« Le koala tueur et autres histoires du bush » de Kenneth Cook

81I7lbI76sL.jpgjoli-coeurJ’ai acheté ce livre il y a quelques années et je n’avais jamais pris le temps de m’y intéresser. Avec les transports en commun et donc la nécessité de glisser dans mon sac un livre qui ne prend pas trop de place et qui se lise facilement, mon choix s’est porté sur ce recueil de nouvelles.

C’était à la fois une bonne idée parce que ces nouvelles m’ont fait passer un super moment, et à la fois pas tant que ça parce que je ne vous dis pas le nombre de fois où j’ai dû me retenir de rire.

Car ces nouvelles sont super drôles. Toutes racontées à la première personne, elles laissent supposer que ces histoires sont vraiment arriver à Kenneth Cook. Et parfois c’est tellement improbable qu’on en doute, mais à la réflexion… pourquoi pas après tout ? Pourquoi ne serait-il pas fait mordre les boulettes par un koala ? Pourquoi ne se serait-il pas retrouvé confronté à deux gars prêts à découper la peau d’un crocodile qui avait mangé leur copain ? Pourquoi n’aurait-il pas administré un lavement à un éléphant ? Il raconte tout ça en se rendant lui-même compte qu’on risque de ne pas le croire. Alors on a envie de le croire !

Ces histoires du bush sont dépaysantes, avec des serpents mortels, des aborigènes, le désert, des pubs au milieu de nulle part, une chaleur accablante, des crocodiles, des koalas évidemment… On voit plein de choses qui nous sortent de notre quotidien !

Et le meilleur, c’est l’écriture. Kenneth Cook fait preuve d’autodérision et d’un humour corrosif à-propos. Il n’en fait jamais trop, c’est dosé pile-poil, on se régale. Il se moque de son embonpoint, de sa frousse, de sa crédulité. Et il y a un comique de situation qui semble naturel, pas forcément travaillé, qui fait mouche à tous les coups. Quand j’ai vu mon homme rire à son tour après que je lui ai conseillé de le lire, j’étais contente de ne pas avoir survendu l’affaire : c’est vraiment super drôle. Et les chutes (le sine qua non d’une nouvelle réussie) sont extras.

Moi qui pensais le lire vite fait et le déposer dans une boîte à livres, c’est raté. Je vais le garder précieusement ce recueil, il est extraordinaire. L’auteur, décédé depuis de nombreuses années, a publié d’autres ouvrages que je ne vais pas tarder à me procurer.

Le Livre de Poche, 2011, 978-2-253-13310-0, 224 pages, 6,10€

 

 

 

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« Barracuda » de Christos Tsiolkas #Rentrée littéraire 2015

71vP8OlxS5L (1)coup de coeurDaniel Kelly est un jeune prodige des bassins. Afin de lui donner toutes les chances de devenir un grand champion un jour, ses parents sacrifient leurs économies pour lui permettre d’intégrer une grande école, là où il pourra s’entraîner aux côtés d’autres enfants prometteurs. Son coach voit en lui un futur grand et le fait travailler matin et soir. Mais cette nouvelle vie est difficile. Kelly, issu d’un milieu modeste, côtoie tous les jours des jeunes vivant dans un milieu aisé.

Le lecteur découvre Daniel enfant et en parallèle Daniel adulte. Daniel enfant et sa rage de vaincre, sa meilleure amie Demet, ses espoirs et ses échecs. Daniel adulte qui vit une histoire d’amour avec un Ecossais, qui a perdu ses illusions et qui a connu un séjour en prison.

Que s’est-il passé ? Comment le jeune prodige a pu toucher le fond alors que ses chances de devenir un grand champion étaient assurées ? Il ne vivait que pour nager, était prêt à tout pour démontrer à ses camarades bourgeois qu’il pouvait les battre et leur prouver sa valeur.

Christos Tsiolkas dresse ici le portrait d’une jeunesse sacrifiée. Comme dans La gifle, son récent grand succès, il se plait à faire ressortir les failles de la société australienne et des valeurs dévoyées. Les riches à qui tout réussit contre les pauvres qui doivent trimer sans jamais être récompensés. Les Australiens qui se sentent supérieurs aux immigrés (penser à la condition des aborigènes en dit long sur le sujet). Nous suivons avec angoisse et compassion les déboires de Daniel, qui aura complètement gâché sa vie et qui va devoir désormais apprendre à se reconstruire.

