Série « Blackwater » de Michael McDowell

En mars de cette année, j’ai assisté à la rencontre VLEEL consacrée à la sortie de la série Blackwater aux Editions Toussaint Louverture. Je ne savais pas de quoi cela parlait mais les choix éditoriaux de l’éditeur Dominique Bordes m’intéressent beaucoup. Je l’ai écouté expliquer qu’il prenait un pari, à voir s’il allait être gagnant ou pas, de publier une histoire en feuilletons avec une parution toutes les deux semaines entre le 7 avril et le 17 juin.

Bien lui en a pris puisque le pari est gagné haut la main. Blackwater a envahi Bookstagram (la communauté des comptes littéraires sur Instagram)…

Pour les habitués de la maison d’édition, tout a commencé par un courrier :

Une lettre, une carte postale rédigée par un des personnages, un autocollant/marque-page et un livret de présentation de l’histoire, de l’auteur et l’aventure éditoriale. C’est bien fait, intrigant, et m’a encore plus donné envie de découvrir la série.

De quoi ça parle ?

L’histoire commence dans la ville de Perdido, Alabama, au confluent de deux rivières. Nous sommes en 1919 et d’emblée, nous comprenons le titre du premier volet : La Crue. La ville entière est inondée et Oscar Caskey parcourt les eaux en canot quand il aperçoit par une fenêtre de l’hôtel Osceola une femme assise sur un lit. Elle semble dans l’attente. Calme et sereine. Une voyageuse de passage qui ne partira plus jamais car elle entrera dans la famille Caskey.

Dès lors, sur les six tomes, nous suivrons pendant des décennies la saga familiale des Caskey, dont Mary-Love, la mère d’Oscar, tient les rênes avec fermeté et intransigeance. Le type de personnage qu’on adore détester. Et elle, se prend à détester la jeune femme sauvée des eaux : Elinor.

Les protagonistes vont s’aimer, se haïr, se découvrir, grandir, évoluer et parfois mourir. Des évènements vont venir bousculer leurs destins mais le plus souvent, ce sont leurs décisions qui vont orienter l’histoire. Il est question d’argent, d’opportunités, de travail, d’alliances, de stratégie… Et pas seulement en ce qui concerne la scierie détenue par la famille. Les enfants aussi peuvent être l’objet de manipulations.

Maintenant, comment parler de Blackwater sans évoquer ce qui fait son truc en plus ? La dimension fantastique qui vient pimenter le récit sans faire perdre de vue l’essentiel, l’histoire de la famille. Vous vous en doutez, la touche (louche) de surnaturel vient d’Elinor. Cette femme apparue avec la crue entretient un lien particulier avec la rivière Perdido et très vite, on comprend qu’elle a tout d’une humaine… mais qu’elle est autre chose aussi. Quel est son objectif ? Pourquoi a-t-elle voulu intégrer la famille Caskey ?

Succès

Michael McDowell a écrit des œuvres de fiction littéraire mais c’était aussi un scénariste, qui a notamment élaboré le scénario d’un film que j’aime beaucoup : Beetlejuice (Tim Burton). Cela s’en ressent dans Blackwater. C’est une écriture très visuelle et le scénario est simple sans être simpliste : il suit la chronologie des évènements. Le rythme régulier des rebondissements nous incite à poursuivre la lecture, happés que nous sommes par l’histoire.

Le succès du feuilleton proposé par Monsieur Toussaint Louverture tient beaucoup aussi à l’objet livre en lui même. Un format poche à 8.40€, avec une couverture sublime à chaque fois, une belle qualité de papier, un arbre généalogique et un plan de la ville présents à chaque début d’ouvrage qui évoluent au tome suivant. On se régale d’avance rien qu’en tenant le livre entre les mains.

Conclusion

Blackwater offre plus qu’une lecture. Il offre une expérience. L’éditeur nous fait entrer dans un univers avant même de lire la première ligne. Le danger du « tout ça pour ça » guette mais Dominique Bordes savait ce qu’il faisait. Tout ça parce que ça le valait le bien.
Je l’ai lu comme on regarde une série de nos jours, sans attendre sagement la sortie du prochain épisode. J’ai attendu d’avoir la série complète et j’ai avalé les pages, sans aucun sentiment de lassitude.

C’était super.

Monsieur Toussaint Louverture, 2022, environ 250 pages, 8.40€ chaque tome

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