« La curée » d’Emile Zola

S’il y a des romans d’Emile Zola plus pertinents pour le thème de l’histoire qui raconte l’Histoire (Germinal, le Ventre de Paris, Au bonheur des dames), le nom de cet auteur m’est apparu comme une évidence pour la thématique de cette semaine Les classiques c’est fantastique organisée par Moka et Fanny.
L’occasion pour moi de reprendre la série puisque j’ai décidé de la (re)lire dans l’ordre. J’en étais à La curée, deuxième roman sur vingt, voyez l’ampleur de la tâche qui m’attend, même si je m’en réjouis.

La curée s’inscrit dans le Paris haussmannien, bouleversé par les nouveaux plans de la capitale. Des quartiers sont détruits pour ouvrir de grandes voies de circulation. C’est un champ de bataille financier et spéculatif qui s’ouvre. De nombreux parvenus vont émerger, magouiller, car les terrains et propriétés passent de main en main à prix d’or ou bradés, selon le degré de sournoiserie de chacun.

Aristide Rougon, alias Saccard, fait partie de ces hommes qui vont s’enrichir à renforts de tours de passe-passe financiers. Il est le fils de Pierre Rougon, dont nous avons suivi l’ascension sociale dans La fortune des Rougon. Rappelez-vous, le parti pris de Zola est de déployer une fresque familiale en démontrant l’importance de la généalogie : autrement dit, les chiens ne font pas des chats.
Aristide Saccard est sans nul doute le fils de son père. L’appât du gain et la reconnaissance sociale sont ses seules motivations.

A peine veuf, il se marie à une jeune femme perdue car enceinte contre une dot plus que conséquente. C’est ainsi qu’il commences ses affaires, qui vont le mener à acheter une grande maison, avec une serre tropicale attenante, à recevoir tous les jeudis, à permettre à son épouse Renée de mener grand train.

Renée, jeune et belle, démarre une liaison avec un beau jeune homme, qui n’est autre que le fils de Saccard. Une passion dévorante et dangereuse qui risque de la mener à sa perte.

Il s’agit d’une relecture qui date d’août 2002 (il faudrait que je reprenne cette habitude de dater mes lectures sur la page de garde). Et je ne me souvenais que de la chaleur moite de la serre, autant dire de rien.

Je dois avouer que cela ne m’étonne pas, les magouilles et la spéculation sont des sujets qui ne m’intéressent pas du tout, j’ai donc lu sans chercher à comprendre les détails des savants calculs de Saccard. Aussi, pour quelqu’un qui connaît Paris, cela doit être intéressant de lire par ci par là les changements qui s’opèrent. Pour quelqu’un qui comme moi, n’allait d’un point à un autre qu’en métro, c’est assez abstrait. Mais on sent bien l’atmosphère de l’époque, de ce Paris en mutation, tout comme sa population. Ces deux points étant les principaux du roman, je n’ai pas adhéré autant qu’à mon habitude.

Ce n’est pas un titre de Zola que je vous recommande particulièrement mais ce serait dommage de faire l’impasse. Le prochain est Le ventre de Paris, dont je garde un très beau souvenir, bien plus prégnant.

Le Livre de Poche, 2000, ISBN 978-2-253-00366-2, 414 pages

19 réflexions au sujet de « « La curée » d’Emile Zola »

  1. Tu enfonces le clou et me donnes très envie de découvrir l’oeuvre de cet auteur dont Germinal à marquer à jamais mes années lycée et m’a éloigné de lui jusqu’à ce jour. Je viens d’ajouter la Fortune des Rougon à ma liste d’envies (et j’ai la Terre dans ma PAL) et nous verrons où cela me mènera 🙂

    1. Tu as raison de commencer par le début, je trouve personnellement que c’est plus intéressant de suivre le chemin tel que le voulait Zola, en suivant la généalogie. J’espère que La Fortune des Rougon te donnera envie de découvrir la suite.

  2. J’avais beaucoup aimé la minutie avec laquelle Zola éreinte cette société décadente, superficielle, ces parvenus inélégants, vénaux et creux, qui s’empiffrent sans mesure de nourriture comme de sexe, qui jouissent de l’immédiat avec un aveuglement fiévreux annonçant l’inéluctabilité de leur chute… (j’ai repris la conclusion de mon -vieux- billet).

    1. Mea culpa, car quand je lis que c’est le préféré de bien des lecteurs… Je ne suis pas passée à côté, car il est franchement extra (c’est Zola quoi) mais les thèmes ne sont pas ceux que je préfère.

  3. Cela me fait penser que j’ai lu très peu de Zola. Je ne sais plus par contre si pour la série des Rougon-Macquart il faut les lire dans l’ordre ?
    Bonne journée !

    1. C’est mieux de les lire dans l’ordre car Zola voulait étudier l’importance de l’hérédité dans les caractères. On commence donc par les aïeux et on finit avec les descendants. On peut tout à fait les lire indépendamment, mais je trouve qu’on perd quelque chose.

  4. J’avais entrepris le même projet de lire les Rougon-Macquart dans l’ordre, et j’en suis au même point que toi, enfin j’étais… La Curée va vite rejoindre mon chevet. J’adore Paris et son Histoire et même si je pense que Macquart va vite m’agacer, je vais adorer me plonger dans l’ambiance.

  5. Tiens, je partage le même projet que toi et je viens justement de lire Le ventre de Paris ! J’ai lu La curée en début d’année et je l’ai beaucoup aimé. Alors que les magouilles financières ne sont a priori pas ma tasse de thé, Zola a su m’y intéresser et j’ai vraiment aimé les différentes ambiances entre la ruse de Saccard et la sensualité de Renée (et les scènes dans la serre sont bien marquantes tellement elles sont sensorielles). Bref, j’avais beaucoup aimé ce tome

A vous les micros !

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