« Les bâtisseurs du vent » d’Aly Deminne

Dans le Vhan, le quartier isolé de la ville où les pauvres gens sont rassemblés, toutes les nationalités cohabitent dans une joyeuse entente. Tous ont quitté leur pays d’origine dans l’espoir d’une vie meilleure : des Italiens, des nord-africains, des Irlandais, des Français… Et Andreï Voronov, qui est arrivé ici (vraisemblablement en Belgique) de Pologne avec son père. Ce dernier lui a appris à exercer le même métier que lui : bâtisseur. Andrei est maintenant adulte, son père est décédé, et il vit de ses mains, avec lesquelles il sait à peu près tout faire.

Lorsqu’une nuit de tempête la foudre frappe l’église, détruisant ainsi une partie de l’édifice, toute la ville est en émoi. Il faut absolument reconstruire ! Tous les administrés sont d’accord sur le principe. Mais pour mettre la main à la poche, c’est une autre histoire. Le bourgmestre n’étant ni le plus philantrope ni le plus honnête des habitants trouve une combine : Andreï devra gratuitement rebâtir l’église avant Paques. S’il y parvient, tous les logeants immigrés du Vhan se verront accorder la propriété de leur habitation. S’il échoue, ils devront tous partir.

C’est alors que la solidarité des pauvres gens du Vhan entre en jeu. Pas question de laisser Andreï assurer à lui seul la reconstuction de l’église. Et pas question de donnerau bourgmestre la satisfaction d’échouer. Tous se retroussent les manches et participent au chantier.

Si vous avez envie d’un roman feel-good, qui met en avant la solidarité et les relations humaines chaleureuses et sincères, Les bâtisseurs du vent est fait pour vous. C’est une histoire très plaisante, avec des personnages attachants et drôles, qu’on aimerait tous avoir pour voisins. Ca rit, ça se chamaille gentiment, ça séduit, ça apprend des langues, les enfants courent et jouent, les adultes se sourient et se souviennent… Y règne une atmosphère douce bienvenue.
Les deux citations sur la quatrième de couverture évoquent un conte et c’est à cela qu’il faut s’attendre, car le récit est manichéen. Les gentils pauvres immigrés contre les méchants autochtones aisés, qui sont cupides, malhonnêtes et xénophobes. C’est complètement caricatural mais si on accepte le parti pris d’Aly Deminne pour son histoire, la lecture est agréable, avec des rebondissements inattendus qui rythment efficacement le récit.
Mon seul bémol concerne la sous-intrigue liée au curé Emmanuel, qui n’est pas développée jusqu’au bout et abandonnée trop rapidement, alors qu’on aurait pensé qu’elle allait occuper une grande place dans le roman.

En résumé, Les bâtisseurs du vent fera passer un très bon moment aux lecteurs qui ont envie d’une parenthèse de bienveillance pour s’évader du quotidien. Un peu de douceur ne peut pas faire de mal…

J‘ai Lu, 2020, ISBN 978-2-290-21963-8, 287 pages, 7.20€

Chronique rédigée pour Les Chroniques de l’imaginaire

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