« Klara et le soleil » de Kazuo Ishiguro

Juchée sur la plateforme de la vitrine, Klara regarde à travers la vitre : l’immeuble en face, les voitures qui se suivent, les gens qui passent. Et elle cherche le soleil, qui lui apporte son nutriment. Car Klara est une AA, une Amie Artificielle qu’on destine aux enfants et adolescents pour leur tenir compagnie. Klara se gorge de soleil en attendant d’être choisie.

Puis vient le jour où Josi s’arrête et la regarde. Elle sait que Klara est la bonne AA et elle reviendra la chercher. Peut-être, car comme le rappelle Gérante, les enfants font souvent de fausses promesses. Mais après quelques temps, Josi revient.

L’AA doit trouver sa place aux côtés de l’adolescente et de sa mère, qui travaille beaucoup sans jamais oublier sa fille, malade, qu’elle risque de ne jamais voir grandir. Une routine quotidienne s’installe, coupée par les rencontres virtuelles de Josi avec des amis, ses cours en ligne et les visites de Rick. Ce voisin du même âge que Josi, avec qui elle a un plan pour leur avenir commun.

J’ai découvert Kazuo Ishiguro avec Les vestiges du jour (The remains of the day), étudié en VO en fac d’anglais. Sa plume élégante, tout en délicatesse, comme en apesanteur au-dessus du texte m’avait frappée. Je l’avais retrouvée en français dans le recueil Nocturnes : Cinq nouvelles de musique au crépuscule. Trop longtemps plus tard, je retrouve enfin l’univers d’Ishiguro et si le sujet est complètement différent, l’écriture me fait le même effet.

L’histoire de Klara, de Josie et du soleil est celle d’une relation simple, sincère et bienveillante dans un monde terni par les interactions d’écran à écran, biaisé par les inégalités des chances, où la technologie supplante petit à petit les liens directs entre les gens. Klara est un être artificiel mais elle porte en elle une intelligence du cœur, une empathie réelle et un dévouement profond à l’égard des êtres humains, en premier lieu sa protégée. Elle est guidée par une telle envie de la sauver de la maladie qu’elle en oublie l’intelligence intellectuelle et comme un être humain à cours de possibilités, se tourne vers les croyances irrationnelles.

Klara et le soleil est un roman touchant, lumineux et plein de grâce qui paradoxalement donne à voir une belle leçon d’humanité. Le récit évoque les thèmes de la vie, de la mort, des espoirs de jeunesse avec justesse et finesse. J’ai adoré.

Gallimard, 2021, ISBN 978-2-07-290920-7, 385 pages, 22€

2 réflexions au sujet de « « Klara et le soleil » de Kazuo Ishiguro »

  1. Un auteur que j’aime également beaucoup et que j’ai apprécié comme toi avec Les vestiges du jour mais également avec Auprès de moi toujours, à chaque fois des univers très différents mais toujours une plume exceptionnelle. Celui-ci est à la bibliothèque et dès que je serai un peu plus à jour dans mes lectures je le lirai 🙂

A vous les micros !

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