« Au fond de l’eau » de Paula Hawkins

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51CUPqpISnLMême si vous n’avez pas lu La fille du train, vous en avez certainement entendu parler. Ne serai-ce que pour son adaptation au cinéma en automne dernier. C’est avec ce roman que Paula Hawkins s’est fait connaître, un thriller prenant et très bien mené.

La question était de savoir si Au fond de l’eau allait être à la hauteur de ce que j’avais pensé ce premier roman.

Nel, photographe, est retrouvée morte dans le bassin aux noyées. Elle serait tombée de la butte en surplomb. Suicide ? Accident ? Meurtre ? De nombreuses femmes sont déjà mortes dans ce bassin, un lieu de légendes et de faits divers sur lequel elle enquêtait pour en tirer un livre.
Autour d’elle et de ce mystère vont graviter plusieurs personnages. Sean et Eric, les enquêteurs. Julia, sa soeur. Lena, sa fille. Louise, une habitante qui a aussi perdu sa fille dans le bassin. Et d’autres encore.

Le procédé narratif est le même que dans La fille du train, à chaque chapitre un personnage différent et donc un point de vue différent. C’est ce qui permet à la fois d’en savoir plus et de brouiller les pistes.

J’ai dévoré ce thriller parce qu’il suit ce que j’appelle le schéma toile d’araignée et que je suis plutôt fan. On prend l’histoire par un bout, et à chaque embranchement on va tomber sur un nouveau fil, prendre à gauche, à droite, sachant que le centre de la toile n’est pas loin sans jamais y parvenir. Et le chemin est long, tortueux, plein de fausses pistes. Quand on aime les polars on prend plaisir à essayer de trouver la solution, imaginer les réponses aux questions soulevées au fur et à mesure. Donc ce type de thrillers est un vrai terrain de jeux.

La psychologie des personnages est bien travaillée, très vite on sait qui est qui et on les imagine parfaitement. Globalement, tout est réussi. L’atmosphère lugubre et angoissante, concentrée autour du bassin aux noyées. L’intrigue riche en rebondissements. L’écriture qui prend son temps tout en donnant envie d’avaler les pages.

En définitive, bravo à Paula Hawkins, qui n’a rien perdu de son talent !

Sonatine, 2017, ISBN 978-2355843143, 416 pages, 22€

« Te laisser partir » de Clare Mackintosh

9782501096331-001-X_0Il suffit d’un instant d’inattention pour qu’un drame surgisse. Une main qu’on lâche trop tôt, et voilà un petit garçon projeté sur le pare-brise avant d’une voiture. Quelques secondes et une maman pleure sur le corps de son enfant, mort.

Ray et Kate, enquêteurs à la criminelle, veulent à tout prix mettre la main sur le chauffard qui a pris la fuite après avoir fauché l’enfant. Nous suivons ces deux personnages de très près, et eux-mêmes se suivent d’un peu trop près. Ray est marié, père de deux enfants dont un lui cause de l’inquiétude et met à mal son couple. Kate est jeune, célibataire, joviale et pas prise de tête. Pas aguicheuse pour un sou mais ces deux-là ont une complicité efficace qui donne de bons résultats.

Pourtant, les mois passent et toujours pas le moindre indice sur l’identité du chauffard.

En parallèle, nous suivons Jenna, complètement paumée. Elle vit avec l’image de l’accident, pleure son enfant, se sent coupable et décide donc de quitter la ville. Elle part au Pays-de-Galles, où elle trouve reguge au bord de la mer en louant une maisonnette dans un village désolé. Là elle essaie d’oublier et de se reconstruire, notamment auprès de Patrick, le vétérinaire tendre et rassurant.

Et en gros, c’est à peu près tout ce qu’on peut décemment dire si on ne veut pas gâcher le suspense. Parce que si le récit est un peu long à démarrer, qu’on ne sait pas trop où l’auteure veut en venir, croyez-bien qu’une fois qu’on comprend ce qu’elle tramait, on passe à la vitesse supérieure. La quatrième de couverture évoquait des « rebondissements à couper le souffle » et effectivement, on ne peut pas se plaindre de ce côté-là.

