« Modeste Mignon » de Honoré de Balzac

Nouveau mois, nouveau thème pour le challenge de Moka et Fanny, Les classiques c’est fantastique. Nous nous intéressons cette fois à Balzac et Flaubert, deux monuments de la littérature française.

Pour honorer le challenge, j’ai procédé à la technique de la pioche. Je savais où étaient rangés mes romans de Balzac et de Flaubert dans ma bibliothèque : j’en ai tiré un au hasard. Et c’est tombé sur Modeste Mignon de Balzac.

Modeste est une jeune femme qui vit à Ingouville. Cette petite commune en surplomb du Havre domine la grande ville et la Seine. Les bourgeois s’y sont petit à petit installés et c’est là que son père s’est établi, dans une belle demeure, dans le jardin de laquelle il a fait batir un chalet pour son fidèle ami Dumay. Par un revers de fortune, le père Mignon a dû revendre la maison et est parti de l’autre côté de l’Atlantique se refaire. Il a laissé en France son épouse et deux filles. L’une des filles est morte d’un chagrin d’amour, la deuxième (Modeste, donc) habite avec sa mère dans le chalet de Dumay et de sa femme.
Le couple connait les Mignon depuis très longtemps et leur doit beaucoup. Ils traitent d’ailleurs Modeste comme leur propre fille. Et c’est avec un oeil protecteur et défiant qu’ils se doutent que la jeune femme a trouvé quelqu’un pour égayer son coeur…
Ce qui n’est pas vu d’un bon oeil du tout ! Car Modeste doit assurer la renommée de la maison Mignon et trouver un bon parti. De plus, hors de question qu’elle donne son coeur à un homme sans obtenir au préalable l’aval de son père.

Pourtant, les Dumay et Madame Mignon ont vu juste. Modeste est amoureuse. D’un poète, Canalis. Qui a bien reçu sa lettre, mais il en reçoit tant, il croule sous les prétendantes, qu’il ne s’en soucie guère. Contrairement à son secrétaire particulier, La Brière, qui entreprend de répondre à la jeune femme en se faisant passer pour Canalis. S’engage alors une relation épistolaire au cours de laquelle les deux jeunes gens vont tomber amoureux. Mais évidemment, Modeste ne se doute pas que ce n’est pas Canalis, le grand poète, qui lui écrit…

Le roman va tourner au vaudeville. Car Canalis va apprendre que la provinciale Modeste est supposée hériter d’une belle fortune. Il se met donc sur les rangs pour gagner son coeur, aux côtés de La Brière et d’un duc qui aimerait bien aussi conquérir la belle. Lequel des trois va remporter la bataille ?

J’aime beaucoup les romans de Balzac, que je trouve puissants et formidablement écrits. Il sait sonder l’âme humaine et il y a une dimension tragique dans tout ce que j’ai lu de lui (Le père Goriot, Le colonel Chabert, Eugénie Grandet, Le Lys dans la vallée). C’est donc avec surprise mais non sans déplaisir que j’ai découvert un roman plus léger, avec un trio comique manipulé par une Modeste qui ne l’est pas tant que ça. Elle a même un petit côté peste prétentieuse quand elle est piquée qui m’a fait sourire.

Pour ceux qui aiment aller plus loin dans la lecture d’une oeuvre, Anne-Marie Meininger précise dans la préface de cette édition que Balzac a écrit ce roman de retour de Saint-Pétersbourg, auprès de sa bien-aimée Mme Hanska, qu’on peut retrouver sous les traits de Modeste. L’entourage de la Polonaise serait aussi repérable dans le roman.

Ce n’est pas le roman le plus marquant de Balzac mais j’ai beaucoup apprécié cette lecture, qui sous ses airs de comédie aborde de nombreux thèmes intéressants : l’univers mondain des artistes, la gloire et la faillite, le monde des affaires… S’y glissent également certaines piques bien senties éclairées par les notes en fin d’ouvrage.

Un roman de Balzac c’est toujours un plaisir et je suis contente d’avoir eu l’occasion d’en sortir un nouveau de ma bibliothèque à lire.

On se retrouve chez Moka et Fanny ?

Folio, 1982, ISBN 978-2-07-037360-6

4 réflexions au sujet de « « Modeste Mignon » de Honoré de Balzac »

  1. J’aime beaucoup cette technique de la pioche! J’ai tellement de titres qui me font envie pour le prochain thème que je vais procéder de la même manière que toi pour faire mes choix.
    Pour en revenir à ce texte, je le découvre avec ta chronique. (Je connais moins bien Balzac que Zola…) Je suis aussi très tentée par Le Lys dans la Vallée.
    Tout ça pour dire que je suis loin d’en avoir fini avec Honoré.

  2. Je ne connaissais que le titre, et pas du tout le pitch, et ça pourrait bien me plaire. J’aime aussi beaucoup le coup de la pioche, qu’il est très tentant d’appliquer 🙂

A vous les micros !

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