« Les déraisons » d’Odile d’Oultremont

51qqh4U6aeL.jpgNouvellement lauréate du Prix de la Closerie des Lilas, Odile d’Oultremont figure dans la liste des 68 premières fois avec son roman Les déraisons.

Nous suivons un couple très amoureux, Adrien et Louise. Ils se sont connus comme Adrien faisait du porte à porte pour prévenir les riverains d’une coupure d’eau (il travaille pour la société AquaPlus). Quand Louise lui ouvre la porte, c’est le coup de foudre. Les deux vont s’aimer et ne plus se quitter.

Adrien est un homme plutôt banal, employé de bureau discret. Louise,au contraire, porte en elle une folie qui colore la vie au quotidien. Et ce n’est pas peu dire, elle s’amuse même à mettre du colorant sur son dentifrice tous les matins !

Tout irait pour le mieux dans le meilleur des mondes si un intrus ne s’était pas invité dans les poumons de Louise. Des Honey Pops. Ou ce que les gens standards appellent une tumeur. Mais Louise n’aime pas appeler un chat un chat. D’ailleurs c’est son chien qu’elle appelle Le-Chat.

Au moment où le couple apprend la mauvaise nouvelle, Adrien subit un changement chez AquaPlus. C’est la grande restructuration et il découvre son nouveau bureau : une sorte de cagibi sans ordinateur, sans ligne téléphonique. Tout juste sait-on s’il est là ou pas. Alors quitte à passer inaperçu, à ne servir à rien, autant ne pas venir et s’occuper de sa douce pour le temps qu’il lui reste.

Le roman relate ainsi à rebours leur histoire d’amour, car au commencement était le procès qu’AquaPlus intente à Adrien pour avoir été payé pendant 11 mois sans avoir mis les pieds au bureau. Avec maladresse et pudeur, Adrien raconte.

Ce que j’ai aimé, c’est cette formidable histoire d’amour, racontée avec humour, légèreté et poésie.

Ce que j’ai moins aimé, c’est que si L’écume des jours de Boris Vian et En attendant Bojangles d’Olivier Bourdeaut avaient eu un enfant, il se serait appelé Les déraisons d’Odile d’Oultremont. En décrypté, je n’ai rien lu ici que je n’avais pas déjà lu, éprouvé, ressenti. Et même si c’est un très joli roman et que j’ai passé un moment délicieux, je n’ai pas été aussi charmée qu’avec les deux romans suscités. Vian et Bourdeaut m’ont emportée dans un monde de folie qui coulait de source, alors que la plume d’Odile d’Oultremont m’a paru moins naturelle, plus stylisée. Elle a du talent, mais on sent le travail derrière. Vian et Bourdeaut ont très probablement peaufiné leurs textes aussi, mais ils m’ont fait oublier la trame pour ne voir au final que l’oeuvre achevée. Les traits au crayon de bois ont été totalement gommés.

Malgré tout, considérant ce roman sans comparaison, juste pour ce qu’il est, c’est un merveilleux moment de lecture qui vous attend. Une écriture habile au service d’une belle histoire fantasque, tendre et émouvante. Qui pétille malgré la douleur qui émane d’elle de la première à la dernière page. Odile d’Outremont aura bien mérité son prix.

Vous retrouverez les ressentis des autres participants aux 68 premières fois ici, et je pense à Moka qui a eu la même sensation de déjà lu que moi et est plutôt restée en retrait.

Les Editions de l’Observatoire, 2017, ISBN 979-10-329-0039-0, 220 pages, 18€

119118512_o

 

 

Publicités

4 réflexions au sujet de « « Les déraisons » d’Odile d’Oultremont »

  1. Effectivement ton ressenti et celui de Moka sont très proches… De quoi me faire hésiter à lire ce roman qui suscite par ailleurs de belles critiques…

A vous les micros !

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

w

Connexion à %s