« Penss et les plis du monde » de Jérémie Moreau

Après avoir découvert avec grand plaisir l’univers de Jérémie Moreau avec l’album Grimr, j’ai voulu continué sur ma lancée en lisant Penss et les plis du monde.

Penss est un jeune homme contemplatif. Au lieu d’aller chasser avec les hommes de sa tribu, de participer à la vie en collectivité, il passe son temps à admirer la nature, à regarder ce qu’il y a à côté de ses pieds au lieu de scruter l’horizon. Il se laisse distraire par une plante, une petite bête : par tout ce que la nature offre en spectacle. Sa mère vieillissante l’exhorte à imiter les autres, car chaque individu est important dans ces tribus des temps préhistoriques. Et lorsqu’ils doivent partir comme les oiseaux migrateurs rejoindre des contrées plus chaudes à l’approche de l’hiver, il se perd et lui et sa mère se trouvent seuls au monde, coincés dans le blanc de la neige. Jusqu’à ce que la rudesse de l’hiver vienne à bout des forces de la vieille femme et que Penss doive manger son cadavre pour survivre.

C’est décidé. Plus jamais il ne veut connaître un tel écueil. Plus personne ne mourra de faim. Les connaissances qu’il a accumulées en observant la nature, il va les mettre à profit pour créer un jardin aux multiples fruits.

D’emblée, étant moi-même capable de regarder longtemps le travail des fourmis ou de m’asseoir à la fenêtre pour observer les oiseaux, j’ai été sensible à la personnalité de Penss. J’ai été touchée par l’ode à la nature qui se dégage de l’album et par le message qui veut qu’on a beau essayer de la dompter, même si elle est conciliante et nous accorde ses bienfaits, c’est tout de même elle qui décide au final.
Le bouleversement qui arrive dans la vie de Penss, à savoir une tribu qui débarque et avec laquelle il va devoir collaborer, est aussi intéressant. Penss le solitaire va devoir enseigner son savoir et apprendre à partager. Les choses ne vont pas être faciles car Penss n’est pas habitué à penser « collectivité ». Mais quelque chose va se passer qui va le mettre face à ses responsabilités.

Alors pourquoi, malgré tous ces bons points, je reste mitigée face à cette lecture ? Parce que Penss est trop contemplatif ? Pas assez soucieux des autres ? Parce que l’histoire souffre selon moi de longueurs qui m’ont donné envie d’accélérer ma lecture pour ne pas avoir le temps de m’ennuyer ? Un peu de tout cela. Au début je me suis identifiée à Penss, et puis je m’en suis détachée, jusqu’à ne plus l’apprécier.

Les planches sont de la même trempe que Grimr, je n’ai donc aucun grief à formuler de ce côté là, ça me plaît toujours. Pour le reste c’est dommage, j’aurais aimé être plus sensible à l’histoire proposée par Jérémie Moreau mais il m’a manqué quelque chose…

Delcourt, 2019, 978-2-413-01351-8, 229 pages, 25.95€

C’est Noukette qui nous accueille aujourd’hui.

25 réflexions au sujet de « « Penss et les plis du monde » de Jérémie Moreau »

  1. J’ai la saga de Grimr sur mes étagères, je vais commencer par là avant de tenter celui-ci. En espérant qu’il me plaise davantage qu’à toi 😉

    1. Je n’ai pas encore lu le Singe de Hartlepool mais c’est prévu. Un jour. Quant à La saga de Grimr, c’était un coup de coeur. C’est pour ça que j’attendais beaucoup (trop) de Penss.

A vous les micros !

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