« Dernières nouvelles » de Jim Harrison

71+gi0Dn8CL (1).jpgNé en 1937, Jim Harrison est décédé en mars 2016 dans sa maison en Arizona. Ce grand écrivain était arrivé à un âge où la mort guette, d’autant plus qu’il ne s’est pas privé d’excès dans sa vie, mais sa disparition a attristé de nombreux lecteurs et laissé un grand vide dans le paysage littéraire américain du 20è siècle.

Par bonheur, nous avons la chance de découvrir des récits posthumes, dont les trois nouvelles qui figurent dans ce recueil. Nous y retrouvons les thèmes chers à Jim Harrison.

Dans la première nouvelle, Les oeufs, nous suivons une jeune femme qui vit seule dans une ferme isolée du Montana. Elle a fait ses choix, son amour des poulets a guidé sa vie. Elle a vu New York, elle a vu Londres, mais rien ne vaut la vie au grand air avec son bétail et les grands espaces. Pourtant, elle arrive à un point de sa vie où elle veut avoir un bébé, coûte que coûte. Une nouvelle longue, de 123 pages, qu’on vit intensément, en n’ayant plus envie de quitter Catherine.

Avec Le-chien, nous lisons la dernière aventure de Chien Brun, un héros récurrent de Jim Harrison. Il est très amoureux de Gretchen, avec qui il a eu une fille. Mais elle n’aime que les garçons, n’a consenti à coucher avec lui que pour tomber enceinte. Chien Brun est un héros attachant, car on sait qu’il est condamné à aimer sans retour. Alors il compense, en pêchant, en buvant, en couchant avec d’autres.

Enfin, nous retrouvons dans L’Affaire des Bouddhas hurleursl’inspecteur Sunderson, désormais à la retraite. Cette nouvelle est censée tourner autour d’une affaire, comme son titre l’indique, mais il y est surtout question de Sunderson et de son penchant pour les très jeunes filles. Ici, il y a beaucoup de sexe, ce qui occulte tout le reste car il flotte un malaise certain autour de ce vieux bonhomme qui ne pense qu’à fourrer son nez dans le jardin des jeunes filles en fleur. Ce n’est guère surprenant quand on sait que le sexe est un des thèmes de prédilection de Jim Harrison. La surprise se situe davantage dans la chute de l’histoire, qui tombe brutalement, comme si l’auteur avait pressenti qu’il était urgent d’en finir une bonne fois pour toutes.

Ces trois nouvelles très différentes ont le mérite de rassembler ce qui fait le style Jim Harrison : des histoires isolées et des personnages récurrents. Ses thèmes favoris : la nature, l’alcool, le sexe, les personnages abîmés. Tout cela raconté avec une écriture de caractère, identifiable, qui transpire la grande littérature américaine. Jim Harrison nous aura gratifié d’un beau cadeau d’adieu.

Jim-Harrison-l-ecrivain-du-sans-pareil.jpg

Chronique rédigée pour Les Chroniques de l’imaginaire

J’ai Lu, 2018, ISBN 978-2-290-15586-8, 315 pages, 7,80€

 

Publicités

A vous les micros !

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s