« La saga de Grimr » de Jérémie Moreau

La saga de Grimr, Fauve d’or 2018, est un album que j’ai vu passer maintes fois chez les copains BD de la semaine et que je n’avais pas encore pris le temps de découvrir. Pourtant, avec des mots clefs tels que Islande, saga historique, quête d’identité, je savais que cette histoire était pour moi.

Nous sommes au 18è siècle et l’île est sous l’emprise du Danemark. Les Danois extorquent les ressources des Islandais et maintiennent les habitants sous leur pouvoir.
Dans cette Islande soumise un jeune garçon sort du lot : Grimr. Il est orphelin, fils de celui qu’il appelait simplement papa, donc fils de personne dans ce pays où la filiation est ce qui définit un homme.

Être orphelin en Islande, je ne souhaiterais pas ça même à mon pire ennemi.

Mais il est fort comme un bœuf, et cela attire l’attention de Vigmar le Valeureux (le Voleur en réalité), un marginal. Il décide de le prendre sous son aile et de lui inculquer les valeurs d’un Islandais. C’est lui qui va aider Grimr a poser les fondations de son existence en commençant par lui donner un nom : Grimr Enginsson, c’est-à-dire Grimr fils de personne.

S’il y a une chose d’immortelle en ce monde, s’il y a une chose qui reste après ton existence, Grimr, c’est ta réputation.

Vigmar l’initie aux récits nordiques, les fameuses sagas, faits de héros braves et charismatiques. Grimr, avec sa force et son courage, pourrait bien rejoindre les rangs de ces personnalités emblématiques. Mais pour cela, il a encore besoin du soutien de son ami Vigmar, qui lui apporte la réflexion et la patience et contrebalance la fougue et l’impulsivité du jeune homme. Jusqu’à ce que le destin décide qu’il est temps que Grimr forge sa réputation seul.

Il trouvera ensuite une place auprès de gens pauvres, comme tous les Islandais à l’époque. Il se rapprochera de la famille qui vit en haut d’une colline, isolée du village, protégée et maudite à la fois par Korl le Coléreux, qui empêche les hommes de s’approcher des femmes de la ferme.
Il leur fait la promesse de vaincre Korl le Coléreux. Il sait qu’il rentrera dans la légende.

Jamais on n’oubliera Grimr Ensinsson, car mon nom résonnera à travers les siècles !

Plus que jamais, il est déterminé à démontrer sa valeur, quitte à effleurer l’amour et à subir l’injustice. Sans ressentiment, il compte prouver aux yeux de tous de quoi il est capable.

J’aime beaucoup lire des bandes dessinées telles que celles-ci, qui dans leur construction sont proches du roman. La saga de Grimr est une immersion totale dans d’autres temps, d’autres lieux, d’autres mœurs, proches de ce qui a vraiment existé, mais avec cette dimension romanesque et poétique qui apportent le souffle épique propres aux légendes. On se laisse porter par le destin exceptionnel de Grimr, partageant ses pertes de repères, ses déceptions, et la quête de son identité. Jusqu’au dénouement puissant, d’une beauté à couper le souffle.
Les planches de Jérémie Moreau suivent le mouvement, les couleurs sont froides, les traits rugueux. Pas ce que je préfère mais tellement en accord avec l’ambiance et le décor qu’il n’en fallait pas d’autres.

C’est un très bel album, qui suscite de nombreuses émotions fortes, et dont on sort ému. Un coup de cœur !

Éditions Delcourt, 2017, ISBN 978-2-7560-8064-2, 231 pages, 25.50€

Chez Noukette cette semaine

24 réflexions au sujet de « « La saga de Grimr » de Jérémie Moreau »

  1. Moi aussi, la couverture m’avait repoussée un temps… Mais au final, une belle découverte et un joli voyage dans des contrées lointaines…

A vous les micros !

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