« Rose désert » de Violaine Huisman

Après un chagrin d’amour qui la laisse désorientée, la narratrice, Violaine Huisman elle-même, décide sur un coup de tête de partir dans le désert. Là voilà en Mauritanie, dans un pays où en tant qu’étranger il faut s’annoncer à l’ambassade, garantir sa sécurité. Serge y réside pour le travail. Il a des connaissances et des habitudes qui vont permettre à la jeune femme de voyager sans trop de soucis. Cet homme plus vieux qu’elle a rencontré à l’hôtel sera la bouée de sauvetage sur sa route, dans une complicité aux contours flous.

Violaine, au cours de ses pérégrinations exotiques, dépaysantes et parfois dangereuses, repensera à cet homme qu’elle aimait passionnément. Charnellement. L’empire qu’il exerçait sur elle était absolu, une attraction magnétique et sexuelle, teintée de violence. Un amour sauvage qui laissait peu de place aux sentiments doux et de toute évidence voué à l’échec. Violaine en parle avec honnêteté, ne taisant pas les humiliations ni les détails de leurs ébats. Les premières descriptions pourraient laisser penser qu’il s’agit d’un écrivain de plus qui verse dans le racoleur mais détrompez-vous, elles servent le récit pour comprendre la nature de leur relation et ses conséquences sur la narratrice.

Dans une deuxième partie, Violaine ne recourt plus à la première personne du singulier. Elle s’échappe de l’autofiction pour glisser dans le récit extériorisé. Elle remonte à sa jeunesse et revient surtout sur sa relation avec sa mère, qu’elle avait déjà décortiquée dans son premier roman Fugitive parce que reine. Une mère avec une personnalité de feu, auprès de laquelle on pouvait se brûler. Maniaco-dépressive, imprévisible, aimante et aimée, mais déstabilisante. Pour qui a déjà lu et aimé ce roman, il sera agréable de retrouver le personnage de Catherine. Il y a des impressions légitimes de déjà-lu mais Rose désert donne surtout l’impression que sa vie est une boule à facettes qu’on n’a pas encore abordée en totalité.

Le roman est beau et intense, cru et honnête, parfois décousu, comme l’esprit déboussolé de Violaine. Ce qui le sublime, c’est l’écriture, précise et chatoyante. On se régale à lire un tel texte, pareil au premier roman, conduit par une langue élégante et enlevée, même lorsqu’elle est ponctuée de mots grossiers.

Violaine Huisman, issue du monde de l’édition, confirme qu’elle a toute sa place de l’autre côté du miroir avec un talent d’auteure indéniable. Je remercie d’ailleurs Sabine et Les 68 premières fois qui m’avaient valu de la découvrir avec son premier roman.

Folio, 2021, ISBN 978-2-07-293549-7, 272 pages, 8.10€

Chronique rédigée pour Les Chroniques de l’Imaginaire

7 réflexions au sujet de « « Rose désert » de Violaine Huisman »

    1. Tiens, ça me surprend car les deux romans sont très proches je trouve. C’est dommage que tu n’aies pas apprécié cette fois mais ça arrive 😉

      1. Ils se ressemblent c’est vrai mais pour moi il était de trop. C’était trop redondant et le récit a manqué d’intérêt à mon goût mais j’aimerais beaucoup la relire du côté de la fiction.

  1. J’ai repéré Fugitive parce que reine mais pas lu (tellement trop à lire mais jamais assez). Alors je commencerai par le premier pour « tâter » de son univers et éventuellement la livre plus si jamais…. 🙂

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