« La femme qui ment » de Hervé Bel

la-femme-qui-ment.jpgA quarante-trois ans, Sophie arrive à un tournant de sa vie. Elle est cadre à La Défense, dans une entreprise qu’elle connait depuis des années. Elle a évolué, grimpé les échelons. Mais à l’heure où il faut basculer dans le digital, elle ne se sent plus à la page. Elle doute, ne se sent pas compétente, et voit la jeune Allison comme une menace avec son sourire ultra blanc et ses dents qui rayent le parquet.
Alors pour se dédouanner de ses faiblesses, elle s’invente une raison. Elle est enceinte. Et c’est pour ça qu’elle a la tête ailleurs.

Le mensonge passe bien. On la félicite, veut la ménager. Et c’est là qu’elle se rend compte de ce qu’elle a fait. Il va falloir aller jusqu’au bout maintenant, et essayer de vraiment tomber enceinte.

Pourtant, depuis qu’elle connait Alain, ce n’est pas faute d’essayer. Il est plus âgé qu’elle, avec déjà un fils. Mais elle ne lui a jamais caché son souhait : elle avait la trentaine quand ils se sont connus, elle voulait fonder une famille et ne pas perdre de temps. S’il voulait d’elle, il faudrait lui faire un enfant. Et il a accepté.

Mais le ventre de Sophie est resté désespérément vide. Le mensonge au boulot la plonge dans l’illusion. Elle veut tellement y croire qu’elle annonce à Alain qu’elle est enceinte. Il sera difficile maintenant de faire marche arrière.

Au delà de l’échappatoire au travail, c’est donc aussi une histoire sur le mensonge dans le couple. Sophie et Alain pourraient être heureux si chacun avait été sincère avec l’autre. Mais ils s’engluent dans leurs illusions, pensant que ce qu’ils n’ont pas avoué n’aura pas de conséquences fâcheuses. Mais c’est tout le contraire qui se produit. Et plus ils s’enfoncent dans le déni, plus leur amour en pâtit.

Mais ce roman parle avant tout de notre société, de la place de la femme, qu’elle soit mère ou pas. Si elle l’est, elle devient une contrainte dans le monde du travail : la grossesse, les arrêtes maladie, les congés maternité, les enfants malades… Et si elle ne l’est pas, elle passe pour une incongruïté. Une femme incomplète.

Hervé Bel pose un regard lucide et juste sur la condition de la femme moderne en mal d’enfant à travers le personnage de Sophie, volontaire et ambitieuse mais rattrapée par son désir de maternité. L’histoire offre de plus un regard pertinent sur le monde du travail et quelques rebondissements qui donnent du rythme à un récit qui s’essouffle parfois un peu, jusqu’au dénouement qui jettera une touche lumineuse sur l’ensemble du roman.

France Loisirs pour cette édition, autrement éditions Les Escales, 238 pages

 

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