L’histoire de Clare Mackintosh est diaboliquement ficelée, on se fait avoir en beauté et je ne demande pas mieux en terme de thrillers.

Alors merci à Babelio et aux Editions Marabout, je me suis régalée !

Marabout, 2016, ISBN 9782501096331, 453 pages, 19.90€

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« La Fille du train » de Paula Hawkins

81m7bVVRcXLGrande amatrice de thrillers, je ne pouvais pas passer à côté de ce roman qui fait le tour des sites littéraires et de la blogo. Bien m’en a pris puisqu’il m’a tenue en haleine jusqu’au bout.

Rachel prend le train tous les jours pour quitter la banlieue de Londres et rejoindre son travail dans la capitale. Sa vie est partie à vau-l’eau depuis que son ex-mari l’a quittée. Et comment tourner la page lorsque le train passe deux fois par jour devant leur ancienne maison, celle pour laquelle Rachel a eu un véritable coup de coeur, alors que Tom y habite toujours et qui plus est avec sa nouvelle compagne ? Cette nouvelle venue qui est tombée enceinte en moins de deux alors que Rachel n’y est jamais parvenue.

Tous les jours, Rachel observe ce qui se passe dans les rues. Il y a cette maison, avec Jason et Jess comme elle les a surnommés. Ils sont le couple idéal, buvant un café sur leur terrasse et se jetant des regards énamourés. Mais un matin, Rachel surprend un baiser. Celui que Jess donne à un autre homme. Et le lendemain, Jess disparait…

Jess s’appelle en réalité Megan. La police doit mener l’enquête. S’agit-il d’un acte criminel ? D’une fugue ? Personne ne sait qu’elle trompait son mari et Rachel peut donc devenir un témoin clef. Le souci, c’est que la police ne croira jamais une femme alcoolique qui subit de véritables black-outs durant ses crises. Elle sait qu’elle était près de la maison de Megan le soir de sa disparition, qu’elle est rentrée chez elle le crâne en sang. Que lui est-il arrivé ? Qu’a-t-elle vu ?

Obnubilée par le désir de connaître la vérité, Rachel va aller à la rencontre de « Jason ». Quitte à falsifier la vérité en prétendant être une amie de Megan. Ses interrogations légitimes vont trouver leurs réponses, mais à quel prix ?

Il est vrai que le personnage de Rachel peut agacer et que le récit souffre aussi de quelques longueurs. On aura vite compris que son alcoolisme est problématique et Paula Hawkins insiste un peu trop sur son mal-être, son besoin d’aller boire une bouteille de vin au beau milieu de la nuit, un verre au matin et j’en passe. De plus, Rachel est légèrement maso. Au lieu d’essayer d’oublier Tom, elle ne cesse de lui téléphoner et de lui envoyer des messages (pendant ses crises et le lendemain elle ne s’en souvient pas). Cette fille a un penchant pour l’auto-flagellation. Elle énerve et fait pitié mais en même temps, quand on apprend au fil de l’eau ce qu’elle a subi, on modère son jugement.

Ce qui est vraiment intéressant dans ce roman, c’est la construction. Nous avons différents points de vue puisque selon les chapitres c’est Rachel, Megan ou Anna qui parle. Chacune révèle des choses, plus ou moins importantes, qui permettent en tout cas d’appréhender l’histoire sous un autre angle. Et donc de traquer les indices permettant de savoir ce qui est arrivé à Megan !

Quant au dénouement, même s’il n’est pas très surprenant (quand on ingurgite des polars, on connait un peu ^^), il faut reconnaître qu’il est bien amené et que l’auteur sait harponner son lecteur jusqu’au bout.

Le thriller de l’année ? Faut peut-être pas pousser. Mais un très bon crû.

Sonatine, 2015, ISBN 978-2355843136, 378 pages, 21€

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