« Les immortalistes » de Chloe Benjamin

9782378340322FSjoli-coeur1969. Varya a treize ans, Daniel onze, Klara neuf et Simon sept. Cette fratrie vit à New York, avec leurs parents juifs immigrés. Ils forment une famille soudée, complice et responsable, prenant soin les uns des autres.

Un jour banal, parce que les enfants s’ennuient, ils décident d’aller rendre visite à la femme de Hester Street, dont Daniel a entendu parler par hasard. Il paraîtrait qu’elle sait vous donner le jour exact de votre mort…

C’est un bouleversement. Même s’ils en rient après coup, chaque enfant ne peut s’empêcher de croire à la prophétie et qu’ils le veuillent ou non, c’est ce qui va les guider dans leurs choix de vie.

Le récit va traiter chacun des quatre protagonistes l’un après l’autre, selon l’ordre ou il doit mourir. Nous allons ainsi les quitter progressivement jusqu’à ce qu’il ne reste plus que Varya, qui restera à jamais l’aînée. Que ce soit énoncé clairement ou sous-entendu, on sait dès le début qui va mourir jeune et qui va survivre aux autres. Comme pour les personnages, le lecteur sait l’inéluctable et sait que la fin du chapitre marquera un nouveau décès.

Nous commençons par Simon, qui sait qu’il va mourir jeune (si la femme a dit juste, ce qui reste encore à prouver !). Et quitte à vivre peu, autant vivre intensément. Il va quitter New York pour accompagner Klara en Californie, et là, va suivre son chemin. Il va faire la connaissance d’homosexuels comme lui, va s’épanouir dans un art qu’il ne connaissait pas, vivre un amour profond tout en ayant soif d’autres peaux. Une vie courte, peut-être, mais qu’il aura goûtée avidement.

Et ainsi, nous allons rencontrer chacun des personnages, dans ce qui pourrait ressembler à des mini romans. Ces quatre frères et soeurs sont liés par le sang et tellement différents ! C’est un régal de découvrir leurs personnalités, car on en quitte une à regret, pense-t-on, pour finalement en retrouver une autre tout aussi passionnante.

Il y a donc une double puissance romanesque, celle qui isole chaque enfant devenu adulte, et celle qui les rassemble autour de la prophétie. Car la question se pose : la femme de Hester Street avait-elle un réel don, ou est-ce que l’autosuggestion les a poussé à faire des choix les menant à lui donner raison ? Fatalité ou libre arbitre ?

J’ai aussi aimé leur cellule familiale, qui ressemble à tant d’autres. On s’aime et on se déchire, on se dit des choses mais pas toujours celles qui vaudraient vraiment la peine d’être dites.

tmp_uoVvG3_5f0f0e6970a32876_ChloeBenjaminTheImmortalists.jpgC’est le deuxième roman de Chloe Benjamin et sauf erreur, le premier n’est pas encore traduit en français. S’il est du même acabit que Les immortalistes, ça ne saurait tarder 😉

Merci aux éditions Stéphane Marsan et à Agnès Chalnot pour l’envoi de cet ouvrage qui m’aura enchantée.

J’en profite pour parler de cette toute nouvelle maison d’édition fondée par Stéphane Marsan, éditeur qui vient de Bragelonne et donc du monde de la fantasy. Les éditions Stéphane Marsan se distinguent totalement de cet univers. Chaque année, ce seront une dizaine d’ouvrages publiés, guère plus, soigneusement choisis. Si ce sont des pépites telles que Les immortalistes, il ne faudra pas me pousser beaucoup pour lire l’intégralité du catalogue ^^

Stéphane Marsan, 2018, ISBN 978-2-37834-032-2, 405 pages, 19€

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