« 202 Champs-Elysées » de J.M Eça de Queiroz

Je dois à la rencontre VLEEL consacrée aux Editions Chandeigne (dédiées à la littérature lusophone) la découverte de l’auteur portugais J.M. Eça de Queiroz, né en 1845 et mort en 1900. Un immense auteur très peu connu en France qui n’a pourtant rien à envier à nos grands auteurs classiques.

Laissez-moi vous présenter Jacinto, un Portugais issu d’une famille fortunée qui a grandi et s’est installé à Paris, au 202 Champs-Elysées. Lorsque son ami d’enfance Zé Fernandes (le narrateur) lui rend visite, il est subjugué par ce qu’il découvre. L’appartement de Jacinto est un antre de savoir : des centaines de livres côtoient les inventions les plus modernes. Un passe-plat réfrigérant, un conférençophone…

Jacinto ne jure que par la ville et la modernité. Le moindre brin d’herbe lui fait perdre pied.
Zé Fernandes regarde son ami avec une curiosité bienveillante. Il est plus ému par les souvenirs de cuisine rustique de sa campagne portugaise que par la « soirée rose » jusque dans l’assiette de Jacinto, mais si son ami est heureux…

Mais Jacinto n’est pas heureux. La magnificence, la technologie, les mondanités ne comblent plus le vide qu’il sent monter en lui.
Les circonstances le poussent à se rendre sur ses terres portugaises. Et là, il revit.

La première partie parisienne a des allures de roman de Jules Verne dans le style de Flaubert. L’immersion dans le quotidien de Jacinto est raffinée, exquise et ingénieuse. Un bonheur de lecture.

Mais la suite, comment vous dire ! C’est un enchantement. Un ode à la nature. Nous prenons un plaisir fou à revenir aux sources de Jacinto, à la grande satisfaction de Zé Fernandes qui a toujours su où était la réelle valeur des choses.

C’était avec délices, avec un apaisant sentiment de stabilité récupérée, qu’il enfouissait ses grosses chaussures dans la terre meuble, comme dans son élément naturel et paternel : sans raison, il négligeait les chemins aisés, s’enfonçant dans un fouillis d’arbustes inextricable, caressant son visage à leurs tendres feuilles ; sur les hauteurs, il s’arrêtait, immobile, retenant mes gestes et presque mon haleine, pour s’imprégner tout entier de silence et de paix.

Je découvre la plume de J.M Eça de Queiroz et je suis conquise. C’est beau, enlevé, romanesque. Merveilleux.
Un immense coup de cœur que j’inscris dans le challenge Les Classiques c’est Fantastique de Moka et Fanny consacré en juillet à la littérature du bassin méditerranéen.

Chandeigne, 2019, ISBN 978-2-36732-181-3, 314 pages, 12€

5 réflexions au sujet de « « 202 Champs-Elysées » de J.M Eça de Queiroz »

  1. Mais pourquoi n’est-il pas plus connu en France ?????? Le thème de celui-ci est même avant-gardiste sur le retour aux sources, au bonheur d’une vie simple des thèmes qui me passionnent. Et puis après Les Maia lu pour le challenge ce sera le plaisir de m’installer dans une écriture et une histoire digne de ‘os plus grands auteurs 😉

    1. Plus j’avançais dans ma lecture, plus je me posais la même question que toi : pourquoi est-il si peu connu en France ? Ton enthousiasme pour Les Maia m’a aussi donné envie de plonger dans cette saga. Je ne doute pas que je vais adorer !

A vous les micros !

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