« Camarade papa » de Gauz #RL2018

91NkNrbir8L.jpgjoli-coeurL’aventure commence en 1980, à Amsterdam. Un enfant marron très clair qui vit dans le quartier des vendeuses de bisous, avec son père Camarade papa, un révolutionnaire qui a initié très tôt sa progéniture à sa vision rouge vif du monde. Un enfant qui a la tête bourrée d’idées de grands mais qui garde un langage d’enfants. Un enfant que son père va envoyer en Côte d’Ivoire, sur la terre de ses ancêtres.

On retrouve justement la Côte d’Ivoire en d’autres temps. A une époque où les Français, les Anglais et les Portugais se livraient bataille pour s’accaparer les territoires d’Afrique. On est en 1880 et la colonisation régit le continent, à coups de confrontations, d’alliances et de négociations. Dabilly rêvait de ce nouveau monde. Il a quitté la France et sa vie à l’usine pour embarquer et rejoindre Grand-Bassam.

Là il va croiser la route d’autres Français, des commerçants notamment, avec qui il va lier une relation qui ressemble à de l’amitié, mais est surtout cet instinct de se rapprocher de qui nous ressemble. Une course est lancée pour battre les Anglais sur les terres méconnues et inexplorées où vivent des tribus autochtones. Qui ont vite compris comment tirer parti de ces blancs cupides.
Dabilly est pourtant d’une autre trempe. Ce n’est pas un combattant, ce n’est pas un négociant, ce n’est pas un hypocrite. Juste un homme qui a choisi de déserter la vie qui s’annonçait à lui pour tracer son propre destin.

Que j’ai aimé ce roman ! Merci à Gauz de m’avoir aussi bien embarquée dans cette Côte d’Ivoire du 19è siècle pleine de contradictions : à la fois sauvage et soumise, accueillante et hostile, blanche et noire. Je me suis laissée envahir par le bruit des vagues, les sons de la forêt et une impression de moiteur. J’aime cette sensation de me laisser couler dans une histoire pour oublier tout ce qui se passe autour.
C’est une histoire passionnante que celle de Dabilly, un jeune homme attachant, curieux et respectueux. Il nous fait décourvir une Afrique inconnue et mystique, avec des épisodes intrigants et intéressants (l’histoire de la « confiance » dans la tribu me fait rire et me laisse perplexe en même temps) (je ne dirai rien de plus).

Et vraiment, ce que j’ai aimé par-dessus tout, c’est la langue. Je ne sais pas si elle coule de source pour Gauz ou s’il y a un gros travail autour de son écriture, mais c’est ciselé, plein d’esprit, recherché. Chaque phrase est précieuse. Camarade papa invite à la lenteur, on a envie de prendre son temps et d’apprécier pleinement la belle plume de l’écrivain.

Un beau coup de coeur !

Merci à Babelio pour m’avoir fait découvrir ce roman 🙂

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logorl2018
http://delivrer-des-livres.fr/?p=32129

 

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