« George Sand – Ma vie à Nohant » de Chantal Van den Heuvel & Nina Jacqmin

Il me reste de vagues souvenirs du collège, quand nous parlions de nos cours et de nos lectures imposées. Mes copines devaient lire La petite fadette et dans ma classe ce n’était pas au programme mais je savais qu’un jour viendrait. Ce jour n’est jamais venu. J’ai bien eu la curiosité d’avoir envie de lire George Sand, pourtant, ce n’est resté qu’une intention. A ce jour, je n’ai JAMAIS lu George Sand et j’ai beau passé devant son domaine à Nohant plusieurs fois par an, je n’y suis jamais entrée. Je ne connais presque rien de sa vie.

Aussi, lorsque j’ai vu apparaître cet album, chroniqué avec enthousiasme par ci par là, j’ai su que pour ce titre là au moins, je ne pouvais pas y couper. Le rendez-vous mensuel Les classiques c’est fantastique orchestré par Moka et Fanny m’en donnant l’occasion puisque cette semaine est consacrée aux plumes féminines, c’est avec plaisir que je l’ai sorti de ma PAL.

Comme le titre l’indique, le fil conducteur de cet album est la maison de Nohant. Elle appartient à la famille Dupin de Francueil et Aurore en est l’héritière légitime. Aurore, c’est George Sand. L’histoire démarre sur le procès qu’elle intente à son mari, qui s’est approprié tous ses biens en la traitant comme une moins que rien puisque ce n’est une femme et qu’il est son maître (en gros). Mais sa maison, Aurore n’est pas près de l’abandonner. Elle est bien trop ancrée dans sa vie et celle de sa famille.

Une analepse nous ramène alors au temps de la grand-mère d’Aurore, une femme très à cheval sur les conventions dues à son rang, qui n’aura de cesse de rabrouer Aurore quant à ses jeux de paysanne et son manque d’intérêt pour les cours de ses professeurs particuliers. Il faut dire qu’elle prend son rôle très à cœur puisque son cher fils est tombé amoureux d’une fille du peuple, la mère d’Aurore, que l’aïeule méprise de toute son âme. Aurore se sent davantage proche de cette mère pourtant contrainte de l’abandonner, pour son bien. L’attachement d’Aurore envers sa grand-mère perdurera malgré les différends, car l’amour qui les lie est sincère.

Plus tard, c’est Aurore qui prendra les rênes de Nohant. Avec des moments plus ou moins heureux, car cette demeure verra apparaître de grands bonheurs, comme l’Amour et la naissance de ses enfants, mais aussi des deuils et des désillusions. Elle sera aussi un havre d’hospitalité pour des écrivains de renom, des peintres et musiciens. Le lecteur pourra aisément les reconnaître grâce aux dessins de Nina Jacqmin, qui sont d’une beauté et d’une précision saisissantes. Si le scénario de Chantal Van den Heuvel est d’une fluidité et d’une maîtrise admirable, la grâce des planches sublime la qualité du récit. Le résultat est beau et brillant !

Cet album est un coup de cœur. Il se lit comme un roman, c’est passionnant et instructif. J’ai appris énormément sur la vie de George Sand (devons-nous rappeler pourquoi elle a du prendre un nom d’homme ?…), sur son parcours de femme libre et sur les illustres personnages qu’elle a côtoyés. C’est bête à dire mais cela fait chaud au cœur de voir qu’elle était très estimée par ses pairs masculins, ce qui, me semble-t-il, n’est pas une évidence pour l’époque. Il me tarde à présent de découvrir son domaine à Nohant et de lire ses écrits.

Glenat, 2021, ISBN 978-2-344-04374-5, 102 pages, 18€

C’est Stephie qui nous accueille cette semaine !

12 réflexions au sujet de « « George Sand – Ma vie à Nohant » de Chantal Van den Heuvel & Nina Jacqmin »

  1. J’adore voir des documentaires, visiter ou lire sur les lieux d’auteur(e)s car on y retrouve un peu l’âme de son occupant(e), ce qui faisait son quotidien etc…. Je te recommande pour cela sur le 5 Une maison, un artiste qui passe et rediffuse chaque année. Concernant George Sand, comme tu as pu le lire j’ai pris un énorme plaisir à la lire et j’ai encore plusieurs ouvrages qui se cachent (oui c’est pour cela que je ne les ai pas encore lus …..) dans ma PAL. Concernant sa relation avec sa grand-mère qui l’a élevée, je ne sais pas si c’est mentionné dans la BD mais la grand-mère a « acheté » sa petite fille à sa mère contre une somme d’argent (qui je crois me souvenir « arrangeait » la mère…. Etrange situation malgré tout même si cela n’a pas entravé leur relation 🙂

  2. Pareil que toi, jamais lu George Sand même si j’en ai envie depuis des lustres ^^ Cette BD me tente beaucoup, peut-être effectivement une belle entrée en matière dans le monde de l’auteure !

  3. Cette bd me tente bien, je la note. Comme toi, voilà bien longtemps que je me disais qu’il fallait que je lise George Sand… Et, en 2018, pour notre challenge « Cette année, je (re)lis des classiques » à Blandine et moi, j’en ai enfin lu deux : La mare au diable et La petite Fadette que j’ai trouvé faciles à lire et agréables, mais un peu vieillot et naïf…

  4. Je veux la lire!!!
    J’ai lu un ou deux de ses romans plus jeune mais je ne m’y suis pas penchée en tant qu’adulte. Son histoire personnelle me fascine (notamment son histoire d’amour avec Chopin)

  5. Je vais commencer par l’album de Vidal et Consigny (George Sand fille du siècle) qui est dans ma pal. J’aurais un point de comparaison quand j’attaquerai celui-ci du coup 😉

A vous les micros !

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