« Basil » de W. Wilkie Collins

Je n’ai jamais lu Wilkie Collins, et je n’étais pas partie pour participer au challenge A year in England de Lou, Cryssilda et Titine mais l’enthousiasme de George m’a donné envie de revoir ma position. A la base le challenge s’appelle Le mois anglais et se déroule en juin, mais pour les 10 ans, le trio de lectrices nous propose une année de rendez-vous. Pourquoi pas y participer ponctuellement ?

Le programme est le suivant :

  • Février : Un roman victorien
  • Mars : Un roman policier
  • Avril : Un roman de Jonathan Coe
  • Mai : Anti-Brexit
  • Juin : Le Mois anglais
  • Juillet : Voyages en Angleterre
  • Août : A la mer
  • Septembre : Un roman jeunesse
  • Octobre : Plumes féminines
  • Novembre : Du roman à l’écran
  • Décembre : Un Noël anglais

Je ne sais plus ce que j’ai lu ni où, mais j’avais compris que le thème du mois de février était un roman de Wilkie Collins. J’ai donc cherché un livre de cet auteur qui colle en même temps avec notre thème sur l’amour pour le challenge Les classiques c’est fantastique de Moka et Fanny. Et j’ai trouvé Basil !

Basil est un jeune homme de très bonne famille. Leur mère est morte mais il vit avec son père, un homme affable mais très fier de sa condition et sa sœur Clara, la bonté même, qu’il chérit de tout son cœur. L’aîné, Ralph, a beaucoup déçu. C’est un noceur, joueur, qui ne se comporte pas comme on s’attendrait du futur héritier de la famille. L’honneur repose maintenant sur Basil.

En se promenant à Londres, il tombe sur une jeune femme d’une beauté époustouflante. C’est le coup de foudre. Il la suit, repère sa demeure, se renseigne, puis toque à la porte pour ouvrir son cœur et la demander en mariage. Tout cela semble précipité, ne trouvez-vous pas ? C’est aussi l’avis du père, un homme d’affaires et commerçant, pas du tout du même rang que la famille de Basil. Celui-ci sait que son père réprouvera cette union, mais qu’importe. Il est trop amoureux pour y voir un obstacle. Mr Sherwin, en revanche, estime qu’il faut d’abord que sa fille Margaret mûrisse un peu, elle n’a que 17 ans. Il propose à Basil de l’épouser en secret, ainsi il saura qu’elle est lui est destinée, mais il devra attendre un an avant que le mariage ne soit annoncé officiellement, le temps de former sa personne. En attendant, Basil pourra rendre visite à Margaret autant qu’il le souhaitera.

Aussitôt le marché conclu, Basil comprend qu’il n’aurait jamais dû accepter. Le voilà obligé de mentir à son père et à sa chère sœur, tout cela pour ne jamais se retrouver seul avec son épouse ni avoir le droit de l’accompagner lors des soirées mondaines, où elle ne doit pas refuser de se laisser courtiser puisque personne ne doit savoir qu’elle est mariée. Dans quel pétrin s’est-il fourré !

D’autant plus que certains évènements lui mettent la puce à l’oreille quant à la vraie personnalité de Margaret. Est-elle vraiment la jeune fille pure et innocente qu’il croit avoir épousé ? Le comportement de sa mère, Mrs Sherwin, semble lui donner raison. Elle n’est pas à l’aise, les regarde d’un drôle d’air. Et cet homme, le bras droit de Mr Sherwin, qui est tout le temps dans les parages, qui reste impénétrable en toutes circonstances…

L’histoire se présente sous forme de confession, à laquelle se livre Basil pour témoigner de son désespoir. Nous savons donc d’office que cette histoire d’amour se termine mal. Le comment du pourquoi se révélera à nous au fur et à mesure.

C’est le deuxième roman de Wilkie Collins, et je n’aurais pas dû commencer par celui-ci. C’est long, avec des passages vraiment très, très longs. J’ai tenu bon mais l’épilogue, la partie la moins intéressante, qui intervient encore après le dénouement, a eu raison de ma patience. L’histoire n’est pas mal, la psychologie des personnages est intéressante, surtout leur double-jeu. J’ai aussi aimé suivre les tumultes de Basil, pris entre deux feux, celui de l’amour et celui de la loyauté familiale.
Les deux personnages féminins sont aussi intéressants, diamétralement opposée. Clara la sœur d’une fidélité sans faille à son frère, d’une naïveté agaçante mais au coeur si grand qu’on lui passe ce défaut. Margaret est tout l’inverse, manipulatrice, cupide, fausse… Pauvre Basil !

Un autre aspect que j’ai aimé : les éléments gothiques. L’orage, la pluie, les rues sombres, la mélancolie, la mort qui rôde… Et puis c’est l’époque victorienne, qui n’aime pas cette période ? Londres avec ses rues pavées, le bruit des calèches, le fog, la maison de campagne pour l’été. J’ai vu plus de films que lu de romans de cette période et c’est quelque chose que je dois rattraper.

Le style de Wilkie Collins ne m’a pas déplu, je ne suis pas du tout réfractaire à le relire. Pour une première fois ce n’est pas une grande réussite, sans être un échec pour autant. J’espère simplement que les autres intrigues seront plus captivantes et qu’il n’y aura pas de digressions à foison.

Pour conclure, je laisse la parole à Mr Mannion, le bras-droit de Mr Sherwin :

[…] je veux vous rendre cette justice : votre amour pour cette jeune fille était tel que même la plus pure et la meilleure d’entre les femmes ne fût jamais parvenue à le mériter.

Phébus, 2001, ISBN 978-2-85940-769-3, 353 pages

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A vous les micros !

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