« La meilleure façon de marcher est celle du flamant rose » de Diane Ducret

34321070_1692794457494058_6205853221571788800_n.jpgDiane Ducret est connue entre autres pour son roman L’homme idéal existe. Il est québécois et pour son ouvrage Femmes de dictateurs. Que je n’ai pas lus. En revanche, c’est toujours avec plaisir que je découvre ses chroniques dans le magazine Lire. J’aime sa plume féminine, fraîche, fleurie, délicate, érudite, savante. Oui, tout ça à la fois. Alors quand Babelio m’a proposé de lire son dernier roman, je n’ai pas hésité une seconde.

Dès les premières pages, j’ai été happée par ce style qui m’est familier et me plait tant. Nous suivons le personnage d’Enaid (anagramme, vous l’aurez deviné), qui se trouve à Gdansk pour une émission télé (elle est écrivain). Et elle vient de se faire larguer, juste avant d’enregistrer. Encore un échec. Qu’a-t-elle donc fait pour ne pas mériter qu’on l’aime ? C’est alors qu’elle reçoit un appel de sa mère. Elle est en phase terminale. Elle veut la voir.

Pourtant, cette mère, qu’elle adorait enfant, dont elle garde un souvenir de femme belle et intrépide, elle ne l’a pas vue depuis des années. Elle l’a laissée chez un vieux couple. Enaid comprendra un jour que ce sont ses grands-parents. Des gens aimants mais d’une autre génération. Son père ? Pas mieux. Il est parti et n’est presque jamais revenu.

Enaid retrace le fil de sa vie, depuis son enfance jusqu’à maintenant. Avec en toile de fond l’absente. Enaid a eu une sacrée vie, et pas mal bourlingué. En Italie, aux Etats-Unis. Elle s’est cherchée avec la drogue, avec de la tendresse, avec le dépaysement. Et elle a fait pas mal de mauvaix choix. Mais sans réel tuteur, comment avancer droit ? Alors elle a marché en boitant, sur une patte, comme un flamant rose.

Ce que j’ai le plus aimé dans ce roman, ce sont toutes ces réflexions savoureuses de Diane Ducret.  Des jolies formulations, qui ont du sens, pas juste pour le plaisir des belles lettres.

De toutes façons, sachant que celui qu’on aime est à 73% fait d’eau, si ça se trouve je ne suis pas amoureuse, juste déshydratée.

Du point de vue de l’histoire, ça ne m’a pas marquée plus que ça, à part la fin, qui est très émouvante. J’ai beaucoup aimé en revanche le personnage d’Enaid, perdue, esseulée, en manque d’affection, qui a beau essayé de tendre la main vers les autres, ce n’est jamais concluant. Et puis le phrasé de Diane Ducret, décidément, j’adore.

Pas un grand roman du côté de l’histoire, mais une plume qui vise juste et bien et qui donne de la consistance à un personnage qui se pense transparent. Un joli moment de lecture.

Merci aux éditions Flammarion et à Babelio !

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Flammarion, 2018, ISBN 978-2-0814-2169-1, 271 pages, 19,90€

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