Un roman profond et sombre, touchant, qui montre l’étendue du talent de son auteur.

Chronique rédigée pour Les Chroniques de l’imaginaire

Belfond, 2015, ISBN 978-2-7144-5791-2, 453 pages, 22€

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« Genius Wars » de Catherine Jinks [ JEUNESSE ]

81-xntVwrOLAprès les deux premiers tomes très réussis de la série des Aventures de Cadel Piggott, le troisième volet était attendu, dans l’espoir d’y trouver le même souffle qui rythmait les précédents opus. Malheureusement, la mayonnaise a moins pris dans Genius Wars.

Cadel vit à présent avec ses parents adoptifs, Saul et Fiona. Le souvenir de Prosper reste omniprésent même si chacun tente de ne pas trop y penser. Mais un jour, c’est l’alerte ! Saul apprend que Prosper a été aperçu aux quatre coins de Sydney, ce qui est confirmé par de nombreuses caméras de surveillance.

Bien que Saul tienne à écarter Cadel de l’enquête, ce dernier ne compte pas demeurer les bras croisés. Les adultes réalisent très vite que, de toutes façons, l’intimité qu’il a connue avec Prosper ainsi que ses exceptionnels talents en informatique en font un atout précieux. C’est ainsi que Cadel participe comme il peut et découvre que l’image de Prosper sur les vidéos est une supercherie. Qui en est à l’origine ? Pourquoi ?

Si les deux premiers romans proposaient des intrigues haletantes, avec du suspense, des péripéties variées et surprenantes, ce troisième volet est assez linéaire et n’offre pas les rebondissements auxquels on était en droit de s’attendre. On y retrouve avec plaisir au fil des pages les personnages rencontrés auparavant, mais l’intrigue manque cruellement de piquant.

L’histoire se déroule sans réelle surprise, et la fin n’est pas des plus palpitantes non plus. Dommage pour cette série qui avait commencé sur les chapeaux de roue !

MsK, 2014, ISBN 978-2-7024-3424-6, 479 pages, 17€

Chronique rédigée pour Les Chroniques de l’Imaginaire

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« La gifle » de Christos Tsiolkas

51NmiwxXnsL._Présentation de l’éditeurLors d’un barbecue entre amis, un adulte gifle un enfant qui n’est pas le sien. 

Un incident qui va créer une onde de choc parmi les invités et provoquer une série d’événements explosifs. Elle révèle aussi derrière les belles apparences, le racisme ordinaire, la drogue, l’alcool, la honte et une extrême solitude. 

Tour à tour violent et bouleversant de tendresse, un très grand roman qui dresse, avec une formidable lucidité, le tableau d’un Occident en pleine confusion.

Mon avis : très bonne histoire

Lorsque j’ai entendu parler de ce roman j’ai été attirée par le démarrage de l’intrigue : une gifle. Un adulte lève la main sur un enfant qui n’est pas le sien. Aussitôt deux clans se forment : ceux qui pensent qu’il a bien fait et ceux qui pensent qu’il a eu tort.

Si seulement cela en restait là ! Mais non, les parents de la victime portent plainte et la tension monte au sein de la famille et du groupe d’amis. Car l’incident s’est passé chez Hector et Aisha, et c’est le cousin d’Hector qui a giflé le fils de la meilleure amie d’Aisha. Les parents d’Hector prennent parti pour leur neveu, Aisha reste soudée avec sa copine. Rien ne va plus !

Si cette gifle est le point de départ de l’histoire, celle-ci ne se limite au geste et à ses conséquences. Le roman est découpé en longs chapitres qui mettent en scène à tour de rôle un des protagonistes. Cela commence par Hector, le fils d’immigrés grecs. Puis il y a Connie, l’étudiante et assistante d’Aisha au cabinet vétérinaire. Il y a Manolis, le père d’Hector etc. Chacun a une approche différente vis à vis de la gifle mais surtout vis à vis de la vie en générale.

On apprend pas mal de choses sur le quotidien en Australie, les différentes communautés et les préjugés qui persistent.

J’ai vraiment bien aimé ce roman, assez dense et qui témoigne d’une psychologie plutôt fine aussi bien du coté des hommes que des femmes. Derrière les apparences on voit les failles de chacun, qu’on découvre au fur et à mesure. Je recommande 🙂

10/18, 2012, ISBN 978-2264055408, 593 pages, 9,60€

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