« Tintin au Congo » d’Hergé

Je tenais à essayer de trouver une BD pour cette semaine consacrée au challenge Les classiques, c’est fantastique et je me suis souvenue que nous avions la collection des Tintin à la maison. J’en ai lu très peu (quatre je crois) et j’en garde un bon souvenir mais pas au point d’avoir envie d’en lire d’autres.

Mais puisque c’est une série culte et donc classique, j’ai choisi Tintin au Congo, le deuxième album, pour coller au thème de mai du voyage.

Je vais faire très bref parce que je n’ai rien à dire d’intéressant. Tout simplement parce que rien ne m’a intéressée. Et comme ce billet ne sera pas intéressant j’ai préféré le faire passer en dehors de notre rendez-vous du mercredi.
Donc, dans les grandes lignes :

Je voyais Tintin comme un journaliste naïf et altruiste (merci les dessins animés j’imagine), ici il est plutôt sûr de lui et pas vraiment sympathique. Quant à Milou, c’est une peste.

Tintin est là pour faire un reportage et un homme veut l’éliminer pendant son voyage. On ne sait pas trop pourquoi, et quand on apprend la raison ce n’est pas une idée géniale. Globalement il n’y a pas vraiment de fil conducteur, c’est davantage une suite de scènes.

On est beaucoup dans la caricature et je ne sais pas quelle était l’intention d’Hergé lorsqu’il a publié en 1960. Passe encore les tics de langage des Congolais même s’ils me semblent très exagérés, mais les Congolais paraissent niais et paresseux et c’est plus ennuyeux. Est-ce que c’était par conviction ? Pour coller à un état d’esprit colonialiste ? Pour grossir les traits simplement sans autre arrière-pensée ? Je suis sûre qu’en fouillant sur Internet j’aurais ma réponse mais à vrai dire, ça ne m’intéresse pas plus que cela.
RECTIFICATION IMPORTANTE : mon édition donne en première date 1960 mais en réalité, l’album a paru en 1931. Ce qui change pas mal le contexte (même si le propos reste gênant).

Les scènes de chasse au léopard ou à l’éléphant m’ont franchement horripilée, parce que même à l’époque, je pense qu’on avait un minimum conscience que, sans parler de la dimension écologique, tuer des animaux pour le plaisir c’est pas ce qu’il y a de mieux comme passe-temps.

Je n’ai adhéré à rien du tout dans cet album, sauf aux dessins qui sont de leur temps mais plutôt jolis.

J’aurais préféré publier ce billet hier et clore avec Tocqueville aujourd’hui, mais je n’avais pas envie de vous parler de Tintin au Congo le jour de mon anniversaire. Un humaniste curieux et passionné, c’était bien mieux 🙂

Casterman, 1982, ISBN 2-203-00101-1, 62 pages

22 réflexions au sujet de « « Tintin au Congo » d’Hergé »

  1. Cet album fait beaucoup de bruit en Belgique, tu penses bien… (En 1960 c’est la fin du Congo belge)
    Je n’ai jamais aimé Tintin mais ici c’est un peu une star nationale et quand on s’attaque à lui et à son dessinateur en remettant en cause certains des messages, ça peut faire mal.
    Soit.. je ne suis pas très étonnée que tu n’aies pas adhéré 🙂

      1. On déposera les armes autour d’une bonne bière belge, ça réchauffe les cœurs 🙂 Et si Fanny m’aide, l’armistice n’en sera que meilleur !

    1. Bruno dans les commentaires m’a fait remarquer que la première parution date de 1931, alors que mon édition parle de première publication en 1960, je me suis fait avoir. C’est de ma faute, j’aurais dû vérifier. J’imagine que c’est parce qu’en 1931 c’était en noir et blanc et qu’en 1960 il y avait la couleur. Ça change pas mal le contexte (même si le fond du sujet reste discutable)(euphémisme).

      Quand j’étais jeune lectrice j’avais Objectif Lune et De la Terre à la Lune et ça me plaisait beaucoup, je les ai lus plein de fois. Je ne jette pas tout dans Tintin, loin de là, mais il faut aussi dire quand il y a des messages borderline. Désolée la Belgique ! (que j’aime tant ❤ )

      1. Je ne veux pas non plus le jeter mais c’est le genre de bande dessinée à lire avec du recul et une compréhension historique. Lire Tintin sans lui trouver de défaut c’est dire oui à certaines idées sur le colonialisme, le racisme, la misogynie et autre…

        1. Tout à fait d’accord avec toi. On peut saluer l’œuvre d’Hergé, aimer Tintin et être fier de ce que ça représente dans le patrimoine belge tout en soulignant qu’il y a des choses qui sont discutables. Qui aime bien châtie bien comme on dit 😉

