préférait se concentrer sur son oeuvre. Et quand il était prêt, c’était trop tard.
Son épouse était une femme dévouée, et tout ce qu’elle faisait, c’était par amour, parce qu’elle le voulait. Elle n’avait rien d’une femme soumise. C’est elle qui a permis à Zola d’aller puiser la matière de ses romans en le mettant en contact de ce qu’il voulait décrire dans ses histoires : la vie de lingère, les halles de Paris, le langage de la rue… On peut dire à la lecture de cet album que sans elle, on ne connaîtrait peut-être pas Zola.

L’histoire ne s’arrête pas là. Car Zola n’a pas connu qu’un seul amour. Une fois bien installés à Médan, leur belle maison de campagne acquise grâce aux bénéfices du succès, Alexandrine a pu se faire aider pour tenir la maison. Et c’est là qu’intervient Jeanne, une jeune fille timide et discrète. Qui est tombée amoureuse de Zola. Et inversement.

Cet album nous parle donc de ce trio, avec une double vie qu’Alexandrine ne soupçonnait pas. Je n’ai pas envie d’en dire plus car il vous faut découvrir cette relation étonnante par vous-même, si vous ne la connaissez pas déjà.

Comme tout le monde (j’imagine), j’ai du mal avec les notions d’adultère, de mensonges, de trahisons… Parce qu’il y a toujours quelqu’un qui souffre. Pour autant, j’ai été touchée par chacun des trois protagonistes. Personne n’a voulu trahir, ni tirer parti d’une situation. Ce n’est pas non plus une question de démon de midi. C’est simplement de l’amour, finalement, qui leur est tombé dessus sans crier gare.

J’ai tellement aimé cet album que j’allais oublier de parler de la forme. J’ai adoré les dessins, qui ressemblent à des mini peintures. Comme peints à la gouache. Cela donne un ensemble très harmonieux, très agréable à la lecture.

Faut-il le préciser ? J’ai adoré. Et j’ai un coup de coeur pour le personnage d’Alexandrine, une femme forte et admirable. Cela m’a donné envie d’en savoir plus sur elle et, bien sûr, sur Emile Zola lui-même.

Dargaud, 2019, ISBN 978-2-2050-7817-6, 112 pages, 19.99€

Nous nous retrouvons chez Moka pour partager nos BD de la semaine !

25 réflexions au sujet de « « Les Zola » de Méliane Marcaggi & Alice Chemama »

  1. Cet album tombe à pic dans notre mois zolien et je suis comme toi, j’ai adoré cet album. Tant pour l’image de Zola que l’on découvre autrement, tant pour ces femmes. Fascinantes.
    Et le dessin est absolument celui qu’il fallait pour une histoire comme celle-ci.
    Je viens d’achever l’essai d’Evelyne Bloch Dano sur la maison de Médan. Il a clairement été une des sources pour cette BD tant j’y ai vu ressurgir des planches à ma lecture.

    1. Entièrement d’accord avec toi sur tous les points ! A la lecture de ton avis sur l’essai d’Evelyne Bloch Dano, j’ai pu effectivement faire des liens entreles deux ouvrages.

  2. J’ai profité d’un bon d’achat pour me l’offrir en ces temps de confinement 🙂 je l’ai feuilletée et je suis déjà sous le charme;.. de quoi passer une belle semaine en compagnie de Zola.

  3. Oh oui, il avait déjà été présenté il y a quelques temps et il m’avait intriguée. Merci de me le remettre en mémoire. 🙂

  4. J’aime beaucoup ces initiatives de BD pour découvrir d’une autre manière des écrivains, des peintres etc….. Et Zola est un auteur dont on parle peu de sa vie, donc bonne initiative et pourquoi pas pour ma part….. 🙂

  5. Comme toi, j’aime beaucoup les écrits de Zola et son engagement (dans l’affaire Dreyfus notamment) mais je ne connais rien de sa « vie ». Les dessins ont effectivement l’air magnifiques et les couleurs éclatantes : on dirait presque des tableaux impressionnistes ^^ Je note cette BD !

    1. Aimer Zola c’est un plus indéniable mais les destins de ces personnages suffisent amplement à apprécier cet album. Tu apprécieras particulièrement Alexandrine 🙂

  6. Punaise, je vais la lire ! C’était un de mes achats prévus pour avril, mais on sait tous ce que fut avril 2020

A vous les micros !

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