« Trancher » d’Amélie Cordonnier

CVT_Trancher_8383.jpgOnzième lecture de la session 2018 des 68 premières fois.

En une semaine, j’ai lu La vraie vie d’Adeline Dieudonné et regardé la série Big Little Lies qui ont en commun le sujet de la violence domestique. Et comme de coutûme, j’ai commencé un livre des 68 sans lire de quoi ça parlait, mais je parie que vous aurez deviné 😉

Pam ! Dans le mille ! La violence conjugale.

L’héroïne vit avec son mari Aurélien et leurs deux enfants. Ils ont eu Vadim et se sont séparés. L’épouse (la narratrice, qui se parle à la 2è personne) est partie car elle n’en pouvait plus de la violence de son mari. Il ne l’a jamais touchée, mais il vomissait des insultes et des brimades qui meurtrissaient tout autant que les coups.
Puis Aurélien est revenu à pas de loups. Il s’est montré comme au premier jour, aimant, tendre, prévenant. Elle est retombée sous le charme. C’est ensuite Romane qui est née.
Sept ans plus tard, alors qu’ils étaient partis en week-end et que rien ne le laissait présager, Aurélien a dérapé. De nouveau. Mais cette fois, Vadim a compris ce qu’il se passait. Et Romane, sans que la situation ne soit aussi claire pour elle, a perçu que ce n’était pas normal.

On aurait pu croire à un accident, une phrase malheureuse prononcée sous le coup du stress, de la fatigue. Mais non, l’histoire se répète. C’est plus fort que lui. Il balance ses insultes (elle en tient la liste) sans raison, la ramène plus bas que terre, la méprise. Puis s’excuse, répète qu’il l’aime, qu’il va changer.

Elle le sait, il va falloir trancher. Psychologiquement, elle est à bout. Elle voit que ses enfants souffrent de la situation. Ils ne comprennent pas, et Vadim va plus loin, il ne comprend pas comment elle peut laisser faire. Lui-même menace de développer des pulsions de violence.

Comme je vous le disais, je sortais d’histoires sur la violence conjugale et en lisant ce roman je revoyais Nicole Kidman dans la série. Le mari est très très amoureux de sa femme, il la vénère, jusqu’à être très possessif. Et il la bat. Pour ensuite s’excuser et dire qu’il va changer. Donc j’ai totalement retrouvé cette ambiance dans ce roman, si ce n’est que le couple ici n’est pas aussi passionné. Mais d’un côté comme de l’autre, j’ai retrouvé l’avillissement, la domination et la soumission, la peur permanente.

Ce que j’ai beaucoup aimé dans Trancher, c’est l’absence de jugement et de manichéisme. La narratrice est décidée à prendre sa décision le jour de ses 40 ans : partir ou rester. Mais cela lui coûte, car Aurélien n’est pas le mal incarné. Il est un mari comme les autres. A un détail près. Et c’est là que tout se joue. Il a réussi à être normal pendant sept ans, peut-elle garder l’espoir qu’il va changer de nouveau ? Ou est-elle prête à mettre fin à leur union une bonne fois pour toutes, même s’ils s’aiment encore ? De l’extérieur, c’est facile de dire qu’il faut absolument partir. Mais quand on est dans la situation, on vit d’espoir et on se raccroche aux bons moments. Amélie Cordonnier montre bien comme c’est compliqué de faire le deuil de son couple, de penser à soi et d’essayer d’aller de l’avant.

J’ai beaucoup aimé cette lecture qui traite avec talent d’un sujet grave : la violence qui ne se voit pas mais qui détruit de la même façon.

Flammarion, 2018, ISBN 9782081439530, 176 pages, 17€

rl2018
http://delivrer-des-livres.fr/?p=32129

 

 

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3 réflexions au sujet de « « Trancher » d’Amélie Cordonnier »

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