« Les chevaliers du Christ, La trilogie des Templiers – Tome 1 » de Jack Whyte

Pour qui aime le Moyen-Âge, la période des Templiers est passionnante et riche d’éléments romanesques. Elle évoque les croisades, la guerre à des fins religieuses, la chrétienté, le dépaysement dans des contrées lointaines… Il y a là matière à produire une épopée exaltante, ce que Jack Whyte a su tricoter avec talent. 

Son ambition était de développer sa trilogie en partant des origines de l’ordre des Templiers. Le deuxième tome serait consacré à l’installation d’une armée permanente en Terre sainte contre les Sarrasins. Et le dernier, à l’effondrement soudain de l’Ordre.

Mais commençons par le commencement avec ce premier tome, qui déroule comment l’Ordre a pu voir le jour. Et pour cela nous suivons Hugues de Payns, connu pour en être le fondateur. En 1088, alors qu’il n’a que dix-huit ans, Hugues se voit introduit au sein d’une société secrète. Une confrérie chrétienne qui porte une voix dissidente de l’Eglise officielle, dirigée par le Pape. 
Hugues est amené à partir en Terre Sainte aux côtés d’autres chevaliers pour défendre au nom de l’Eglise ce territoire menacé par les Sarrasins. Les massacres auxquels il assiste le traumatisent. Il n’a jamais souhaité toute cette violence. 
Il fonde alors un ordre de moines guerriers, les chevaliers du Christ, faisant vœu de pauvreté, de chasteté et d’obéissance. Mais cette milice n’en gardait pas moins ses capacités militaires et avait pour mission de défendre les pèlerins sur la route de Jérusalem contre les brigands et tribus belliqueuses qui les menaçaient.

Cette milice était respectée, car efficace et nécessaire. Les moines accomplissaient leur mission sans gêner quiconque. 
Puis leur objectif a suivi une nouvelle trajectoire. Ils étaient désormais en charge de déterrer le trésor caché dans Jérusalem, sous le temple de Salomon. Un trésor susceptible de changer le cours de l’histoire.

Le résumé de l’histoire est riche de promesses, largement tenues. Ce qu’on pourrait raconter dans les grandes lignes est dans le roman minutieusement développé et détaillé, fouillé. Jack Whyte a su donner beaucoup de profondeur et d’intérêt à l’histoire de l’origine des Templiers, n’ayant pas peur de remonter aux jeunes années de Hugues de Payns pour l’accompagner jusqu’à ses quarante ans, avec quelques trous qui ne nécessitaient pas d’emphase. L’intrigue très riche nous emmène au cœur de Jérusalem, dans une époque troublée et lointaine que l’auteur parvient à restituer. 
On y croise de nombreux personnages dignes d’intérêt, dont une jeune princesse débauchée au rôle majeur. Et surtout, Stephen St. Clair, un jeune homme attachant, membre de la confrérie, qui sera au centre d’une sous-intrigue étonnante.

Je serais bien incapable de discerner le vrai du faux dans l’Histoire telle que la raconte Jack Whyte, mais j’ai lu avec beaucoup d’intérêt les idées (réelles ou supposées ?) de la confrérie secrète qui attribue un frère à Jésus et donne à ce dernier un rôle davantage politique que religieux. Entre autres particularités. La théorie selon laquelle l’Eglise a toujours tout fait pour cacher la réalité historique et l’accommoder à son avantage est séduisante et fort bien exposée.

Ce premier tome est une réussite. On y trouve tout ce qu’on en attendait et encore davantage, servi par une écriture habile et talentueuse. Il ne reste plus qu’à découvrir la suite, diablement prometteuse.

Bragelonne, 2020, ISBN 979-10-281-0311-8, 720 pages, 8.90€

Chronique rédigée pour Les Chroniques de l’Imaginaire

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