« Sur la route de West » de Tillie Walden

Au fin fond du Texas, Béa fugue pour s’éloigner des siens. Elle erre sur la route, ne sachant pas trop où aller, jusqu’à ce que Lou, une jeune femme du même coin qu’elle, la reconnaisse dans une station-service. Béa lui dit qu’elle a besoin d’aller à McKinney, une ville sur la route de Lou. Celle-ci lui propose donc de l’emmener.

L’adolescente et la trentenaire font donc route ensemble et c’est ainsi que commence ce road-movie dans les plaines du Texas. Elles se connaissent plus ou moins, Lou tenant le garage dans lequel la mère de Béa a déposé sa voiture. Elles vont maintenant faire davantage connaissance, en gardant une distance respectueuse toutefois car toutes deux ont quelque chose à cacher. Béa fuit, c’est évident. Lou va rejoindre sa tante après le décès de sa mère et on comprend qu’il y aura toujours un voile sur leur relation. 

De spot en spot, Lou et Béa vont s’apprivoiser et la parole va se libérer. A travers des moments de complicité, tels que les cours de conduite dispensés à Béa par Lou. Puis un chat va faire son apparition et tout chambouler. Il porte un médaillon avec l’adresse de ses propriétaires ; ils vivent à West. West… Ce sera donc l’objectif de Béa : ramener le chat dans sa famille. Voilà enfin quelque chose auquel se raccrocher, elle qui semble avoir perdu tout repère.

La relation que vont tisser les deux femmes, basée sur la confiance et la confidence, est joliment amenée et développée, sans brusquerie. Elles vont petit à petit se découvrir des points communs qui vont leur permettre de se sentir moins seules. 

L’histoire prend cependant une tournure étrange, avec le mystère de la ville de West qui ne figure sur aucune carte et surtout l’apparition de deux hommes inquiétants en costume qui semblent les pourchasser. Ou plutôt… pourchasser le chat. Une situation qui m’a fait penser au film Men in Black et qui fait prendre à l’album une direction fantastique inattendue et déroutante. Le hic étant que cette partie étrange n’est pas très lisible, on sort de la lecture en devant faire l’interprétation des événements. 

Autrement dit, c’est un bel album, avec des planches aux jolies couleurs qui égayent les illustrations aux traits relativement simples, qui font penser à un dessin animé. Le propos est intéressant et intelligemment abordé (l’homosexualité), l’amitié naissante de Lou et Béa émouvante, mais la dimension fantastique fait retomber la dynamique du scénario. Dommage.

Gallimard, 2020, ISBN 978-2-07-513423-1, 320 pages, 24.50€

Chronique rédigée pour Les Chroniques de l’imaginaire

Après plusieurs mois d’absence, je fais mon retour dans le rendez-vous de la BD de la semaine. Pour combien de temps, ça, on verra…

Aujourd’hui, on se retrouve chez… Noukette !!

10 réflexions au sujet de « « Sur la route de West » de Tillie Walden »

  1. J’ai découvert Tillie Walden il y a peu et je crois que je vais suivre cette jeune autrice. Pas des masses tentée par celui ci par contre bizarrement…

  2. L’histoire me tente assez, mais le dessin bien moins… Je ne connais pas cette autrice, mais je suis de nature assez curieuse, donc peut-être parviendrai-je à trouver cet album après le confinement.

A vous les micros !

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