« Le roman de Jim » de Pierric Bailly

Lorsque Aymeric rencontre Laurence, il a vingt-cinq ans et elle quarante. Leur différence d’âge n’est que sur le papier, Laurence reste une femme énergique, spontanée et libre. Jeune dans sa tête et dans son allure. Sa silhouette commence à marquer des signes de faiblesse mais ce qui dénote surtout, c’est cette bosse sur le ventre, qui prend de l’ampleur depuis six mois. Laurence est enceinte, oui, ce qui ne gêne pas du tout Aymeric. C’est même plutôt amusant de sentir ce petit corps évoluer dans celui de celle dont il est tombé amoureux. Le géniteur quant à lui est un homme marié guère intéressé par l’idée d’avoir un nouvel enfant.

Lorsque Jim naît, les choses prennent une tournure différente. Cet être fantasmé, irréel, est tout à coup un visage, un regard, une voix. Aymeric ne sait pas sur quel pied danser. Il n’est pas le père mais il est bien quelque chose après tout, même si la nature de sa relation avec Jim n’a pas de nom. Puis le temps faisant son œuvre, les mots n’ont plus d’importance. Seuls comptent la complicité et l’amour qui les unit. Jusqu’à ce que Laurence et Aymeric se désunissent. Comment garder la place du père qu’on n’est pas vraiment ?

Rédigé à la première personne, dans une langue orale et déliée, comme si Aymeric se penchait vers nous pour raconter son histoire, ce roman est un concentré de tendresse et un cri d’amour d’un homme pour son fils. Administrativement il ne coche pas les bonnes cases, mais du côté du cœur c’est carton plein. On ne peut être qu’ému à la lecture de cet amour filial qui naît doucement, puis s’embrase et illumine la vie d’Aymeric. Car Jim, c’est son soleil, il l’adore. Et les journées du père ne deviennent qu’une succession de nuits lorsque sa lumière disparaît de son paysage.

Le roman de Jim est un livre touchant aux allures de montagnes russes, où la joie peut monter au plus haut et la tristesse atteindre des profondeurs terrassantes. Pourtant, ce qu’il nous reste une fois la dernière page tournée, c’est bel et bien le souvenir d’un récit lumineux et tendre d’un père pour son fils.

Folio, 2022, ISBN 978-2-07-297752-7, 239 pages, 7.80€

Chronique rédigée pour Les Chroniques de l’Imaginaire

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