« Ca raconte Sarah » de Pauline Delabroy-Allard

CVT_a-raconte-Sarah_7169.jpgLa narratrice meurt de chaud dans l’appartement de son amoureuse. Mais elle n’ose pas bouger, craignant de réveiller Sarah, qui a mis tant de temps à s’endormir, le corps et l’esprit troublés par la maladie. Sarah qu’elle aime éperdument. Et c’est ainsi que commence ce roman, qui est celui d’une histoire d’amour vibrant, intense, immense.

Les deux filles se sont rencontrées chez des amis. Sarah, avec ses grands gestes, son vocabulaire bien à elle et sa joie de vivre ne passe pas inaperçue. Toutes deux n’ont jamais connu que des hommes. D’ailleurs, la narratrice a un enfant et vit une histoire. Mais entre les deux, ça colle. Comme des amies d’abord, puis leurs sentiments évoluent comme malgré elles, inéluctablement, vers une passion dévorante.

C’est cette belle histoire d’amour qui nous est racontée . Ses débuts, son envol, ses fracas. Car la passion et sa démesure ne sont jamais garants d’un amour serein et tranquille. C’est vertiginieux, instable, épuisant. Sarah met de la folie dans le quotidien, qui le fait parfois ressembler à une fête foraine, et d’autres fois à un ring de boxe. Sarah a du mal avec son homosexualité. Elle ne s’y attendait pas, son père ne veut plus la voir, c’est difficile, elle ne veut plus qu’elles se voient. Je t’aime moi non plus.

auteur_grand_1862.jpgEn commençant le roman, on s’attend au schéma habituel. Un amour dévorant qui détruit à petit feu. Ca ne loupe pas. Mais il y a du style, c’est bien écrit, c’est beau, avec la tension inhabituelle de deux femmes qui s’étonnent d’être amoureuses du même sexe. On s’attache à ces deux filles.

La dernière partie du roman, plus décousue, est à l’image de ce qui se passe dans la tête de la narratrice. Elle est perdue, essaie d’aller de l’avant, sans parvenir à oublier.

Le tout forme un ensemble harmonieux, élégant même dans les scènes crûes, émouvant. J’émets juste une réserve sur le texte : les paragraphes, même si courts et peu nombreux, qui ressemblent à des notices d’encyclopédie. Ils coupent inutilement le récit, ça n’apporte rien. Autrement j’ai passé un très bon moment avec ce roman, le premier de Pauline Delabroy-Allard (31 ans), qui fait une entrée remarquable et remarquée dans le monde littéraire.

Les éditions de Minuit, 2018, ISBN 978-27073-4475-5, 189 pages, 15€

rl2018
http://delivrer-des-livres.fr/?p=32129

 

 

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