« La dame blanche » de Quentin Zuttion

Estelle est infirmière dans une maison de retraite. Son quotidien, c’est de s’occuper de personnes âgées qu’elle accompagne jusqu’à leur mort. Entre la toilette, les repas et les soins divers, il y a des moments de complicité et de tendresse qui rend les relations avec chaque résident unique. Jusqu’au jour de la dernière toilette administrée à un corps mort.

J’ai 33 ans et j’ai vu des centaines de cadavres de gens que j’ai aimés. Personne, absolument personne, ne nous demande comment on va, nous.

Si comme moi vous ne connaissez pas l’univers des maisons de retraite autrement que véhiculé par les médias, fait de soins à la va-vite et de maltraitance, cet album vous surprendra grandement. Dans la petite maison de retraite « Les Coquelicots », les soignantes connaissent bien chaque résident et prennent le temps de les laver correctement, de leur donner à manger, de discuter et de plaisanter. Il règne une atmosphère de tendresse et de bienveillance très touchante.

Vous ne pourrez qu’éprouver beaucoup de sympathie pour Estelle, pour qui chaque décès est un déchirement et chaque relation une rencontre privilégiée. Elle se dévoue totalement à son métier et ce qui l’anime, c’est soulager les peines des résidents, quitte à les conforter dans leurs illusions.

La couleur gris bleuté dominante dans l’album dégage une douce sensation de mélancolie. Des touches de couleur viennent mettre en lumière des détails : le bout rougeoyant d’une cigarette, un rouge à lèvres, les stroboscopes de la boîte de nuit où vont danser Estelle et sa collègue. Sa collègue rayon de soleil qui a parfois elle aussi du mal à tirer le rideau sur sa journée de travail.

Le traitement cinématographique des vignettes rend la lecture très visuelle et vivante. L’émotion surgit des pages et on s’attache très rapidement à Germano, Madame Thomas et Sophie. On comprend aisément l’investissement émotionnel d’Estelle et les difficultés qu’elle éprouve à reste dans son rôle de soignante.

C’est un énorme coup de cœur (je remercie mon Amoureux pour ce beau cadeau). Le récit ne souffre d’aucune faiblesse et c’est tout simplement beau. A tous les niveaux.

Fanny en a aussi fait un coup de cœur et m’a donné envie de découvrir les autres publications de Quentin Zuttion.

Le Lombard, 2022, ISBN 978-2-8036-7997-3, 206 pages, 22.50€

C’est Stephie qui nous accueille cette semaine !

11 réflexions au sujet de « « La dame blanche » de Quentin Zuttion »

  1. Je ne connais le milieu qu’à travers ce que j’en vois en rendant visite à ma grand-mère… Du coup, ce bel ouvrage et la sensibilité qu’il semble véhiculer me tente. Merci pour cette jolie découverte.

  2. Cela fait du bien ton ressenti sur cette lecture … Cela aère les infos actuelles sur ce qui se passe dans certaines maisons de retraite et le souvenir que j’en garde quand ma grand-mère y était …. 🙂

A vous les micros !

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