« L’homme de Constantinople » de José Rodrigues dos Santos

LHOMME-DE-CONSTANTINOPLE_BANDEAU-1-290x440En 1869 naquit Calouste Sarkis Gulbenkian, Arménien dans l’empire ottoman. Sans que ce roman ne soit sa biographie, il en est très largement inspiré et permet de connaître ce self-made-man méconnu, qui fut pourtant un sacré personnage.

Ici nous suivrons Kaloust Sarkisian, issu d’une famille riche, dont le père a fait fortune en vendant des tapis. Kaloust nait donc dans un milieu privilégié, mais pas protégé. Car la minorité arménienne chrétienne est très mal perçue dans ce qui est aujourd’hui la Turquie.

Son milieu lui permet toutefois d’aller faire des études à Istanbul, puis en France, et enfin en Angleterre. Au fil des ans, nous allons voir sa personnalité émerger. Celle d’un redoutable homme d’affaires, fin et calculateur, clairvoyant, intelligent, et… diplomate. Car non seulement Kaloust sait comment faire pour obtenir ce qu’il veut, mais en plus il y parvient sans se faire d’ennemis.

Cet homme ambitieux en veut toujours plus, mais plus que la recherche de la fortune ou de la renommée, c’est davantage le goût du défi qui l’anime. Se prouver qu’il est capable d’y arriver. A Londres, face à une magnifique demeure, il déclare qu’un jour, cette maison sera sienne. Ce qui provoque le rire de son interlocuteur. Mais ce n’était pas un rêve qu’il exprimait à voix haute : c’était une affirmation. Il la veut, il l’aura.

Sa stratégie n’est pas toujours honnête. Afin de grimper les échelons, il joue la carte du mariage, en épousant une (très) jeune fille bien née qui va lui permettre d’avoir ses entrées dans un monde de pouvoir et d’influence.

Pour autant, on s’attache pas mal à cet homme qui a toujours cru en lui et qui s’est donné les moyens d’arriver à ses fins. Il a en plus un penchant qui ne peut que susciter notre sympathie : il adore l’art et la beauté. Il ne thésaurise pas, il profite de son argent pour acheter des biens qu’il peut admirer.

L’autre point fort du roman, en plus de cette « presque » biographie, est le fond historique, qui nous plonge dans l’empire ottoman, avec ses évènement et ses clivages. Puis il y a l’essor de l’économie basée sur le pétrole et les matières premières en général. De ce point de vue aussi le roman est très intéressant.

Un point décevant ? Le seul que j’aie à déplorer est le fait que L’homme de Constantinople constitue une première partie et qu’il faudra attendre le deuxième opus pour connaître la suite de la vie de ce personnage charismatique.

Merci à Agnès Chalnot et aux éditions HC pour cette lecture enrichissante et dépaysante.

HC Editions, 2019, ISBN 9782357204584, 464 pages, 22€

 

Publicités

A vous les micros !

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s