« Wonderland » de Jennifer Hillier

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IMG_20171124_144907.jpgDernier titre reçu pour la sélection du Prix Meilleur Polar Points (mais il m’en reste encore un à lire et un autre à chroniquer), c’est le seul et unique écrit par une femme. Ce que je n’aurais pas noté si mes camarades jurés n’en avaient fait la remarque, d’ailleurs.

En tout cas, j’ai été ravie en découvrant la couverture glaçante. Brrr… une histoire de clowns, j’en tremble d’avance.

Nous suivons la famille Castro, sans le père qui est mort à Noël, pour nous mettre bien comme il faut dans l’ambiance. Vanessa, policière, élève donc seule son ado de fille et son bambin. Ils démarrent une nouvelle vie à Seaside, une petite ville au sud de Seattle connue pour son fabuleux parc d’attractions : Wonderland. Wonderland est une institution : là depuis des décennies, il fait venir les touristes et assure du travail aux jeunes avant qu’ils ne partent faire leurs études ailleurs. Tout le monde ou presque a travaillé à Wonderland. Ce parc est vital au point que la police entretient un lien tout particulier avec la direction, en particulier avec Bianca, la rousse flamboyante nymphomane à la tête du parc.

Mais comme Vanessa débarque, les passe-droits, ça lui passe au-dessus. Aussi est-elle bien déterminée à trouver l’identité du mystérieux cadavre qui a été laissé dans l’allée centrale en pleine nuit, le visage méconnaissable…
Et aussi entend-elle bien réétudier les cold cases laissés dans les archives par son prédecesseur qui faisait preuve d’un zèle inexistant.

J’ai lu ce thriller avec grand plaisir. L’intrigue est originale et le contexte l’est tout autant. Plus l’histoire avance et plus on pressent que quelque chose de très malsain va découler de tout ça, et que cela tourne autour du musée de clowns. Quand Ava, la fille de Vanessa, va aussi faire son job d’été à Wonderland, on découvre aussi d’autres aspects du parc moins glamours que l’image qu’il veut donner.

Le dénouement est très bien amené et inattendu, pas du tout décevant. Ce n’est pas celui pour lequel je voterai mais il est bien placé dans mes préférences.

Points, 2017, ISBN 978-2-7578-6498-2, 424 pages, 8,20€

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« Origine » de Dan Brown

81tcCJ01oWL.__BG0,0,0,0_FMpng_AC_UL320_SR208,320_Le Professeur Robert Langdon est de retour ! Invité par un de ses anciens élèves, Edmund Kirsch, devenu un célèbre futurologue (il prédit l’avenir à partir de données scientifiques), il se rend à Bilbao au musée Guggenheim pour un grand événement au cours duquel Kirsch fera une annonce qui changera la face du monde.

En effet, ses recherches lui ont permis de trouver la réponse à deux questions : d’où venons-nous ? Où allons-nous ?

Les réponses à ces questions vont ébranler les religions, qui font appel à l’existence d’un Dieu pour expliquer l’origine du monde, de la faune, de la flore, de l’espèce humaine. Or, Kirsch va démontrer qu’il n’y aucune instance spirituelle en cause, l’explication est scientifique.

Mais si le roman n’était que ça, « je vous explique et bonne soirée », ce ne serait plus du Dan Brown et Langdon n’aurait plus qu’à retourner à ses bouquins. Non, il faut des bâtons dans les roues de Kirsch, qui sera empêché de présenter sa découverte et… à Langdon de jouer ! Aidé de la brillante et sublime directrice du musée Guggenheim, le professeur doit découvrir la vidéo cachée de Kirsch et déjouer les plans de ceux qui veulent l’en empêcher.

Les romans de Dan Brown me font penser à la recette du cake. Les ingrédients de base sont toujours les mêmes et après on agrémente comme on veut. On a Langdon + une fille, une organisation secrète (de préférence religieuse), des messages à décoder, des méchants qui veulent cacher la vérité, des meurtres…

Avec moi, c’est toujours efficace. C’est rythmé, prenant, un page-turner par excellence. Et comme d’habitude c’est documenté, Dan Brown fait référence à de nombreux faits scientifiques, plus ou moins connus, que j’ai trouvés passionnants et m’ont donné envie d’en savoir plus.

La conclusion m’a épatée, avec des révélations auxquelles je ne m’attendais pas du tout, et surtout, elle fait réfléchir. Dommage que je ne puisse pas vous dire en quoi, ce serait trop en dire. Alors je vous laisse lire ça par vous-même 😉 Bonne lecture !

JC Lattes, 2017, ISBN 978-2709659802, 576 pages, 23€

 

 

« Le dernier hyver » de Fabrice Papillon

9782714475435coup de coeurAlexandrie, an 415. La savante Hypatie longe les murs en cette journée caniculaire pour rejoindre la bibliothèque et ses milliers de papyrus. Mais elle n’atteindra jamais sa destination, victime d’un assassinat atroce.

Paris, 2018. Un corps est retrouvé dans un magasin prestigieux, calciné et placé dans une posture étrange. Aucun indice trouvable. Sauf pour l’oeil novice de Marie, encore stagiaire, qui repère quelque chose d’étrange et va permettre de donner une orientation à l’enquête.

Les récits entre présent et passé s’enchaînent alternativement, la différence étant que le passé avance très vite, passant d’un épisode historique à un autre, en gardant toujours l’élément central de cette histoire, le fameux codex d’Hypatie. Si bien qu’on retrouve Léonard de Vinci, Elizabeth Ière, Voltaire entre autres personnages illustres. Les contextes historiques sont précis et réalistes. Et l’histoire inventée par Fabrice Papillon s’y intègre parfaitement.

