« La guérilla des animaux » de Camille Brunel

CVT_La-Guerilla-des-Animaux_4706.jpgTreizième lecture de la session de septembre des 68 premières fois.

Pour son premier roman, Camille Brunel attaque fort. C’est direct, brutal, violent, sans pincettes. L’homme est le plus dangereux des animaux et pour le bien de la planète, il serait bon qu’il disparaisse. C’est en substance le propos de ce roman, un plaidoyer désespéré et plein de rage en faveur de la cause animale.

Pour ce faire, Camille Brunel passe par le biais d’Isaac. Un jeune militant écologiste qui parcourt le monde pour défendre les animaux. Evidemment vegan. Solitaire par la force des choses. Pour lui, on ne peut plus se contenter de cris d’alarme, de mises en garde, de législations pas assez drastiques. On n’a plus le temps de prévenir, il faut guérir. Alors quand un braconnier passe par là, il le zigouille. Quand il monte à bord d’un baleinier, ce n’est pas pour discutailler autour d’un café. Hop, on zigouille. La fin justifie les moyens.

Et quand on lit que l’espèce humaine se reproduit plus que de raison, envahissant l’espace vital d’espèces en danger parce qu’on les chasse de leur habitat, on peut comprendre son action. Les animaux ne sont à l’abri nulle part : les forêts sont décimées, les océans pollués, le béton envahit les champs… Et ce n’est pas le pire : les éléphants massacrés pour leurs défenses, les pangolins ébouillantés vifs pour leurs écailles, les dauphins emprisonnés dans les filets… On a beau savoir que l’humain agit mal envers les animaux, ce roman qui n’y va pas par quatre chemins prend aux tripes et dégoûte de l’espèce humaine.

Comme Isaac le rappelle, un animal ressent, éprouve, craint, aime, se souvient. La guérilla des animaux a le mérite de recadrer les choses. L’animal ne parle pas mais il communique. Il ne rit pas mais sait exprimer sa joie. Il ne sait pas détruire la planète et en cela il vaut bien plus que nous.

L’action d’Isaac peut sembler extrême et rebuter certains lecteurs, mais je pense qu’il faut appeler un chat un chat et montrer à quel point l’homme est nocif. On entend tous les jours que des espèces disparaissent, on voit moins d’oiseaux, les abeilles meurent, on se dit qu’il faut changer les choses, et juste après on reprend son train-train quotidien, sa voiture et ses sacs plastiques. Il faut des messages coup de poings tels que celui-ci pour prendre conscience qu’on va droit dans le mur. J’adhère complètement au message.

Pour autant, tout n’est pas noir. Isaac reconnait aux zoos le mérite de prendre soin et de protéger des animaux qui seraient plus en danger dans leur habitat naturel. D’ailleurs, de quel habitat naturel parle-t-on ? De ces immenses parcs délimités par des enclos en Afrique ? Ca existe encore, des girafes qui traversent la savane totalement libres ? Finalement, même le positif n’en est pas vraiment.

N’oublions pas qu’il s’agit d’un roman, alors je salue aussi le style brut, rude, presque viril. Une écriture belle dans sa rugosité. Camille Brunel n’oublie pas de faire d’Isaac un humain. Il est prêt à tout pour aider les animaux mais a un coeur prêt à aimer Yumiko. A eux deux ils forment Bonnie et Clyde, les gangsters de la cause animale.

Je suis ravie d’avoir pu découvrir ce roman qui exprime avec talent et conviction une des grandes problématiques actuelles de notre temps.

Alma éditeur, 2018, 978-2-36279-285-4, 277 pages, 18€

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2 réflexions au sujet de « « La guérilla des animaux » de Camille Brunel »

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