« Ta deuxième vie commence quand tu comprends que tu n’en as qu’une » de Lylian & Sophie Ruffieux

Si ce titre vous dit quelque chose, c’est que cet album est l’adaptation du roman de Raphaëlle Giordano, qui a connu un succès phénoménal. A ma connaissance, c’est la première fois qu’un livre était à la fois un roman et un guide de développement personnel.

Cela commence par un embouteillage. Camille rentre chez elle après le travail et choisit de prendre la première sortie pour tenter les petites routes. Manque de chance, elle finit dans un fossé (sans mal) et faute de réseau, va sonner à la porte de la première maison qu’elle rencontre. C’est Claude qui lui ouvre, un homme d’une cinquantaine d’années. Lui et sa femme l’accueillent aimablement et lui proposent d’attendre le dépanneur autour d’une tasse de thé. Ces marques de gentillesse font craquer Camille. Ses nerfs lâchent et elle se confie naturellement : la fatigue, la pression au travail, les tâches quotidiennes à la maison…
Elle ne pouvait pas mieux tomber car Claude est routinologue : il accompagne les gens sur la voie du bonheur en leur permettant de se recentrer sur leurs aspirations et de l’acceptation de soi.

Dubitative, Camille rentre chez elle avec la carte de visite de Claude sans penser qu’elle le contactera. Et puis finalement…

Cet album retrace donc le parcours de Camille du point de départ jusqu’à la ligne d’arrivée. Claude va lui prodiguer des conseils mais surtout, lui enseigner des techniques pour améliorer son quotidien et lui montrer une façon de voir les choses différente. Voir le verre à moitié plein plutôt qu’à moitié vide, mettre en relief le beau plutôt que de ne voir que le laid, faire jaillir des étincelles dans la routine.

Je me souviens que dans le roman, les chapitres sont découpés en fonction des techniques, qui apparaissent en gras pour sauter aux yeux quand on veut retrouver le passage et se retrouvent dans un lexique à la fin. C’était à cela qu’on voyait qu’on avait aussi affaire à un livre de développement personnel. Dans cet album on ne retrouve pas ce découpage, qui s’avérerait en effet superflu dans la mesure où il suffit de parcourir les planches pour retrouver ce qu’on cherche. On a ainsi plus l’impression d’avoir entre les mains une BD feel-good qu’un guide.

En ce qui concerne l’histoire elle-même, je suis aussi convaincue que pour le roman original. Camille est une jeune femme comme beaucoup d’autres, avec un mari légèrement old-school (femme à la cuisine, pieds sur la table) et un garçon fan de jeux vidéos. Elle essaie de jongler entre vie d’employée, vie de maman et vie d’épouse mais arrive un moment où elle pète un câble. Elle se sent dépassée, dévalorisée, perd confiance en elle, sent qu’elle a perdu de vue le sens qu’elle voulait donner à sa vie. Et c’est là que Claude intervient en lui donnant toutes ces pistes qui vont lui permettre de s’aimer à nouveau et de lui donner l’élan pour écouter ses envies.

Ce qui me plaît, c’est que ces conseils sont tout à fait accessibles à tous. Les moyens utilisés par Claude sont parfois grandiloquents (cours de plongée, montgolfière…) mais c’est une fiction, il faut bien rêver un peu. On peut en revanche facilement s’approprier les techniques elles-mêmes (l’ancrage, la méthode SMART, le carnet de route, la modélisation… ) qui sont du simple bon sens pourvu qu’on se pose les bonnes questions, ce qui n’est pas toujours facile. Il y a aussi l’idée que ce n’est pas forcément de la faute des autres si les choses ne vont pas comme on veut. Entendez par là que son mari n’est pas si rustre que ça 😉

Il fallait accompagner cette ambiance feel-good de jolis dessins sur ces 200 pages, et le pari est réussi pour Sophie Ruffieux qui nous embarque aux côtés d’une Camille pétillante dans des planches girly. Je me sentais bien dans cet univers et de relire ces conseils, techniques et pensées pertinentes m’a redonné du peps et de la gnaque.

Une adaptation au top.

Soleil, 2020, ISBN 978-2-302-08318-9, 203 pages, 21.50€

On se donne rendez-vous chez Stephie pour découvrir les propositions des copains…

39 réflexions au sujet de « « Ta deuxième vie commence quand tu comprends que tu n’en as qu’une » de Lylian & Sophie Ruffieux »

  1. Je suis totalement réfractaire aux livres de développement personnel et pas du tout cliente des romans feel good alors le livre ne me tente absolument pas mais je tenterai peut-être la BD si l’occasion se présente !

    1. Si tu es totalement réfractaire, n’essaye même pas, ça ne te plaira pas. Il y a tant d’autres livres faits pour toi, ne perds pas ton temps avec celui-ci.

  2. Je vais d’abord lire le roman qui m’attend depuis plusieurs années (arf, déjà !) avant de lire la BD. Ce que tu en dis me parle totalement, c’est LE moment !

  3. J’ai trouvé la BD encore pire que le roman… les mêmes grosses ficelles. Et j’ai eu l’impression de différences, notamment sur la fin. Mais comme j’ai lu le bouquin à sa sortie, pas certaine de ne pas mélanger avec d’autres trucs 😉

    1. Ce que j’ai bien aimé justement ce sont les grosses ficelles. Ça me parle plus que les ouvrages de psycho plus complexes, que je ne lis de toutes façons pas 😅

    1. J’en lis aussi rarement mais comme j’étais libraire à l’époque où on parlait beaucoup du roman j’ai voulu voir de quoi il était question. Et j’ai trouvé que c’était très bien fichu pour les néophytes en matière de développement personnel. La BD reste bien dans l’esprit.

  4. J’ai aimé les conseils en développement personnel du roman moins l’histoire. Me les remettre en mémoire ne me ferait pas de mal quand même. Peut-être que la BD passerait mieux. Je note. 🙂

  5. Cet album m’a tapé dans l’œil : je suis très tentée. Je viens de finir Kilomètre zéro de Maud Ankaoua qui doit être de la même veine : une histoire qui sert essentiellement de support à des conseils de développement personnel. Il faut que je le découvre.

  6. Hello, toujours pas lu ce best-seller mais pourquoi pas cette adaptation en BD ? Côté romans « de développement personnel », Raphaëlle Giordano est loin d’être la première. En français, des auteurs comme Laurent Gounelle par exemple en écrivent depuis longtemps. Et je ne parle même pas des anglophones !

    1. Il y en a pléthore, c’est sûr ! Ces lectures ont leurs bienfaits mais j’en lis très peu. Je m’étais laissé tenter pour savoir de quoi je parlais quand je le vendais et c’est vrai que je l’ai trouvé très pertinent. Le BD est au diapason.

A vous les micros !

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