        2. Oui, je ne peux pas vous donner tort, Mespagesversicolores. Mais j’aimerais, comme je l’ai appris à mes enfants (Cause toujours , Papa !) et à mes petits-enfants, avoir en tête (et ce n’est pas Natiora qui me contredira ?) de toujours resituer un roman, un essai,un roman graphique, une bd dans le contexte de sa création.
          J’apprécie les personnes ( hélas, je n’en fais pas partie !!) qui savent voir, commenter et argumenter.
          Je ne peux que conseiller pour une meilleure approche de Hergé : la bio par Pierre Assouline, le « Dictionnaire amoureux » de l’incontournable Albert Algoud, ou l’édition maintenant introuvable (sauf à des prix astronomiques) des oeuvres de Hergé : avec la BD, plus le contexte historique au moment de la création, plus les multiples influences de Hergé au moment de la création de chaque épisode. Version « Noir et Blanc » et version colorisée.
          Passionnant !!
          Vous l’avez compris, je suis un Tintinophile mais j’aime et apprécie les personnes qui savent prendre du recul. Ce que je ne sais pas faire !

  2. J’ai lu pas mal de Tintin enfant mais j’avoue n’avoir aucune envie de les relire (et encore moins ce titre) ce qui n’est pas le cas pour la série Astérix dans laquelle je picorerais volontiers.
    Sinon au-delà de tout ça ton article m’a beaucoup fait rire ! (Pour tes remarques assurément plus drôles que cette lecture)

    1. Pareil, Astérix je ne m’en suis pas lassée. Mais Tintin, ça m’attirait déjà moins petite, et maintenant ça ne me parle plus du tout.
      Contente de t’avoir fait rire à défaut d’avoir proposé un beau voyage 😉

  3. Bonjour,
    Votre point de vue, comme toujours, est pertinent : c’est tellement rare que l’on n’aime pas Tintin et que l’on argumente. Merci pour ce billet.
    Mais j’aimerais apporté une petite précision : l’album ne date pas de 1960 (période de la décolonisation) mais a été publié en 1931 en version « Noir et Blanc » (sans jeu de mot) et en 1946 en version colorisée avec de minimes corrections dans le dessin : Les points de vue en 1931 et en 1960 peuvent être différents, non?
    Je profite de ce mot pour vous souhaiter, avec 24 h de retard, un bel anniversaire.

    1. Bonjour Bruno. Effectivement, la précision est très importante ! J’ai regardé la première mention d’édition de mon album et il était noté 1960, mais vous avez raison, je viens de vérifier et ce n’est pas la première édition. Je vais corriger mon article.
      Merci pour vos vœux d’anniversaire 🙂

  4. Mille excuses : je voulais signer mon mot par Bruno (je pense que vous vous souvenez mieux de moi avec mon prénom) et non pas « Leblanc ».

  5. Tintin éveille en moi des souvenirs de passages en bibliothèque enfant (j’habitais en face et même pour un court moment je venais y piocher des lectures et Tintin en faisait partie. Enfant on a pas toujours conscience de certains propos, illustrations d’où l’importance d’être vigilant (je ne parle pas des Martine fait la cuisine etc….) car à y penser maintenant cela semble incroyable et comment cela a pu conditionner tant de monde. Je n’ai jamais été tenté de les relire depuis. Astérix je n’ai jamais accroché (je n’ai pas été plongée dans la marmite cela vient peut-être de cela) et n’ai découvert que récemment la richesse de certaines BD et romans graphiques…. 🙂

    1. Ma maman m’a appris à lire avec l’album d’Astérix Le Grand Fossé. Ça créé des liens 😉 Je suis tout à fait d’accord avec toi, il y a des messages qu’on ne voit pas du tout enfant et c’est une chose à laquelle je suis déjà attentive avec mon aîné. Je ne lui enlève pas sa naïveté d’enfant, mais quand je le juge nécessaire j’oriente sa perception.
      Je trouve que l’univers graphique s’est largement développé et diversifié, tout le monde peut y trouver son bonheur. Il te reste encore plein de pépites à découvrir ❤

  6. Cet album est très particulier dans la série des Tintin. C’est celui qui fait polémique à cause de côté assez raciste. Mais il a été écrit dans un contexte social et politique où c’était quelque chose de normal. On était encore dans l’idée que l’homme blanc supérieur venait aider le peuple noir qui lui était inférieur. A la même époque on trouve de la littérature semblable, même des affiches publicitaires.
    Toutefois, Tintin reste un journaliste assez narcissique.
    Peut-être faudra t’il relire une autre aventure comme celui où il va sur la Lune car cet album est vu comme novateur.

A vous les micros !

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