D’autre part, l’enquête menée par Marc Brunier, un flic qui cache ses crises d’épilepsie à sa hiérarchie sous peine de perdre son boulot et tente de surmonter la disparition de sa fille partie en Syrie. Il s’attache vite à Marie, cette jeune en formation d’une sagacité remarquable qui lui rappelle tant sa fille.

J’ai adoré ce thriller, qui utilise brillamment le passé pour créer une histoire actuelle plausible. C’est bien rythmé, très prenant, et tellement bien documenté qu’on assiste aux événements comme s’ils se déroulaient sous nos yeux. L’organigramme de la police, les méthodes des médecins légistes… on voit que l’auteur a fait des recherches conséquentes pour aboutir à un ouvrage qualitatitif.

Le dénouement est de plus inattendu, je ne pensais pas que le roman prendrait cette direction là et finalement c’était une bonne chose, le fin mot de l’histoire m’a beaucoup plu et qui plus est, amène à réfléchir.

C’est une très belle découverte, je remercie les éditions Belfond et Agnès Chalnot pour l’envoi de ce roman, et Fabrice Papillon pour le petit mot laissé sur la page de garde.

Je n’oublie pas de mentionner la couverture sublime qui reproduit une toile de Klimt (ce qui me donnait déjà fortement envie de découvrir le roman).

Et pour terminer, j’ajoute les images partagées par Agnès sur sa page Facebook qui nous montrent un apercu des galeries souterraines sous l’hôpital Cochin, un lieu qui a son importance dans Le dernier hyver.

Belfond, 2017, ISBN 978-2-7144-7543-5, 613 pages, 21,90€

« Le cri » de Nicolas Beuglet

le-cri.jpgPar une nuit glaciale, à Oslo, un patient se « suicide » dans un hôpital psychiatrique. Le gardien l’a vu s’étrangler sur une vidéo de surveillance. Sarah Geringën, inpectrice, est dépêchée sur les lieux et trouve aussitôt que des choses ne collent pas : les témoignages des surveillants, le comportement du directeur, le dénuement de la chambre du patient… Le médecin légiste qui l’accompagne note aussi des faits étranges. Bizarre aussi, la cicatrice ancienne 488 visible sur le front du mort.

Pour tout vous dire, en lisant le résumé qui commençait ainsi, je m’attendais à un huis clos. Et j’adore les huis clos. Mais c’était une interprétation de ma part, car rapidement, Sarah part sur la piste d’un laboratoire français et… C’est là que nous comprenons que le mystère de la chambre vide est en fait mystère d’une dimension bien supérieure et orchestré à une échelle presque gouvernementale.

Ce roman est finalement un thriller scientifique, mettant en scène la taciturne Sarah, une femme impassible et peu loquace qui dissimule des blessures profondes, et un journaliste d’investigation qui va devoir jouer un rôle très important malgré lui. Tous deux vont remonter la piste de ce patient 488 et aller de découverte en découverte.

Le coeur du projet ne sera révélé qu’après de nombreuses péripéties, apparemment étayé par des découvertes scientifiques réelles. Le vrai ou le faux, je m’en fiche un peu. J’ai trouvé cette histoire bigrement bien fichue et palpitante. Sarah et Christophe sont attachants, chacun à leur manière, et on tremble avec eux et pour eux.

Ce n’est donc pas le huis clos que j’attendais mais je ne suis pas du tout mécontente de ma lecture !

France Loisirs, 2017, 496 pages, 19,90€

 

« Fidèle au poste » d’Amélie Antoine

51lcQILdQuL._SX210_joli-coeurJe connais très bien Amélie Antoine, on était en classe ensemble ! Enfin euh… on était en cours ensemble en licence d’anglais mais à part « bonjour » je crois qu’on ne s’est jamais vraiment parlées… Cependant, j’avais vu qu’elle avait écrit un premier livre, autobiographique et auto-édité : Combien de temps. J’ai suivi (de loin, via les réseaux sociaux) que les débuts étaient difficiles. Mais voilà, toutes les galères ont une fin et voilà Amélie repérée par les éditions Michel Lafon pour son roman Fidèle au poste qui poursuit une jolie route.

Résumé :
Chloé est mariée à Gabriel. Pour lui elle a accepté de venir vivre à Saint-Malo, où le jeune couple vit des jours tranquilles. Elle a trouvé un poste de coach sportif et part nager tous les matins avant de commencer sa journée de travail. Mais un midi, alors qu’elle devait aller déjeuner avec Gabriel, Chloé ne donne pas de nouvelles. Et n’en donnera plus.

Qu’est-il arrivé à Chloé ? Elle même pourrait vous répondre puisqu’elle raconte sa partie de l’histoire dès le début, tout en cachant ce qui pour nous est l’essentiel : où est-elle ?

Et quand vous connaîtrez la réponse, ce ne sera que le début d’une suite de surprises. Je me suis complètement laissée prendre par l’histoire, remarquablement écrite et construite. Amélie a bien su divulguer des infos par touches sans qu’on parvienne à en tirer la bonne conclusion. Et j’ai trouvé le twist en cours de roman (vous saurez de quoi je parle en le lisant) bluffant !

Honnêtement c’est un succès mérité, ce thriller est très original car il suit un déroulement surprenant, totalement inattendu. On s’attache vite à Gabriel qui est le personnage clef de l’histoire en fin de compte. Quant à Chloé, ma foi… vous verrez bien 😉

IMPORTANT : ne lisez pas la quatrième de couverture, elle gâche déjà une partie de l’énigme :-/

Le Livre de Poche, 2017, ISBN 978-2-253-08615-4, 313 pages, 7,60€