« Bons baisers de Limón » d’Edo Brenes

Étudiant en Angleterre, Ramiro rentre quand il le peut dans son pays, le Costa Rica. Sa mère lui confie une boîte de photos trouvée dans les affaires de Papy Virgilio. Le jeune homme a décidé de retracer l’histoire de sa famille à partir des clichés et d’entretiens qu’il a prévu pendant son séjour de deux semaines sur place. Il espère trouver là matière à élaborer un livre.

A mesure qu’il rencontre cousins, oncles et tantes, il parvient à redessiner les portraits et caractères des visages disparus. A commencer par ceux des deux frères, Osvaldo et Virgilio. L’aîné prenait son rôle au sérieux, il respectait les règles et essayait de filer droit. Il devait donner l’exemple. Le plus jeune était dissipé et farceur. Toujours à suivre son frère. Si les deux garçons se chamaillaient, il y avait pourtant une complicité réelle entre les deux. Jusqu’au jour où la belle Rosario est arrivée. Elle et Osvaldo étaient tout le temps ensemble, personne ne doutait qu’ils étaient amoureux et finiraient par se marier. Pourtant, c’est Virgilio qu’elle a épousé. Que s’est-il passé ?

Bons baisers de Limón est un roman graphique dense et envoûtant, qui vous agrippe dès la première page et ne vous donne plus envie de le lâcher. Les parents que rencontrent Ramiro apportent chacun le petit détail qui jette un éclairage nouveau sur le trio constitué par les frères et Rosario. Ils permettent aussi de rapporter ce qu’était la vie dans le Costa Rica des années 1940,1950 et 1960. Les photographies redessinées par Edo Brenes illustrent parfaitement la douceur de vivre d’une ville en bord de mer, Limón, malgré une relative pauvreté. Les planches s’attardent beaucoup sur ces anciens clichés tandis que le récit qui les superpose se concentre sur la famille de Ramiro.

Bien qu’Edo Brenes ait étudié en Angleterre et qu’il soit costaricien avec des attaches à Limón, ce roman n’est pas autobiographique. L’auteur s’est cependant appuyé sur des éléments de sa vie et de celle de sa famille pour en inventer une qu’il a livrée dans cet album. C’est donc un aperçu authentique du Costa Rica qu’il nous est donné de voir ici. Mais le véritable intérêt de cette histoire est l’enquête qu’il mène pour connaître sa famille. Lui qui ne pensais que dérouler les fils des souvenirs des uns et des autres va s’apercevoir qu’il y a de sacrés nœuds. Les anecdotes se croisent et ne se recoupent pas toujours au bon endroit. Quel est le fin mot de l’histoire ?

Avec un traitement de couleurs différents pour chaque période, une police de caractère différentes selon les personnages et des dessins épurés, Edo Brenes parvient à un roman graphique qui se lit d’une traite, avec plaisir et émotions. Un ouvrage très réussi sur tous les plans.

Casterman, 2021, 978-2-203-23160-3, 271 pages, 23€

Chronique rédigée pour Les Chroniques de l’Imaginaire

On se retrouve chez Moka !

10 réflexions au sujet de « « Bons baisers de Limón » d’Edo Brenes »

  1. Une histoire de famille qui semble passionnante. J’aime bien l’idée des anciens clichés et de ce personnages qui va tenter de découvrir ce qui s’est passé. Merci pour cette découverte. 🙂

  2. Voilà qui pourrait bien me plaire ! Pour l’enquête familiale et pour découvrir un peu le Costa Rica que je ne connais pas du tout.

A vous les micros !

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