« Cottage des dunes » de Jean-Noël Cadoux

Des récits de guerre, on en a déjà lu pléthore. Mais chaque récit reste néanmoins le témoignage du vécu d’une personne, qui pourrait aussi bien être le tien ou le mien. C’est une histoire particulière, qui ressemble à mille autres et qui est pourtant unique. C’est ici l’histoire de Marius et Henriette, racontée par leur petit-fils, Jean-Noël Cadoux.

Même si Marius a vécu l’enfer des tranchées, c’est avant tout à Henriette que l’auteur rend hommage. Cette jeune femme malmenée par l’existence, qui a vécu sans l’amour d’une mère morte en couches et d’un père constamment absent, voit la tante qui l’a élevée mourir alors qu’elle n’a que vingt ans. Habituée à la solitude et à l’abandon, elle réserve tout son amour à l’homme de qui elle va tomber amoureuse au premier regard.

C’est aussi le coup de foudre pour Marius, né dans un cadre familial plus solide et établi. Mais nous sommes en 1914 et les rumeurs de guerre se font plus insistantes. Marius est en train de faire son service militaire et lui et Henriette se marient rapidement pour qu’elle puisse le rejoindre. Quatre mois plus tard, il est mobilisé, le jour de son anniversaire.

Jean-Noël Cadoux fait vivre mois après mois les tourments de l’un et de l’autre. Marius sur le front, les horreurs qu’il voit, l’avancée sur le terrain, passant de ville en ville, de ruines en ruines. Henriette qui attend une lettre rassurante, bien qu’elle sache lire entre les lignes qui lui disent de ne pas s’inquiéter.
Puis elle apprend qu’il est arrivé malheur à son bien-aimé. Il est grièvement blessé et ses jours sont peut-être comptés. Elle remuera ciel et terre, traversera le pays pour le retrouver.

A l’aide de photos d’archives qui nous permettent de nous sentir encore plus proches du couple, l’auteur parvient à communiquer l’atmosphère de cette période effroyable et à retranscrire le lien très fort qui unissait les amoureux. C’est un récit d’amour mais pas uniquement, il rend compte du quotidien de l’époque à la fois chez les civils et chez les soldats.

L’histoire se termine forcément bien puisque Jean-Noël Cadoux est là ; désireux de témoigner du parcours de son grand-père, sorti physiquement diminué de cette guerre, mentalement sauvé par un optimisme à toute épreuve et une épouse qui a déplacé des montagnes pour lui rappeler qu’il devait s’accrocher à la vie.

Merci aux Editions Fauves pour cette lecture aussi instructive qu’agréable.

Fauves Editions, 2021, 979-10-302-0380-6, 205 pages, 19€

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