« La solitude des nombres premiers » de Paolo Giordano

solitude-nombres-premiers.jpgAlice est une toute jeune fille. Elle se casse la jambe au ski, forcée par son père d’y aller, et boitera toute sa vie.
Mattia a une soeur jumelle. Elle est autiste, lui très intelligent. Lassé de ne pas avoir de copains car sa mère l’oblige à emmener partout sa soeur avec lui, il l’abandonne dans un parc pour se rendre à un goûter d’anniversaire et revenir la chercher après. Personne ne l’a jamais revue.

Alice et Mattia sont deux êtres coupés du monde, chacun avec ses fêlures, chacun à leur manière. Elle parce qu’elle n’arrive pas à y faire sa place, lui parce qu’il n’a pas envie d’y entrer.

Ados, invités à une fête (lui parce que l’hôtesse veut sa présence, elle parce qu’elle est son nouveau souffre-douleur), ils vont faire connaissance et l’évidence va sauter aux yeux de tout le monde. C’est comme s’ils étaient destinés l’un à l’autre. Tous deux au milieu de la pièce, se tenant la main pour une raison que le lecteur connait mais que les invités ignorent, ils regardent chacun dans la direction opposée mais leur osmose est flagrante.

Pourtant, Alice et Mattia vont traverser la vie séparément, en gardant contact. Ils ne s’oublieront jamais, mais pas un n’a su faire le pas vers l’autre. Ce sont deux êtres à part, elle photographe anorexique, lui féru de mathématiques, que tout oppose et que tout rapproche.

J’ai commencé ce roman sans rien en attendre, et de chapitre en chapitre j’ai été happée par cette relation belle et fragile. Il y a beaucoup de sensibilité dans l’écriture de Paolo Giordano, une finesse qui magnifie le duo et les sentiments qui les dépassent. Une impression de gâchis aussi, forcément, quand on voit à côté de quoi ils passent. Mais ça fait partie de la vie, et Paolo Giordano a parfaitement su en tirer une histoire forte et émouvante.

Contre toute attente, j’ai adoré.

Points, 2010, ISBN 978-2-7578-1752-0, 352 pages, 7,10€

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