« L’Américaine » de Catherine Bardon

71zyGey0aML.jpgjoli-coeurL’an passé, j’avais lu avec bonheur Les déracinés, un roman qui avait pour sujet l’accueil de communautés juives européennes en République dominicaine. Ce pan de l’histoire méconnu, Catherine Bardon l’a abordé à travers le destin de deux Autrichiens.

Nous avons donc suivi Almah et Wilhelm dans leurs débuts amoureux, à une époque où Vienne était une ville éclairée, intellectuellement et artistiquement. L’avenir leur souriait. Mais le nazisme est arrivé, et eux qui se considéraient autrichiens ont compris qu’aux yeux des autres ils étaient avant tout juifs. Il a fallu fuir, et nous les avons suivis dans leur exil européen, puis de l’autre côté de l’Atlantique où les Etats-Unis leur ont fermé leurs portes, jusqu’à ce qu’ils arrivent en République dominicaine. Là, nous les avons vu bâtir de leur main avec d’autres exilés des communautés. Il a fallu repartir de zéro, renouer des liens, trouver de nouveaux repères. Cela ne s’est pas fait sans mal mais cela s’est fait. A la fin du roman, les années avaient passé et ils pouvaient contempler ce qu’ils avaient réussi à construire. Ils ont appris à aimer ce pays et à y élever leurs enfants.

J’avais adoré ce roman et j’ai eu un pincement au coeur à l’idée de quitter tout ce petit monde. Aussi, c’est avec joie que j’ai appris qu’il y aurait une suite : L’Américaine. 

L’Américaine, c’est Ruth, la fille d’Almah et Wilhelm. C’est une jeune femme maintenant, et elle ne sait pas trop quelle direction donner à sa vie. Son frère a repris les rênes de la ferme familiale. Elle a pu s’essayer au journalisme en collaborant au journal monté par son père et son ami Markus. Mais est-ce vraiment ce qu’elle veut ? Elle a besoin d’aller vers d’autres horizons et décide de prendre le bateau pour New York, où habite sa tante. Elle sait y trouver un foyer aimant qui lui permettra de se faire une place dans cette ville immense.

Ruth connaîtra des années riches de bonheurs et de déceptions. De belles rencontres, comme Arturo, avec qui elle va nouer une amitié très forte. Et de moins bonnes, qui vont lui donner l’occasion de s’aguerrir et de se relever plus forte.

L’éloignement lui permettra de mieux cerner qui elle est. Une Dominicaine aux cheveux blonds ? Une fille d’immigrés ? Ses parents ont toujours voulu la protéger, elle et son frère, leur épargnant le récit des épreuves qu’ils ont dû traverser. Cela leur a permis de vivre une enfance insouciante et heureuse. Mais aujourd’hui, Ruth a besoin de savoir d’où elle vient pour comprendre qui elle est. Les années qu’elle va vivre à New York donnent lieu à un récit exaltant, dans lequel nous retrouvons pas mal de faits historiques qui ancrent l’histoire dans son époque.

Catherine Bardon n’oublie pas pour autant de nous emmener du côté d’Almah, en République dominicaine, où la vie suit son cours malgré une période politique trouble. C’est que ce que j’aime beaucoup dans l’écriture de cette écrivaine, elle tisse son récit et le contexte historique dans la même trame. Ce qui donne à l’Histoire une dimension romanesque, et inversement. Les émotions et les informations s’entremêlent avec fluidité, sans forcer. On lit en vibrant et en apprenant. C’est un talent qui n’est pas donné à tout le monde.
Il faut savoir par ailleurs que Catherine Bardon a vécu en République dominicaine, où elle se rend encore régulièrement, et qu’elle a écrit des guides de voyage sur ce pays. On peut dire qu’elle connait son sujet, et ça se sent dans sa description des paysages, odeurs, couleurs…

J’ai essayé de ralentir ma lecture pour ne pas finir trop vite mais peine perdue, j’étais prise dans les filets de Ruth, d’Almah, de Nathan, d’Arturo… C’est une histoire tellement riche ! Et la fin laisse espérer qu’on pourra retrouver cette passionnante famille dans un troisième volet. Je croise les doigts !

Merci Anne & Arnaud pour l’envoi de ce roman 🙂
Et merci Catherine Bardon pour ces deux formidables romans ❤

Les escales, 2019, ISBN 978-2-36569-444-5, 465 pages, 20.90€

 

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4 réflexions au sujet de « « L’Américaine » de Catherine Bardon »

  1. Tu donnes très envie…. Je n’ai pas lu les déracinés mais j’en ai entendu beaucoup parlé, je ne savais pas que celui-ci était une suite (je suis assez méfiante avec les sagas….) Merci pour cette chronique 🙂

    1. Tu peux y aller les yeux fermés, je t’assure 🙂 D’habitude je ne suis pas friande des sagas, mais j’ai eu tellement de mal à lâcher le premier roman que j’étais très heureuse de savoir que j’allais retrouver cet univers !

A vous les micros !

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