« Vers la beauté » de David Foenkinos

51YXFc1o2AL._SX340_BO1,204,203,200_.jpgAntoine Duris débarque à Paris. Il a tout quitté, sa ville de Lyon, son travail de professeur aux Beaux-Arts, son appartement… Il emménage dans un studio minuscule, dépouillé, postule pour devenir gardien au musée d’Orsay. Il a envoyé un message à son entourage pour expliquer qu’il travaillait sur un roman et avait besoin pour cela de s’isoler et de prendre le large.

Mais manifestement, ce n’est pas la véritable cause. Il s’est produit quelque chose qui lui a ôté toute volonté, tout désir, qui l’a dépouillé de son âme pour n’en laisser que l’enveloppe. Et comme la vie est bien faite, il va trouver sur son chemin, au musée, une femme qui va réussir à percer sa carapace et l’accompagner dans sa tristesse.

Alors, qu’en ai-je pensé ? Du bien. Je sais ce qu’on pourrait en dire, de ce roman (je n’ai pas lu de critiques encore mais je sais comment ça marche). Oui, ça peut paraître mièvre. Peut-être même creux. Mais sur moi, ça a marché. Parce que la marque de fabrique de David Foenkinos, c’est la délicatesse (comme un de ses romans l’indique), la douceur, même pour parler de choses dures, difficiles et violentes. Il arrive à aborder ça non pas avec des pincettes, mais avec de la pudeur. Et parfois ça rend les choses encore plus poignantes.

On découvre évidemment le fin mot de l’histoire, à travers un destin artistique hors norme et attachant brisé dans son élan. C’est émouvant, et encore une fois, peut-être mièvre si vous voulez le voir comme ça, mais moi j’ai préféré y voir, décidément c’est ce mot là qui vient à moi, de la délicatesse. On a de l’affection pour Antoine, qui abrite une douleur telle qu’il ne peut faire face. Ce qui en est à l’origine se déroule lentement sous nos yeux et on comprend comment il a pu en arriver à vouloir s’effacer au point de devenir invisible dans des salles de musée, à se repaître de beauté pour soigner son âme.

Je suis sortie de cette lecture comme si je venais de terminer une barbe à papa. C’est couleur vieux rose, doux, cotonneux, sucré et c’est ce que je retiens malgré les boules de tristesse qui collent aux doigts et dont on a du mal à se débarrasser. Le charme a opéré pour moi 🙂

Gallimard, 2018, ISBN 978-2-07-278487-3, 222 pages, 19€

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Une réflexion au sujet de « « Vers la beauté » de David Foenkinos »

  1. Je l’ai lu récemment, d’une traite, et je dois écrire ma chronique… Plaisant sans toutefois être des plus convaincants mais je n’ai n’ai pas boudé mon plaisir…

A vous les micros !

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