« Une brève histoire du tracteur en Ukraine » de Marina Lewycka

Lorsqu’elle apprend que son père va se remarier, Nadezhda ne cache pas sa surprise. Sa mère n’est morte que depuis deux ans et voilà qu’il compte déjà la remplacer, qui plus est avec une bimbo plus jeune de cinquante ans. Sa soeur Vera est encore plus en colère et toutes deux entendent s’employer à mettre des bâtons dans les roues de cette Valentina, fraîchement débarquée d’Ukraine.

Mais la tâche va être ardue, car Nikolaï n’est pas complètement idiot. Il veut aider une compatriote à obtenir des papiers britanniques et cherche une compagnie agréable (dotée d’attributs convaincants) pour ses vieux jours. Ce à quoi il ne s’attendait pas, en revanche, c’est que sitôt la bague passée au doigt, Valentina se transformerait en mégère. Mais une mégère en tenue moulante perchée sur des mules à pompons, ce qui aide à faire passer la pilule.

L’idée de départ est amusante. On se réjouit d’avance de la tournure que vont prendre le évènements, quand Nikolaï se rend compte qu’il a misé sur le mauvais cheval et que ses deux filles, et en particulier Nadezdha, que nous suivons tout au long du roman, vont se débrouiller pour se débarrasser de Valentina. Et cela commence plutôt bien, de façon drôle et décalée. Il y a un fossé qui s’est creusé au fil du temps entre Nikolaï, l’immigré, sa fille Vera, carriériste et cupide et Nadezhda, plus cool et pragmatique. Les trois vont tour à tour se disputer, se rabibocher, s’éviter…Quant à Valentina, c’est un poison avec de gros seins et des idées encore plus grosses derrière la tête.

Là où l’histoire pèche, c’est qu’on bascule dans quelque chose de malsain, dur et même larmoyant alors que le ton humoristique ne s’y prête pas. Nikolaï ne subit pas que des sautes d’humeur de la part de Valentina, il est humilié et maltraité. Des retours en arrière sur l’histoire familiale de Nadezhda plombent un récit qui se voulait léger. Non pas que le ton soit mauvais, ni l’histoire mauvaise ; ils ne vont tout simplement pas ensemble. On ne sait plus si on lit un roman léger, une chronique sociale ou un drame familial. De plus, Nikolaï écrit un livre intitulé « Une brève histoire du tracteur en Ukraine » dont apparaissent de longs extraits dans le roman, ce qui tombe comme un cheveu dans la soupe et s’avère particulièrement inintéressant.

C’est dommage, car l’intention de départ était vraiment sympathique.

J’ai Lu, 2018, ISBN 978-2-290-01092-1, 350 pages, 7,10€

Chronique rédigée pour Les Chroniques de l’imaginaire

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2 réflexions au sujet de « « Une brève histoire du tracteur en Ukraine » de Marina Lewycka »

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