« Le lac de nulle part » de Pete Fromm

Tous ceux qui aiment la littérature américaine et le nature writing ont entendu parler de Pete Fromm. Il avait accordé une interview à François Busnel qui m’avait donné follement envie de le lire et c’est en tombant sur son dernier roman à la médiathèque que je me suis décidée à franchir le pas.

Trig et Al sont frère et soeur, à présent adultes. Leur père les invite à un voyage surprise dans le grand Nord afin de revivre leurs vacances de jeunesse, dans la nature. Ils savent s’équiper pour camper, faire du canoë, faire du feu, pêcher… De vrais aventuriers.

Mais quelque chose cloche. Leur père, d’habitude si précautionneux, est étourdi. Il a oublié des choses importantes, ne semble pas sûr de l’itinéraire alors qu’ils s’enfoncent dans la forêt sans âme qui vive et parait parfois perdre la tête. L’aventure familiale qui devait resserrer des liens distendus devient anxiogène et dangereuse. Comment le trio va-t-il s’en sortir ? Des non-dits vont-ils surgir de cette situation crispante ?

Après avoir littéralement arpenté La rivière de Peter Heller, qui m’a proposé une expérience immersive, j’avais hâte de revivre une aventure sur les lacs du Canada avec Pete Fromm. D’où l’ampleur de ma déception en trouvant des descriptions faibles et factuelles. Aucun passage n’a su me déposer dans le décor. Il y a des lacs, des arbres, de la neige ; guère plus. Quant à l’écriture, elle ne m’a pas conquise un instant. Là encore c’est factuel, sans émotion. C’est très inhabituel pour moi qui suis quasiment toujours enchantée de lire du nature writing américain.

Si la forme ne m’a pas séduite, le fond pas davantage. Je me suis ennuyée dès le début. Arrivée au milieu du roman, j’ai voulu abandonner mais j’ai lu la deuxième moitié en diagonale malgré tout. Le dénouement est bien trouvé, mais vite expédié alors qu’il aura fallu de nombreux chapitres beaucoup trop longs pour y arriver. Des chapitres dans lesquels lus en diagonale ou pas, il ne se passe pas grand chose digne d’intérêt et où l’angoisse n’est pas tellement au rendez-vous.

Une déception à tous points de vue. Je ne suis pas certaine de récidiver avec cet auteur.

Gallmeister, 2022, ISBN 978-2-35178-285-9, 445 pages, 24.60€

12 réflexions au sujet de « « Le lac de nulle part » de Pete Fromm »

  1. Un autre que j’appréciais mais qui m’a extrêmement déçue ici…. Je suis d’accord avec toi et sur tout…. Très consensuel, prévisible et banal. J’avais tellement aimé Mon n désir le plus ardent où là la nature et les personnages avaient toute leurs places….. Un auteur que j’ai lu et que je ne suis pas sûr de lire a nouveau 🤔😉

    1. Mon compagnon a lu Le lac de nulle part et Indian Creek, je crois. Il a aussi trouvé Le lac de nulle part très en-dessous. Je tenterai donc Indian Creek ou Mon désir le plus ardent si d’aventure, un jour, j’ai envie de réessayer. Mais ce roman-ci m’a tellement déçue que ce n’est pas dit.

  2. Premier « couac » que je lis à propos de ce roman… Si je t’ai bien comprise, c’est surtout la comparaison avec La rivière d’Heller, à côté duquel il fait pâle figure, qui l’a desservi. De P. Fromm, je n’ai lu que Comment tout a commencé que j’avais beaucoup aimé (malgré sa thématique base-ball qui aurait pu me faire fuir). J’ai d’autres titres dans ma pal où j’irai piocher avant de m’atteler à celui-là.

    1. Même sans avoir lu La Rivière, j’ai trouvé le roman terne, tant du point de vue des descriptions, que de l’écriture et de l’intrigue. Absolument rien ne m’a enthousiasmée. J’espère que tu apprécieras davantage !

  3. Oh !
    Comme les autres l’ont dit, je te conseille d’essayer Mon désir le plus ardent ou Lucy in the sky 🙂 (mais je comprendrais que tu refuses un autre de ses livres!)

  4. Quelle déception en effet… Personnellement, j’ai lu Indian Creek que j’avais adoré et La vie en chantier qui m’avait également beaucoup déçue. 1 partout, je reste dans l’idée dans lire d’autres (Mon désir le plus ardent, Le nom des étoiles ou Lucy in the sky), même si cet auteur (dont je voulais au départ tout lire tant Indian Creek m’avait emballée) semble assez inégal finalement.
    Par contre, j’avais beaucoup aimé La constellation du chien de Peter Heller, donc je file ta chronique de La rivière que je ne connaissais pas du tout !

A vous les micros !

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