« Loin de l’île » d’Yvan Landis

Un commercial rentre chez lui, à La Réunion, après un voyage d’affaires en Chine. Problème : il a transporté avec lui, sans le savoir, un virus très contagieux qui va vite se répandre sur l’île.
Ca vous dit quelque chose ?
Sacré coup de pub pour Yvan Landis, un auteur inconnu, qui décrit une situation qui trouve de sérieux échos dans notre actualité.

Et il a eu le nez creux (ou bien informé, ce qui est encore mieux puisque cela démontre un minimum de recherche sur le sujet). Le commercial, David Tannas, n’a aucun symptôme. C’est un porteur sain. Mais le garçon qu’il a aidé à l’aéroport réagit bien différement au virus. Car ici, les malades deviennent carrément des zombies. Mais des zombies vivants, puisqu’ils sont seulement malades, qu’ils ont des pertes de connaissance et peuvent encore parler.Tout du moins au début de la maladie. Car après… on ne sait pas trop, cet aspect de l’histoire n’est pas vraiment développé.
C’est justement ce que j’ai apprécié dans ce roman. L’accent n’est pas mis sur les zombies mais sur la quête du patient zéro, qu’une équipe de scientifiques essaie de retrouver. Il s’agit évidemment de David Tannas, mais personne ne le sait. Il y a aussi la gestion de la crise : la mise en quarantaine de l’île, le port des masques, les ruées dans les magasins, la recherche d’un vaccin… Encore une fois, tout cela sonne vrai car au moment où j’écris cet avis, nous sommes en plein confinement à cause du covid-19.

Le souci, c’est que si la base de l’histoire est intéressante, le traitement n’en fait pas un bon roman.
Tout d’abord, parce qu’on est plus proche du script que du roman. L’ensemble est très factuel, sans relief. Il n’y a pas d’atmosphère angoissante, on n’imagine pas les lieux car il y a très peu de descriptions. Je ne dirais pas que l’auteur n’a pas de talent, parce que ça se lit bien, mais son écriture manque d’engagement.
Ce qui m’a le moins convaincue, ce sont les personnages caricaturaux. L’épouse qui veut divorcer et revient le lendemain, la voisine délurée, le meilleur ami pas si meilleur ami que ça… Une succession de clichés.
Et le pompon, c’est l’édition. Une ou deux coquilles, admettons. Mais il y en a une bonne trentaine, et pas des moindres. Les impératifs erronés « excuses-moi », des verbes conjugués à la place d’un infinitif, un prénom mis pour un autre… Même la quatrième de couverture n’est pas épargnée, David Tannas devient David Tanner.
Grande ou petite maison d’éditions, c’est inadmissible de mettre des récits aussi mal corrigés entre les mains de lecteurs.

Vous l’aurez compris, je ne recommande pas.

Storia Editions, 2019, ISBN 978-2-36818-035-8, 257 pages, 16€

4 réflexions au sujet de « « Loin de l’île » d’Yvan Landis »

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