« Le Tartuffe » de Molière

Ce mois-ci, le challenge Les Classiques c’est fantastique de Moka et Fanny nous emmène au théâtre.

Clairement, le théâtre lu, ce n’est pas ce vers quoi je me tourne spontanément. Pour moi c’est en quelque sorte une oeuvre inaboutie, puisque son achèvement passe par sa mise en scène avec des comédiens. Je mets ça sur le même plan qu’un scénario de cinéma. Mais l’avantage du film, c’est qu’on peut y avoir accès très facilement. Alors que le théâtre, si on ne le lit pas, on risque de passer à côté éternellement.

Après cette digression, je reviens à nos moutons. J’ai choisi Molière parce que c’est un (le ?) grand classique du théâtre français, et que je n’ai lu de lui que L’avare et Les fourberies de Scapin, au collège. Ca remonte. J’avais aussi du théâtre tragique dans ma PAL mais je n’étais pas d’humeur.
J’ai la chance d’avoir dans ma bibliothèque une intégrale qui date des années d’études de mon père, une édition que j’adore et que je lui ai demandée il y a peu.

J’ai ouvert une page au hasard et je suis tombée sur Le Tartuffe.

Molière s’est fait attaquer par le clergé pour cette oeuvre. L’humour et la religion c’est comme l’huile et l’eau, impossible de mélanger les deux.

Les marquis, les précieuses, les cocus et les médecins, ont souffert doucement qu’on les ait représentés, et ils ont fait semblant de se divertir, avec tout le monde, des peintures que l’on a faites d’eux ; mais les hypocrites n’ont point entendu raillerie.

Les hypocrites étant les religieux….
Tartuffe est un dévot qui a réussi à rentrer dans la demeure d’Orgon et à gagner son âme. Il lui sert des discours religieux, lui ouvre soi-disant les yeux, et petit à petit a si bien fait son trou qu’il est le frère chéri d’Orgon. La scène IV de l’acte I est d’ailleurs désopilante. Orgon revient après quelques jours d’absence et Dorine, la servante, lui raconte que son épouse a été bien malade. A chacune de ses paroles, Orgon demande « Et Tartuffe ? ». Lui ma foi va très bien, il mange, dort, se repose : la belle vie ! Et chaque fois Orgon répond « Le pauvre homme ! ». Le monde à l’envers !

L’affaire se corse lorsque Orgon décide de marier sa fille à Tartuffe, alors qu’elle est promise à Valère. C’est la goutte d’eau qui fait déborder le vase. D’autant plus qu’il s’avère que Tartuffe, loin d’être choqué par ce sein qu’il ne saurait voir, a des vues sur l’épouse d’Orgon et ne se prive pas de le lui dire. Ce qui le mènera à sa perte !

J’ai bien aimé l’histoire, qui reste assez simple puisqu’on respecte les trois unités de temps, de lieu et d’action du théâtre classique. Mais le réel intérêt de la pièce, c’est l’esprit de Molière particulièrement pertinent, audacieux et brillant. J’ai relevé quelques piques savoureuses à l’égard de l’Eglise et je comprends que les autorités lui soient tombées dessus. On peut faire toute une analyse bien plus complète de cette pièce, mais d’autres ont déjà fait ça beaucoup mieux que moi, je leur laisse ce privilège.

Je mentirais en disant que ça me donne envie de me précipiter sur tout son répertoire. Mais j’ai passé un bon moment, j’ai souri, beaucoup, et éclaté de rire, souvent. J’espère que plus tard mes garçons auront envie d’assister à des représentations avec moi, ça doit être sacrément sympa de voir les scènes prendre vie sous nos yeux.  

Il ne nous reste plus qu’à découvrir les pièces choisies par Moka, Fanny et les autres participant(e)s…

 

9 réflexions au sujet de « « Le Tartuffe » de Molière »

  1. Quelle belle édition en effet!
    J’ai lu le Tartuffe en secondaire et notre professeur de français nous avait fait visionner cette pièce avec Philippe Torreton, une vraie claque!

  2. Ce n’est pas le Molière le plus accessible mais j’ai toujours été sensible à ce personnage insupportable et menteur. Quel fourbe que ce Tartuffe ! Excellent choix que tu as fait là. (Et je confirme pour LE dramaturge français. Avec Racine peut-être à mes yeux, assurément moins populaire que Molière.)

    1. Je suis contente d’avoir fait connaissance avec ce personnage culte. On dit de quelqu’un que c’est un Tartuffe mais comment comprendre réellement ce que cela veut dire sans avoir lu la pièce ? Il me reste maintenant à découvrir M. Jourdain, Don Juan, Sganarelle….

A vous les micros !

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