« Blizzard » de Marie Vingtras

Le blizzard se déchaîne. Surtout ne pas sortir, se calfeutrer et attendre que le vent se calme. Les règles de sécurité élémentaires que n’a pas suivies Bess, qui maintenant cherche le petit Thomas. Le temps qu’elle se baisse pour refaire ses lacets, il n’est plus là. Aspiré par la tempête, fondu dans le fouillis blanc qui voltige autour d’elle.

Benedict rentre à temps chez lui et se rend compte que son fils n’est pas là, pas plus que Bess. Il comprend immédiatement qu’ils sont quelque part dehors, et qu’il risque de ne pas les revoir vivants. Il faut absolument qu’il les retrouve.

Le roman s’étend sur quelques heures à peine, à la recherche de l’enfant perdu. Bess tente par tous les moyens de retrouver sa trace. Benedict aussi, lui qui est bien plus aguerri qu’elle face à la force de la nature, dans laquelle il a grandi, entouré de peu d’âmes. Car ici, dans le fin fond de l’Alaska, une poignée d’hommes se côtoient. Benedict, Cole, Clifford et Freeman. Et depuis peu, Bess et Thomas, le fils de Benedict.

A mesure que les courts chapitres défilent, le lecteur apprend d’où chacun vient, ce qu’il fait là, et surtout, ce qu’il fuit.

Férue des huis clos, de frissons, d’atmosphères oppressantes et des grands espaces, ce roman avait tout pour me plaire sur le papier. Ce qui me freinait jusqu’alors : la comparaison à Sukkwan Island de David Vann, qui ne m’a pas enthousiasmée, et la peur de la déception. Mais c’est en essayant qu’on sait.
Verdict ? J’ai beaucoup aimé la plume de Marie Vingtras, qui dans ce premier roman parvient à donner des voix différentes à ses narrateurs et maîtrise son sujet en distillant les informations sur le bon tempo. L’intrigue est prenante, j’ai lu ce court roman en une soirée tant j’étais curieuse de connaître la fin. Un peu plus d’épaisseur n’aurait pas été de trop car il m’aura manqué le temps de cogiter et de supputer. La fin est réussie et c’est souvent là que le bon huis clos se révèle, quand la tension ne retombe pas dans un soupir blasé qui dit « tout ça pour ça ».

Ce n’est pas une lecture coup de coeur, ni même un roman que je recommande particulièrement, mais il a le mérite d’être efficace et de faire passer un bon moment.

Éditions de l’Olivier, 2021, ISBN 978-2-8236-1705-4, 181 pages, 17€

11 réflexions au sujet de « « Blizzard » de Marie Vingtras »

  1. Je suis toujours méfiante avec l’enthousiasme des sorties et celui-ci a fait partie des livres dont tout le monde a parlé. Il est à la bibliothèque et je le lirai mais il n’y a pas urgence et puis la comparaison avec Sukkwan Island risque de me laisser déçue car le roman de David Vann est la référence du revirement 🙂

    1. Je me doutais que j’allais trouver ce roman en-dessous de mes attentes. Je suis très exigeante en matière de huis clos à suspense et je reconnais que Marie Vingtras s’en est très bien sortie, mais cela ressemble plus à un exercice qu’à une œuvre littéraire à mon sens. Les codes sont respectés mais il manque l’émotion.

    1. L’atmosphère est pas mal, on est dans l’Alaska, le froid, la neige, la solitude… Mais ce n’est pas assez étoffé. Il me manque le frisson.

  2. Je viens juste de le terminer et après tout l’engouement qu’il y a eu autour de lui, je suis un peu déçue et je te rejoins. Il est efficace comme tu l’as dis et j’ai aussi beaucoup aimé le dénouement mais il sera vite oublié de mon côté.

A vous les micros !

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s