« Presqu’îles » de Yan Lespoux

Je vous présente aujourd’hui un titre de la collection Agullo Court que j’ai lu cet été, pensant me plonger dans une lecture dépaysante qui me ferait séjourner le temps de quelques nouvelles dans le Médoc. N’y ayant jamais mis un pied, je m’imaginais admirer des vignes à perte de vue, un bon verre de vin à la main, avec la plage à portée de vélo, le soleil brûlant ma peau.

Que nenni ! Ce recueil est parfait pour la saison automnale qui s’ouvre. Point de vignes, de plage paisible, ni même de soleil. Bienvenue sur une terre de forêt humide, de marécages, de brouillasse et de champignons. Une terre sur laquelle on ne sort pas sans ses bottes et son ciré. Une terre où les habitants s’unissent contre ceux qui ne sont pas d’ici mais où la solitude des maisons isolées n’invite pas à la convivialité. Chacun pour soi.

Si vous êtes familier de l’atmosphère des campagnes, vous connaîtrez un sentiment de déjà vu. Que ce soit le Médoc ou ailleurs, toutes les campagnes se ressemblent un peu visiblement. Le même repli sur soi, les troquets pour deuxième maison (voire première), les querelles de clochers… Et plein de petites histoires qu’on adore écouter et en l’occurrence, lire.

Je me suis régalée de ces nouvelles, dans lesquelles on trouve tout ce qui fait le charme et les travers de la campagne. Il y a des tas de situations différentes, parfois drôles, parfois touchantes, parfois déroutantes. L’éventail des personnages est large et varié, il en va du Bordelais, de l’écolo, du touriste, du chasseur, du pilier de comptoir, du Médocain pur souche… Yan Lespoux écrit sans filtre, sans pincettes, avec une honnêteté qu’on sent pleine de tendresse pour sa terre natale. L’atmosphère est dans toutes les histoires extrêmement bien rendue, que ce soit au niveau des paysages ou des mentalités rurales, qui peuvent sembler caricaturales mais quand on connaît un peu… on est dans le vrai.

Le genre de la nouvelle n’est pas un art aisé mais le sujet du livre s’y prête particulièrement et Yan Lespoux s’en tire à merveille. Ne vous privez pas de cette incursion rurale dans la vie de ce « pays qu’on ne voit pas » comme le souligne Hervé Le Corre dans son excellente préface. Vous ne serez pas déçu du voyage !

Agullo, 2021, ISBN 9791095718901, 185 pages, 11.90€

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